La décision est prise : vous souhaitez quitter votre partenaire. Vous avez fait le plus dur. Reste maintenant à mettre votre décision en action, et cela passe bien souvent par une démarche juridique. Dans cet article, nous vous présentons de façon complète les modalités essentielles relatives aux séparations, au divorce et à la protection des victimes de violences. Il est essentiel de vous protéger — vous, vos enfants et votre patrimoine. L’avocat est votre meilleur allié : lui seul est compétent pour vous guider dans ces démarches et sauvegarder vos intérêts dans cette période particulièrement douloureuse.
Vous envisagez une séparation ?
Faites le test pour évaluer votre situation
▶ Faire le test maintenant📋 Sommaire
- Le divorce : les 5 procédures possibles
- La procédure de divorce étape par étape
- Pension alimentaire et prestation compensatoire
- Les violences conjugales : mesures de protection
- Les violences psychologiques : le délit de 2010
- Comment prouver les violences psychologiques ?
- Le syndrome d’aliénation parentale
- Ressources et contacts utiles
1. Le divorce : les 5 procédures possibles en France
Il existe 5 façons de divorcer en France. Chacune est adaptée à une situation familiale précise. Lorsque vous êtes en couple avec un pervers narcissique, le choix de la procédure est stratégique et doit être discuté avec votre avocat.
1.1. Le divorce par consentement mutuel contractuel
C’est le « nouveau divorce amiable », conçu pour les époux qui s’entendent suffisamment bien pour déterminer entre eux les conséquences de la séparation. Le recours au juge n’est pas nécessaire.
Caractéristiques :
- Recours à un avocat obligatoire pour chaque époux
- Les époux et leurs avocats rédigent la convention de divorce
- Délai de réflexion de 15 jours avant envoi au notaire
- Le notaire enregistre la convention → dissolution du mariage
- Délai moyen : 3 mois entre le choix de l’avocat et la dissolution
⚠️ Attention : Ce type de divorce est rarement adapté face à un pervers narcissique. Le déséquilibre relationnel rend difficile toute négociation « amiable » équitable. Le PN excelle dans l’art de tirer profit de ces procédures non contentieuses.
1.2. Le divorce par consentement mutuel judiciaire
Utilisé lorsqu’un enfant mineur doit être entendu par un juge. Le divorce reste par consentement mutuel mais le recours à la justice est indispensable pour préserver les intérêts de l’enfant.
- Possibilité d’un seul avocat pour les deux conjoints
- Requête commune + acte de liquidation du régime matrimonial
- Homologation par le juge aux affaires familiales
- Délai : 2 à 3 mois après le dépôt de la demande
1.3. Le divorce sur acceptation du principe de la rupture
Cette procédure s’adresse aux couples qui ne peuvent régler seuls les conséquences de la rupture (souvent en raison d’une mauvaise entente). Le juge sera présent tout au long de la procédure pour régler les désaccords.
1.4. Le divorce pour altération définitive du lien conjugal
Adapté aux couples ne vivant plus sous le même toit depuis au moins 2 ans. Cette procédure permet à un époux d’obtenir le divorce même sans l’accord de l’autre conjoint.
1.5. Le divorce pour faute
Le divorce pour faute est utilisé lorsque la faute d’un époux rend le maintien de la vie commune impossible :
- Infidélité
- Violences psychologiques
- Violences physiques
- Abandon du domicile conjugal
Important : La faute doit être prouvée de façon certaine et écrite. Le juge prononce le divorce aux « torts exclusifs » ou aux « torts partagés ». Il peut également refuser de prononcer le divorce en cas d’absence de preuve ou si la faute n’est pas suffisamment grave.
💡 Face à un PN : Le divorce pour faute peut être stratégiquement pertinent si vous disposez de preuves solides de violences psychologiques. Discutez-en avec un avocat spécialisé.
1.6. La séparation de corps
La séparation de corps met fin à l’obligation de vie commune sans remettre en cause les liens du mariage. Les époux peuvent ne plus vivre sous le même toit tout en restant mariés.
Elle peut être établie par consentement mutuel, sur demande acceptée, pour faute ou pour rupture de la vie commune.
⚠️ Ne pas confondre avec la « séparation de fait », expression courante mais qui n’a aucune valeur juridique.
2. La procédure de divorce étape par étape
Les procédures de séparation de corps et de divorce sont similaires :
Étape 1 : Choix d’un avocat
Choisissez un avocat spécialisé en droit de la famille et si possible sensibilisé aux problématiques de manipulation.
Étape 2 : Dépôt de la requête
L’avocat dépose la requête en divorce devant le tribunal judiciaire de la résidence familiale.
Étape 3 : La procédure de conciliation
Étape obligatoire. Le juge aux affaires familiales convoque les époux et tente de les réconcilier :
- Entretien individuel avec chaque époux
- Entretien commun
- Période de 8 jours si réconciliation envisageable
Si pas de réconciliation → ordonnance de non-conciliation.
C’est à cette étape que des mesures provisoires peuvent être prises : résidence des enfants, fixation de la pension alimentaire…
Étape 4 : L’assignation en justice
L’époux demandeur dispose d’un délai de 3 mois pour procéder à l’assignation.
⚠️ Attention : Si aucune assignation n’est déposée sous 30 mois, la procédure initiale sera caduque.
Étape 5 : Audience devant le JAF
Présentation des arguments et preuves devant le juge aux affaires familiales.
Étape 6 : Décision du juge et prononcé du divorce
Le juge statue sur l’ensemble des conséquences du divorce.
À noter : Les époux peuvent à tout moment changer le fondement juridique du divorce, jusqu’à l’acceptation de la demande par le juge.
3. Pension alimentaire et prestation compensatoire
3.1. La pension alimentaire
Chacun des parents doit contribuer à l’entretien et à l’éducation des enfants, même si le couple est séparé ou divorcé. C’est le juge aux affaires familiales qui fixe le montant de la pension.
Le montant est calculé en fonction :
- Des ressources des deux parents
- Des charges de chacun
- Des besoins de l’enfant
Il existe une grille indicative des montants à laquelle le juge peut se référer.
📌 Important : Contrairement aux idées reçues, le versement de la pension ne s’arrête pas à la majorité de l’enfant. Il se poursuit jusqu’à son autonomie financière.
3.2. La prestation compensatoire
La prestation compensatoire est destinée à compenser les déséquilibres financiers causés par le divorce. Elle peut prendre la forme d’un versement en capital ou d’une rente.
⚠️ En cas de décès de celui qui verse la prestation, le paiement est prélevé sur la succession.
📚 Ce sujet est développé dans le Volume 6
Découvrez une analyse approfondie des stratégies pour sortir de l’emprise et vous libérer définitivement, y compris les aspects juridiques.
- 📱 Ebook : 14,90€
- 🎧 Audio : 18,60€
- 📕 Papier : 18,60€
4. Les violences conjugales : cadre juridique et mesures de protection
Toutes les formes de violences conjugales sont interdites par la loi. Selon les estimations de l’OMS, 35% des femmes (près d’une sur trois) indiquent avoir été exposées à des violences physiques ou sexuelles de la part de leur partenaire.
4.1. Définition des violences conjugales
Les violences conjugales recouvrent :
| Type de violence | Exemples |
|---|---|
| Violences physiques | Coups, blessures, séquestration |
| Violences psychologiques | Gaslighting, dénigrement, isolement, contrôle |
| Violences sexuelles | Viols conjugaux, agressions sexuelles |
| Violences économiques | Maintien dans la dépendance financière |
On parle de violences conjugales dès lors qu’il existe un lien intime entre la victime et l’auteur : mariage, PACS ou concubinage. Les faits sont punis même si le couple n’entretient plus de relations intimes.
4.2. Les mesures de protection (articles 515-9 et suivants du Code civil)
Le juge aux affaires familiales dispose d’un panel de mesures, adaptables à chaque situation :
- Éloignement de la victime et interdiction d’approcher
- Dissimulation de la résidence et domiciliation chez l’avocat
- Interdiction de port d’arme
- Attribution du logement
- Modalités d’exercice de l’autorité parentale
- Hébergement d’urgence
L’ordonnance de protection est prononcée dès que le juge estime qu’il existe des « raisons sérieuses de considérer comme vraisemblables la commission des faits de violence allégués et le danger auquel la victime ou les enfants sont exposés ».
Durée : 6 mois maximum, prolongeable si requête en divorce ou saisine du JAF.
4.3. Le téléphone grave danger (TGD)
Depuis 2014, le procureur de la République peut remettre à la victime un téléphone avec touche directe pour appeler les secours en cas de grave danger (article 41-3-1 du Code pénal). Durée : 6 mois renouvelable.
4.4. Le bracelet anti-rapprochement (BAR)
Déployé depuis septembre 2020, ce bracelet permet de géolocaliser l’auteur des violences. S’il s’approche trop près de la victime, une alerte est transmise aux forces de l’ordre.
Réservé aux cas de violences graves. Proposé dans le cadre civil, il peut être imposé en procédure pénale.
4.5. Les sanctions encourues par l’auteur
L’article 132-80 du Code pénal précise que le lien intime entre victime et auteur est une circonstance aggravante.
| Situation | Prison max. | Amende max. |
|---|---|---|
| ITT ≤ 8 jours ou sans ITT | 3 ans | 45 000 € |
| ITT > 8 jours | 5 ans | 75 000 € |
| Violences habituelles, ITT ≤ 8 jours | 5 ans | 75 000 € |
| Violences habituelles, ITT > 8 jours | 10 ans | 150 000 € |
| Féminicide sans intention de tuer (violence unique) | 20 ans | — |
| Féminicide sans intention de tuer (violences répétées) | 30 ans | — |
| Meurtre / tentative de meurtre | Perpétuité | — |
| Viol conjugal / agressions sexuelles | 7 ans | 100 000 € |
5. Les violences psychologiques : le délit créé en 2010
Est-il possible de porter plainte contre un pervers narcissique ? La réponse est oui.
S’il n’existe pas de texte spécifique punissant les agissements des pervers narcissiques, la justice possède ses armes législatives. En juillet 2010, un nouveau délit a été créé : le délit de violences psychologiques au sein du couple.
Ainsi, violences physiques et psychologiques sont désormais traitées à égalité, même s’il est souvent plus difficile de prouver les méfaits psychologiques.
5.1. Définition légale (Article 222-33-2-1 du Code pénal)
« Le fait de harceler son conjoint, son partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou son concubin par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de vie se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale… »
5.2. Sanctions prévues
| Gravité | Emprisonnement | Amende |
|---|---|---|
| ITT ≤ 8 jours ou sans ITT | 3 ans | 45 000 € |
| ITT > 8 jours OU présence d’un mineur | 5 ans | 75 000 € |
| Suicide ou tentative de suicide | 10 ans | 150 000 € |
Important : Les mêmes peines s’appliquent lorsque l’infraction est commise par un ancien conjoint, concubin ou partenaire de PACS. Le harcèlement post-séparation est donc pleinement reconnu.
5.3. Comportements constitutifs de violences psychologiques
La jurisprudence a reconnu que les violences qui « sans atteindre matériellement la personne sont de nature à provoquer une sérieuse émotion » ou un « choc émotif ou une perturbation psychologique » sont punissables.
Les faits suivants, s’ils sont répétés et conduisent à une altération de la santé, sont constitutifs de violences psychologiques :
- Isolement familial et amical
- Dévalorisation constante
- Critiques sur l’apparence physique
- Mépris systématique des prises de parole
- Obligation de s’habiller/se comporter d’une certaine façon
- Vérifications constantes (portable, fréquentations…)
- Gaslighting (manipulation de la réalité)
- Manipulation, humiliation, harcèlement
5.4. L’acharnement téléphonique (Article 222-16 du Code pénal)
Un autre délit peut être retenu : les appels et SMS malveillants réitérés.
« Les appels téléphoniques malveillants réitérés, les envois réitérés de messages malveillants émis par la voie des communications électroniques […] sont punis d’1 an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende.
Lorsqu’ils sont commis par le conjoint ou le concubin ou le partenaire lié à la victime par un PACS, ces faits sont punis de 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende. »
6. Comment prouver les violences psychologiques ?
C’est là la plus grande difficulté : prouver les agissements du pervers narcissique. D’autant plus que c’est à la victime de faire la preuve de ce qu’elle subit.
Comment prouver qu’un état dépressionnaire découle des agissements de son époux ?
Comment prouver que cet homme charmant en public fait vivre l’enfer à sa femme en la surveillant constamment ?
Comment faire la différence entre une « jalousie amoureuse » et une jalousie maladive et destructrice ?
6.1. Les preuves à rassembler
- Témoignages du voisinage, de la famille, des amis
- Dépôts de plainte et mains courantes
- Attestations médicales et certificats
- Écrits : SMS, emails, lettres, messages vocaux
- Journal daté des faits (qui, quoi, quand, où)
Il est absolument indispensable de sortir de l’isolement et de s’exprimer auprès de tiers. Ces témoignages permettront au juge de statuer.
6.2. Les manifestations physiques révélatrices
Certaines affections physiques sont révélatrices de violences psychologiques :
- Perte de poids significative
- Insomnie chronique
- Dépression
- Perte d’estime de soi
- Stress post-traumatique
- Difficultés respiratoires
- Tentative de suicide
Un certificat médical attestant de ces troubles est souvent déterminant.
7. Le syndrome d’aliénation parentale
Le syndrome d’aliénation parentale se manifeste lors de la séparation : l’un des parents instrumentalise l’enfant pour aliéner l’autre parent, tant personnellement que dans son rôle parental.
Ces agissements sont :
- Très dommageables pour les enfants manipulés
- Source de grande souffrance pour le parent victime
Si ce syndrome ne correspond à aucun texte de loi spécifique en France, il est parfaitement identifié par la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Certains textes du Code civil permettent de lutter contre ce phénomène.
⚠️ En cas de danger immédiat
Police / Gendarmerie : 17
Par SMS : 114
Violences Femmes Info : 3919
Numéro d’aide aux victimes : 116 006
8. Ressources et contacts utiles
8.1. Numéros d’urgence
- 17 — Police / Gendarmerie
- 114 — Urgence par SMS
- 15 — SAMU
- 18 — Pompiers
8.2. Lignes d’écoute spécialisées
- 3919 — Violences Femmes Info (gratuit, anonyme)
- 116 006 — Numéro d’aide aux victimes (France Victimes)
8.3. Sites et associations
- Parcours-Victimes — Accompagnement des victimes
- CIDFF — Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles (présent dans chaque département)
8.4. Trouver un avocat spécialisé
Il est indispensable de s’adresser à un avocat qui connaît la problématique des personnalités manipulatrices. Contactez-nous pour être orienté(e) : ici.
Conclusion
Si la situation des victimes n’est pas encore idéale et qu’il reste un long chemin pour les protéger, le droit évolue et commence à appréhender les agissements du pervers narcissique de façon plus efficace.
Le plus difficile reste souvent de convaincre les victimes de constituer un dossier contre leur bourreau et de consulter un avocat spécialisé qui pourra les accompagner pour se défaire de ces liens malsains et dangereux.
Décider de partir est un premier pas. Le faire dans les meilleures conditions possibles pour préserver vos intérêts est essentiel. Notre équipe est à votre écoute.
🤝 Besoin d’un accompagnement spécialisé ?
Notre équipe de psychologues et psychanalystes vous accompagne dans cette période difficile.
Prendre rendez-vous📖 Pour aller plus loin
Sources : Légifrance, Code pénal, Code civil, Ministère de la Justice
Mise à jour : Décembre 2025
Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour toute situation particulière, consultez un avocat.
