Le dénigrement

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Le dénigrement d’un pervers narcissique consiste à détruire l’image de l’autre. Il projette dans son ou sa partenaire tout ce qu’il ne supporte pas en lui-même pour arriver à se grandir. Il s’agit d’un comportement destructeur dans un couple car l’autre assimile peu à peu cette image toxique de lui-même. Il s’agit aussi d’une technique de manipulation notoire.

Le dénigrement en psychanalyse

La psychanalyse nous enseigne que le dénigrement adulte est un héritage du dénigrement de l’enfant par ses parents. Il est possible que ce dernier ne soit pas accueilli positivement dans le monde réel et qu’il fasse l’objet de critiques négatives par ses parents. Cela crée une faille narcissique au cœur de l’enfant. Autrement dit, il a un manque d’amour de lui-même. Et cette faille narcissique est la même que celle de ses parents, eux aussi mal-aimés dans leur enfance. Le dénigrement se transmet d’une génération à une autre et d’une victime à une autre. L’enfant victime de dénigrement peut développer un fonctionnement pervers narcissique à l’âge adulte et faire subir à sa propre victime ce qu’il a lui-même vécu étant petit.

Le déni pervers de l’autre

Quand un pervers narcissique dévalorise sa victime, il tente de réparer son narcissisme. Il cherche à se revaloriser, à nourrir son égo, pour se construire une identité acceptable et supportable. Le dénigrement est donc le fruit d’une survie psychologique qui ne peut se faire qu’au détriment d’un partenaire. Raison pour laquelle il cible avant tout l’estime de soi des victimes, en répondant toujours à des formes visant à leur ôter leur valeur personnelle et toute dignité. Ce comportement destructeur dans un couple peut prendre plusieurs facettes :

La critique   

La critique systématique ne laisse jamais une victime indemne. Elle est d’autant plus dangereuse qu’au départ, elle s’est crue aimée pour elle-même par son manipulateur d’amant. Notons que la critique des pervers narcissiques ne s’exerce pas toujours de manière directe, mais sera souvent subtilement dosée en fonction des besoins affectifs ressentis chez le partenaire manipulé. C’est le compliment attendu, qui sera tout de suite contredit par un sous-entendu laconique et perfide. Ce type de manipulation vexatoire, plus sûrement encore que le dénigrement direct sait se faire discret pour mieux se répéter, et saper doucement mais inexorablement toute confiance en soi chez les victimes.

Les humiliations privées et publiques

Dans le cadre intime de la relation de couple, le dénigrement s’attache aux particularités de la personne, en grossissant ses imperfections, au point d’en faire une véritable obsession. Ce sont les remarques appuyées qui ciblent le physique de l’autre, son poids, son niveau d’études ou de revenus…
La manipulation par l’humiliation comprend aussi souvent la comparaison avec les autres. Sous-pesée, critiquée à l’aune de la supériorité de son entourage, la victime est ravalée au rang de l’insignifiance. Toutes ses qualités disparaissent sous le flot de la critique, le but de la manœuvre étant qu’elle se sente transparente, errante comme une ombre au milieu de nulle part.
Les humiliations publiques permettent d’ailleurs aux pervers narcissiques de vérifier que ce conditionnement psychologique est bien installé chez leurs victimes. Il leur suffit pour cela de les traiter de façon humiliante devant témoins et de vérifier qu’elles ne répliquent pas. C’est l’homme pervers narcissique, par exemple, qui affuble sa femme d’un sobriquet ridicule, avec l’assentiment et sous les sarcasmes de ses amis.
Mais, à l’instar de la culpabilisation ou du chantage affectif, le dénigrement est un jeu pervers qui s’exerce plutôt dans l’ombre et dans la sphère privée.

Un comportement destructeur dans le couple

Le dénigrement s’inscrit dans les tactiques de manipulation qui visent l’amoindrissement et l’assujettissement de la proie d’un manipulateur. Tout comme le chantage affectif, il concourt à maintenir les victimes sous emprise.

Au début de la manipulation psychologique, le pervers narcissique joue sur la séduction en s’improvisant comme sauveur de sa victime. Il n’est pas avare de compliments et s’évertue même à pallier ce manque de confiance en elle qui la caractérise si souvent, mais au début seulement. Ce n’est, en effet, que parce qu’il l’aura provisoirement « remise sur ses jambes », qu’il pourra ensuite s’amuser à le détruire complètement. Elle s’est ouverte à lui sur ses manques et lui a permis de sonder ses faiblesses : il la connaît donc par « cœur » pourrait-on dire… Et puis, surtout, il a réussi à la convaincre qu’il était tout pour elle et inversement elle, bien sûr, tout pour lui.

Or, une fois cela fait, l’emprise amoureuse s’installe et le manipulateur pervers peut entamer son jeu de massacre. Après un certain temps, la victime va constater qu’il déteste en elle tout ce qu’il disait aimer au départ. Le dénigrement apparait d’abord de façon mesurée, sous couvert d’humour ou de second degré, pour devenir de plus en plus appuyé.
Puis, le pervers narcissique joint le chantage émotionnel à la critique pour obtenir toujours plus de sa victime. Au fur et à mesure, il va l’attaquer de plus en plus frontalement, en s’appuyant sur des jugements sérieux et sévères. La victime est bousculée de son piédestal, jusqu’à passer pour quelqu’un de totalement inférieur.
Et il va s’en prendre bien plus qu’à ses qualités : c’est à sa personnalité toute entière et à ce qu’elle a de plus profond et de plus cher auquel il veut s’attaquer. L’objectif est la destruction complète de sa cible. Par exemple, sa générosité sera travestie en défaut ridicule à ses yeux : « Tu es trop gentille, tu te fais avoir tout le temps, tu es une idiote ! ». « Si tu pouvais arrêter avec tous tes bisous et câlins, tu me maternes comme un enfant, ça m’énerve ! ».

Sortir du déni de soi

Le dénigrement d’un pervers narcissique aboutit à obscurcir complétement tout sentiment d’identité solide chez ses victimes. Bien souvent, elles cachent le malaise que leur inspire cette situation toxique par le déni : déni de ce qui leur arrive et déni d’elles-mêmes nourri par la culpabilité.
Sortir de cette impasse nécessite de l’aide et peut prendre des années. Le soutien d’un psychologue spécialiste de la perversion narcissique est un bon appui. Les proches qui ont été circonvenus par le pervers n’étant pas souvent, du moins au départ, forcément capables de comprendre ce que les victimes endurent.

Lire aussi : l’identification projective et la séquestration psychologique

 

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