La dépendance affective : tout comprendre en 4 points cruciaux

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La dépendance affective se comprend mieux en contredisant un célèbre adage qui parle à tous. Ainsi, pour les aliénés sentimentaux, mieux vaut être mal accompagné que seul. S’il y a dépendance, il n’y a plus de liberté et cela sous-tend inévitablement un rapport malsain à autrui, qu’il s’agisse d’un conjoint, d’un ami ou d’un membre de la famille. Les raisons qui poussent à maintenir le lien sont fondées sur les peurs et les incertitudes, causant un stress chronique hautement énergivore et qui va à l’encontre du sentiment amoureux. Apprenez à comprendre le fonctionnement des dépendants affectifs pour construire de nouvelles relations plus saines et échapper à la manipulation.

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La dépendance affective : tout comprendre en 4 points cruciaux

1. La quête perpétuelle de validation externe du dépendant affectif

Une personne dépendante affective, qu’elle en ait conscience ou non, souffre d’un déficit d’estime d’elle-même. Elle cherche donc à redorer son blason par le regard d’autrui.

Pourquoi l’approbation externe compte-t-elle plus que la validation interne pour le dépendant sentimental ?

Le besoin d’approbation du sujet dépendant sentimental peut venir de la petite enfance, soit à cause de ce qui a été vécu comme un manque d’amour ou, au contraire, comme un trop-plein qui aurait étouffé ses aspirations profondes. Mais si le comportement dysfonctionnel surgit plus tard dans la vie adulte, il est fort possible qu’il soit la conséquence d’un traumatisme. Celui-ci peut-être primaire (agression, deuil, rupture, etc.) ou secondaire (vécu par autrui et qui nous touche par procuration) ; mais aussi soudain ou cumulatif. Perturbé dans ses schémas d’autonomie en amour de soi, l’individu carencé ne peut se suffire à lui-même. Il recherche alors comme mécanisme de récompense immédiate la validation à l’extérieur de soi, plutôt qu’en soi.

Comment le besoin de validation d’autrui se manifeste-t-il ?

Le besoin irrépressible d’approbation externe se traduit par la sollicitation quasi systématique de l’avis des autres. Incapable de se fier à son propre jugement, le sujet manquant de confiance en soi s’en remet à l’opinion de son entourage pour faciliter ses choix. La prise de décision n’est d’ailleurs pas du tout un exercice aisé pour les codépendants. Ainsi, s’ils ne peuvent se résoudre à trancher dans leurs dilemmes, ils ont tendance à masquer leur indécision en imitant leurs proches, au risque d’être catalogués comme étant “sans personnalité propre”. Et cela se voit à tous les niveaux, même les plus infimes. C’est comme cela qu’ils commanderont la même chose que leur voisin au restaurant ou qu’ils achèteront le même vêtement qu’un ami, par exemple.
Même si l’image du sujet dépendant en est ternie, la recherche d’approbation reste prédominante. Ces personnes ont besoin d’être soutenues et confortées, voire prises en charge complètement. Il peut s’agir de requérir de l’aide pour gérer diverses affaires domestiques, administratives ou autres, ou bien se voir dans l’incapacité de faire quoi que ce soit par soi-même. Tout est ainsi prétexte à capter sur soi l’attention de l’autre, se rassurer par sa présence en appelant constamment à l’aide.

2. Le besoin de fusion des personnes codépendantes

Avec une telle faille narcissique qui l’expose à l’emprise émotionnelle, le dépendant sentimental développe un comportement d’addict à l’amour. Il cherche à fusionner avec autrui et éprouve une grande difficulté à se détacher de l’individu qui, selon lui, le complète en comblant son vide affectif.

La pulsion de rejet de la solitude menant à l’isolement

À la recherche de toujours plus de proximité, l’éloignement et la solitude sont vécus dans la douleur. Malgré l’aspect irrationnel du fonctionnement de la relation, le codépendant est incapable de s’empêcher d’agir de la sorte. Sa compulsion prend le pas sur sa volonté.
L’énergie étant majoritairement concentrée sur le partenaire, cela ne laisse pas beaucoup de place au reste de l’entourage. Les autres relations sont de plus en plus négligées, au profit du lien exclusif fusionnel. Ce phénomène provoque un cercle vicieux qui enfonce davantage la personne dépendante affective dans sa démesure. En effet, privée de vie sociale, elle se raccroche encore plus à son partenaire qui porte la responsabilité de ne pas la laisser face à sa plus grande ennemie : la solitude.

Le comportement obsessionnel étendu

Quelqu’un dont l’attention est focalisée sur sa “moitié” (expression lourde de sens) se reconnaît souvent par une affection débordante envers cette dernière et un souci du détail aigu sur tout ce qui la concerne. En somme, cela équivaut à être amoureux de l’amour. C’est le simple état amoureux qui amène l’impression de satisfaction et le sentiment d’exister.
Le dépendant affectif peut aussi se montrer envahissant et présenter d’autres types de rapports d’addiction caractérisant ce trait de personnalité, au-delà de la relation interpersonnelle. Quelqu’un d’obsédé par le jeu, l’alcool, ou bien par le travail ou le sport indique potentiellement une incapacité d’autorégulation susceptible de s’étendre au couple.
Les attentes envers l’autre sont si grandes que le codépendant peut tout à fait, sous le coup d’une inévitable déception, devenir agressif envers son âme sœur.

3. La peur derrière l’addiction à l’autre

Selon le DSM-5 (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), le trouble de la personnalité dépendante se caractérise par un “besoin général et excessif d’être pris en charge qui conduit à un comportement soumis et « collant » et à une peur de la séparation”. Cette crainte est au cœur de la problématique et c’est aussi elle qui motive les agissements les plus négatifs et donc, les plus à même de matérialiser l’angoisse d’abandon.
Ce refus de se retrouver seul face à soi-même amène à adopter des stratégies contrôlantes sur l’entourage, comme la demande constante de réassurance affective, non seulement par les mots, mais aussi par les actes. Dans leurs manifestations extrêmes, ces injonctions à l’attention peuvent prendre la forme de chantage affectif.

En proie à l’anxiété permanente qui la ronge, la personnalité dépendante se montre soupçonneuse, jalouse et manifeste des préoccupations démesurées concernant la relation. L’insatisfaction devient chronique et pourtant, il lui est inenvisageable de remettre en question la nature de la relation, confondue avec un amour passionnel. De même, les signes positifs donnés par le partenaire sont ignorés, bien que celui-ci soit prié d’adapter toujours plus son attitude, son discours et son mode de vie au besoin de son ou sa conjointe, sous peine de crises. S’il est bienveillant, il y répondra au détriment de sa liberté, mais s’il est pervers, il en jouera pour provoquer encore plus de souffrances chez sa victime sous emprise.

Le déni pour renforcer le lien de dépendance affective

Incapables d’éviter ces débordements périodiques générés par la peur irrationnelle de la solitude, les dépendants affectifs ont tendance à compenser les tumultes de la relation en étouffant leurs convictions personnelles. Ils abandonnent progressivement toute affirmation de soi pour se ranger à l’opinion de l’interlocuteur. Ils ne font ainsi plus entendre leur voix, sauf lorsque la crainte du rejet ne peut plus être contenue et explose.

Le faux amour

Imaginer une vie sans partenaire est insupportable pour une personnalité présentant un trouble de l’attachement. C’est d’ailleurs pour cela qu’en cas de rupture, elle se met immédiatement en quête d’un nouveau partenaire, faisant fi du processus de deuil du couple pourtant si utile au développement personnel. C’est bien là la preuve qu’il ne s’agit pas d’amour pour l’être perdu, mais bien d’un attachement irrationnel à l’idée de former un tout fusionnel. Elle peut également chercher à récupérer son dernier partenaire, s’enfonçant encore plus dans la soumission.

Les effets secondaires de la dépendance affective

En restant dans le déni, les schémas dysfonctionnels de la dépendance affective se répètent, condamnant la personne qui en souffre à essuyer les mêmes échecs relationnels, augmentant à la fois le risque de dépression, de troubles anxieux, mais aussi de mauvaises rencontres avec des prédateurs sentimentaux.
En effet, en prenant en charge la plus grande partie de l’équilibre de la relation, le sujet codépendant développe une forte tolérance aux abus émotionnels et aux micromanipulations. Si la situation s’aggrave, elle s’expose même à devoir subir la violence physique. La personne dépendante sentimentale supporte l’insupportable par le déni, en se rendant responsable de tous les maux et en trouvant des excuses au véritable instigateur de ces débordements. C’est comme si “l’entité couple” prenait le pas sur l’existence individuelle du dépendant affectif.

La dépendance affective perturbe les relations à autrui, car elle met de côté l’individu au profit de l’union. Or, une association entre deux êtres repose sur le respect mutuel de leur unicité. Sans cela, il n’y a pas d’amour. Cette confusion entre le sentiment amoureux sincère et le simple comportement amoureux vide de sens brouille les pistes. Les dépendants affectifs ne se rendent compte que trop tard, après plusieurs échecs sentimentaux, que leur rapport à l’autre est faussé. Heureusement, avec l’aide d’un psy, il est tout à fait possible de se débarrasser de cette attitude qui génère beaucoup plus de souffrance que de bonheur. La thérapie peut vous libérer de ce fonctionnement qui vous expose aux abus et à la répétition des déconvenues, pouvant mener à la dépression. Changez vos anciens mécanismes et libérez votre pleine capacité à aimer et à être aimé.

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