Le pervers narcissique

La notion de famille a évolué au fil du temps. Dans les années 50, le chef de famille disparaît au profit d’une famille conjugale, où les deux parents sont sur un pied d’égalité.

L’indépendance des deux parties au sein du couple est légalement récente puisque c’est en 1970 que le statut de chef de famille est supprimé du code civil. Le temps de la relation dominant/dominé est révolu. Les inégalités homme/femme dans la sphère privée sont remises en question. Aujourd’hui, la femme travaille, est autosuffisante financièrement, la femme divorce ! Bref, elle s’affirme.

 

La manipulation ordinaire

Dans toute relation de couple, la manipulation est commune. Par exemple, les anxieux manipulent l’autre pour calmer leur propre anxiété et vont même jusqu’à angoisser l’autre s’il le faut. Tandis que les « tout-puissants » s’imposent dans le couple comme de véritables tyrans par crainte de perdre leur pouvoir, sans toutefois chercher à détruire l’autre mais sans se soucier de son bien-être non plus.

On distingue plusieurs types de manipulation :

  •  La dispute : sans dépasser certaines limites, elle est profitable à toute relation car elle empêche les non-dits. Elle permet de soulever des problèmes importants. Dans cette confrontation, on parle d’altérité puisque les deux partenaires ont leur mot à dire.
  • Le conflit constructif : il s’agit d’une communication positive, une dispute qui finit bien en quelque sorte. Elle vise à trouver une solution commune au problème posé.
  • Le conflit destructeur : le manipulateur veut asseoir son pouvoir sur l’autre, le détruire. Cette confrontation n’a pas pour but l’amélioration des rapports. C’est seulement une manière de garder le contrôle sur l’autre.

Le pervers narcissique, du prince charmant au monstre… 

Précision : s’il l’on cite souvent le pervers narcissique, c’est parce que la majorité sont des hommes. Cependant, le cas des femmes perverses narcissiques existe aussi, il faut en être averti !

  • Vu de l’extérieur : le prince charmant

Au premier abord, le pervers narcissique n’a rien d’un pervers ! Il est bien intégré socialement ; c’est l’adoré de tous.

Certes, il peut parfois paraître arrogant.

Pourtant, il séduirait n’importe qui tant il sait se faire apprécier des autres. Et c’est là son premier acte de manipulation. Pour plaire, on montre ce que l’on a de meilleur. Alors que lui, il montre ce qu’il n’est pas.

  • À l’intérieur : un monstre blessé

Dans la terminologie de pervers narcissique, nous retrouvons deux pathologies qui se sont associées, celle de perversion et celle de narcissisme.

Ce concept est relativement nouveau (Racamier, 1986) : « Façon organisée de se défendre de toute douleur et contradiction interne en les expulsant sur quelqu’un en se survalorisant, tout cela aux dépens d’autrui et non seulement sans peine mais avec jouissance ; ou façon particulière de se mettre à l’abri des conflits internes en se faisant valoir aux dépens de l’entourage ».

Le pervers narcissique est un monstre puisqu’il attaque et se moque de la souffrance de ses victimes. C’est un monstre, blessé, car il souffre lui-même de ses propres blessures à un niveau inconscient.

Le narcissisme

Le narcissisme est sûrement le mal de notre siècle. Alors qu’il existe un narcissisme normal et nécessaire, le narcissisme d’aujourd’hui induit de véritables pathologies.

Le très jeune enfant se voit aimé dans le regard, les mots, les caresses de la mère (la personne qui lui prodigue des soins). C’est une première phase où il apprend à s’aimer lui-même et ainsi se préparer à aimer les autres dans l’avenir. L’enfant constitue aussi son identité, son narcissisme, en fonction du narcissisme de ses deux parents. D’où les formulations : « c’est bien la fille de sa mère/le fils de son père ! » ou encore « les chiens ne font pas des chats » !

Lorsque cela se passe mal, l’enfant se sent impuissant à susciter l’intérêt de l’autre et se désintéresse de ce qu’il pourrait lui apporter.

A la place d’une richesse interne, on trouve un vide immense qu’il s’acharnera à combler.

La perversion

La perversion a d’abord été élaborée à la fin du 19ème siècle pour rendre compte de déviances sexuelles. Elle est aujourd’hui passée dans le langage commun au point d’être confondue avec la perversion relationnelle. Attention : la perversion narcissique n’a rien d’une obsession sexuelle ! C’est bien dans sa façon d’être en relation à l’autre, au monde et à lui-même que se manifeste la pathologie qui nous intéresse ici.

Il existe chez le pervers narcissique une carence, un manque. Alors que les enfants ont besoin de stimulations et d’encouragements de la part des parents pour se développer, il aurait été stimulé par… rien. On appelle cela des traumatismes relationnels précoces. L’on peut dire qu’il n’a pas été protégé, que les règles ne lui ont pas été transmises. La loi, c’est ce qui sépare les uns des autres, les enfants des adultes. Lui est devenu adulte tout de suite. Il fera donc lui-même sa loi. Il devient alors le maître du monde, le monde sera son monde, celui qu’il s’est auto-construit.

Par ailleurs, selon Freud, le petit enfant qui observe l’anatomie de l’autre sexe désavoue ce qu’il voit, il n’y a pas de différence, filles et garçons ont un pénis. De ce désaveu nait l’absence d’altérité : l’autre n’existe pas puisqu’il n’y a pas de différence entre les sexes.

C’est le noyau de la personnalité perverse : il n’y a pas d’altérité. L’autre n’existe pas, l’autre n’est rien, ce ne sera qu’un objet au service du pervers.

Le narcissisme intellectuel

On trouve souvent chez les pervers narcissiques un narcissisme intellectuel, une séduction par l’esprit.

C’est « l’art d’avoir toujours raison » décrit Schopenhauer. L’agilité intellectuelle du pervers narcissique lui permet des démonstrations magistrales, cependant dénuées de toute empathie. Il censure la parole d’autrui, saisit la moindre contradiction chez son interlocuteur et sait tirer profit de tout argument. Bref, il prend le pouvoir.

Son mode opératoire : l’assujettissement pervers.

Pour mettre l’autre sous sa domination, il va utiliser toutes les manœuvres nécessaires. On retrouve principalement la dévalorisation, l’isolement, la mise en dépendance et les injonctions paradoxales (des consignes irréalisables).

Plus haut, on parlait du vide interne que le pervers narcissique cherche à remplir. Ce vide, il ne le comblera jamais car il vise plus à détruire qu’à emmagasiner ce qui lui manque. Sa recherche de nourriture narcissique chez l’autre est sans fin, « ça ne s’inscrit pas (en lui) ». Il faut sans arrêt recommencer.

Quelques instruments de manipulation :

Les phases de l’entreprise : séduction, invasion, destruction

  • La phase de séduction

Il attire l’attention de la future partenaire. C’est l’entrée en scène du prince charmant. Un brin hypnotique : « aie confiance… », on ne peut lui résister.

Tout de suite, il est sûr de pouvoir y arriver. Il provoque l’admiration de telle manière que la femme en question se sentira flattée qu’un homme de son envergure s’intéresse à elle.

Il va jouer les hommes fragiles et inventer sa propre faille, juste assez pour paraître humain : « j’ai souffert, les femmes ne m’ont jamais assez aimé. Je suis sûr que toi, tu ne me décevras pas » ! Il l’amène à vouloir relever un défi (il est toujours dans la séduction). Sa partenaire, sensible et fragile, se reconnaît dans la description que le pervers fait de lui. Elle s’identifie à lui, à ses souffrances, à ses peines de cœurs ; elle a l’impression d’avoir trouver son âme sœur. La tactique du pervers est concluante puisque sa victime en tombe aveuglément amoureuse.

  • La phase d’invasion

L’homme prend possession de l’autre et se rend progressivement indispensable, tant sur le plan affectif qu’économique. Il recherche la mise sous emprise.

Pour que cela fonctionne, le pervers narcissique doit mener son action sur deux fronts à la fois : l’envahissement de la vie et de l’individualité de sa partenaire. Comment ? En la fragilisant. Une personne en pleine possession de ses moyens risquerait d’opposer une résistance ; sa capacité de réflexion personnelle l’amènerait peut-être à voir clair dans le jeu de son compagnon. Il doit altérer son libre-arbitre pour ne pas être démasqué.

Il faut la confiner et, la critique est l’outil tout trouvé. D’abord sous-entendue, puis mesurée, elle s’exerce à la fois à l’égard de la victime pour qu’elle commence à douter de ses capacités et de sa valeur, mais aussi et surtout envers certains de ses proches pour l’isoler. La victime est alors prise au piège dans les filets du pervers. Il en fera son objet, c’est-à-dire, ce qu’il en veut.

La vie commune marque, en général, le début de cet enfermement. Le pervers narcissique sait choisir les personnes de l’entourage qu’il convient d’éloigner. Autrement dit ceux qui risqueraient de comprendre ses manigances et ainsi lui faire perdre tout pouvoir sur la victime.

D’autres proches, en revanche, feront l’objet d’une entreprise de séduction menée avec patience et application (il n’est pas rare que la famille de sa partenaire en soit l’objet). Il va jusqu’à se faire passer pour le genre idéal.

  • La phase de destruction

Le conte de fées tourne au cauchemar. Le bel idéal du prince charmant disparaît puisque le pervers narcissique révèle les aspects négatifs de sa personnalité. Il devient jaloux, violent, distant et plus exigeant. Il vampirise sa partenaire, la vide de toute son énergie. Elle est occupée à satisfaire son conjoint, en vain.

Il n’en aura jamais assez comme le vampire ne boit jamais à sa soif. Le pervers narcissique réussit à la convaincre qu’elle ne vaut rien, n’est pas à la hauteur. Elle se déprime peu à peu et s’entend reprocher de l’être. Elle est coupable de tout et de rien et s’en veut terriblement. De quoi ? De crimes dont elle n’est pas l’investigatrice ! C’est là toute l’adresse du pervers narcissique.

L’alternance de douceur et d’agressivité est une caractéristique de la relation en question. Ce va-et-vient continuel entre positif et négatif déstabilise mais empêche aussi la victime se s’échapper des griffes du pervers narcissique. Ce phénomène est expliqué et développé dans la rubrique « Quand partir ? ».

Les insultes et la maltraitance physique ont un rôle majeur.

Le manipulateur narcissique aime faire remarquer à sa victime qu’elle n’est pas la seule et unique, qu’il pourrait trouver mieux ailleurs, qu’elle a de la chance d’être avec un homme comme lui, capable de la supporter malgré tous ses travers. Il crée une insécurité permanente.

La sexualité

Le pervers narcissique est souvent l’amant idéal, il est sexuellement performant.

Fin stratège, il utilisera ses performances comme outil de manipulation avec, par exemple, une abstinence imposée ou parfois des relations forcées.

Le profil de la victime

 

Victime de qui ? De l’autre ou d’elle-même ?…Un peu des deux.

De l’autre, sans aucun doute. Mais malheureusement aussi d’elle-même, car c’est ce qu’elle est qui la poussera dans les bras de son bourreau. C’est une victime malgré elle.

La femme susceptible d’incarner la victime présente une faille narcissique, le défaut d’amour d’elle-même lié à l’absence du miroir d’un regard valorisant porté sur l’enfant qu’elle a été. Étant petite, on ne lui a pas (assez) dit qu’elle était quelqu’un, qu’elle avait de la valeur, qu’elle était digne d’intérêt.

Aujourd’hui, elle est en quête de ce miroir. C’est la porte d’entrée dans la relation pour le pervers narcissique.

Il lui donne l’illusion de porter sur elle ce regard qui lui a manqué. Elle a l’impression de s’y sentir exister, d’y être valorisée. Alors, quand il pose ses conditions, elle y répond pour ne pas perdre ce qu’elle croit avoir enfin trouvé ; jusqu’à se perdre elle-même.

Au début de la relation, elle va déployer beaucoup d’énergie et d’entrain pour être à la hauteur de celui qu’elle considère comme son « sauveur ». Ce qui l’amène à supporter l’insupportable.

C’est le mécanisme de la dépendance affective. C’est ici que se situe la part active et inconsciente de la partenaire dans la relation. Sans s’en apercevoir, elle participe de son propre fardeau en cédant amoureusement à tous les caprices de son roi de cœur.

Comment en sortir ?

Ne jamais l’aborder de façon frontale.

Partir avant lui !

Ne pas revenir !

La seule issue, c’est de FUIR !

Le cheminement est parfois long, lié à cette alternance de « caresses » et de « coups » et à la grande empathie dont la partenaire fait preuve. Le plus dur, c’est de finalement se dire qu’il ne peut pas changer pour soi…

Il est compliqué pour un psychanalyste de dire qu’un individu ne peut pas changer. Mais, s’il ne peut pas changer c’est parce qu’il ne souffre pas et qu’il ne demande pas à changer ! On va consulter lorsque l’on souffre !

Il change, oui, de partenaire !

Sachez qu’il est très mauvais perdant, procédurier et bien pire…

Comment repérer ?

Attention au prince charmant !

Il y a toujours quelques détails qui clochent…

Trop beau pour être vrai, n’est-ce-pas ?

 



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35 Responses to Le pervers narcissique

  1. Caroline dit :

    Bonjour.
    Je lis depuis presque 3 ans maintenant divers articles sur les pervers narcissiques. J’ai commencé à m’y intéresser quand ma sœur m’expliquait ce qu’elle vivait avec son conjoint de l’époque avec qui elle ne vivait pas. À ce moment-là j’étais avec mon conjoint depuis 5 ou 6 mois à peine et avec qui je ne me sentais pas déjà entièrement libre, à ce moment là je me suis rendue compte que le portrait du pervers narcissique correspondait à celui de mon conjoint. Cela fait 3 ans que je vis avec lui, 3 ans que mon quotidien devient insupportable. Au debut tout etait magnifique, d’ailleurs au bout de 15 jours je me suis installée chez lui, ca me semblait tot mais en même temps je me sentais tellement bien et confiante pour le futur… il venait de se separer de son ex, il me disait souvent qu’elle etait gogole et qu’il n’hesitait pas à lui dire quand ils etaient ensemble. Je me souviens que cela m’avait choqué mais en même temps j’étais déjà rentrée dans son jeu en me disant qu’il avait peut-être ses raisons. J’ai vite déchanté mais maintenant je suis bloqué dans cette relation avec un coté financier compliqué car je me retrouve avec 2 credits par sa faute….
    Pour faire court, je me sens aujourd’hui piegée et je sens que la depression me frole… je me sens terriblement seule. Seuls mes enfants savent me remonter le moral, je tiens seulement pour eux…

  2. Marie dit :

    Il y a bientôt deux ans, j’ai fait le choix de tout quitter pour me reconstruire dans une nouvelle ville. Je voulais recommencer à zéro repartir sur des bases nouvelles. Je quittais au passage une relation peu saine et infertile.

    A mon arrivée dans ma nouvelle ville, je croise dans mon milieu professionnel un mari et père de famille charmant, d’une douceur incroyable et d’une compétence professionnelle remarquable. Quelques mois après mon arrivée, surgit une crise au travail, deux directeurs se disputant des territoires. Cela se répercute à mon niveau. Les répercussions sur moi sont physiques. Je suis à la limite du burn-out.

    Cet homme me soutient, m’apporte une aide précieuse pour que je ne craque pas, s’implique dans mes dossiers pour que je tienne la barre. Cela marche. Ma reconnaissance pour lui est immense, je ne me rappelle pas que quelqu’un m’ait jamais porté autant d’attention. Sa bienveillance me touche profondément. Un soir en déplacement, il me confie timidement ses sentiments pour moi, me dit qu’il pense à moi tout le temps, que je mérite quelqu’un de bien, que je dois reprendre confiance en moi. Je lui confie ma solitude depuis mon arrivée ici, mes difficultés. On en reste là. Il est marié. Puis des sms quotidiens. tous ces points communs entre nous qu’il relève, les compliments sur ma personnalité. Plus je résiste, plus il insiste. Quelques mois plus tard, affligée par ma propre solitude, je me dis que je n’ai rien à perdre dans le fond. Une fois seulement. Une fois et chacun repartira de son côté. L’histoire aura duré un an. Alors même qu’une part de moi capte très rapidement le contraste entre cet homme au visage d’ange que personne ne soupçonnerait d’une double vie et l’homme infidèle au comportement bien huilé, mensonges toujours prêts à servir dans la boîte à gants, remarquablement habile à effacer toute trace de ses actes, celui-là même qui s’endort dans mon lit au moins un soir par semaine. Mentir ne l’afflige pas. Pourquoi j’accepte? Je suis flattée qu’un homme de ce rang intellectuel et social puisse s’intéresser à moi. Et ma solitude me ronge. Il dit m’aimer. Je m’attache. Il prend doucement l’ascendant sur moi. Injonction tacite, je ne lui pose jamais de questions, ne le contrarie en rien, ne le mets jamais face à la partie sombre de lui-même, ne demande jamais plus. Sans lui, il ne me reste quasi rien. Mais le masque continue de se fissurer chaque jour davantage. Passivement, j’attends ces visites. Avec le temps, je me sens prisonnière et je le vois lui comme mon geôlier. Le fossé entre ce que les gens perçoivent de lui et ce que je vois est effrayant et me donne le vertige. Mes tentatives timides d’éloignement ont rapidement des répercussions sur le terrain professionnel. Au travail, je pressens (sans pouvoir pour autant prouver) qu’il insinue à mon sujet, sans jamais rien affirmer, car sa parole sociale est impeccable. Avec moi, il remet en cause mon travail, mon professionnalisme même. Les conversations sont biaisées et ne conduisent jamais à un apaisement. Je suis contrainte d’y aller avec douceur pour me protéger. Il est influent et brillant. Je perds confiance. Tout ce que je fais, je le fais dans le doute et je le fais mal (vraiment). Peut-être d’ailleurs que je ne sais pas bien faire les choses et qu’effectivement je manque de professionnalisme. Mais peut on offrir des cadeaux et dire aimer une personne que l’on trouve … nulle?
    La relation que je quittais deux ans plus tôt n’était certes pas bien belle non plus, il y avait eu des mensonges, des mauvais mots, de l’intimidation parfois, mais ce n’était pas à ce niveau. Ce n’était pas un PN, notre histoire juste un mauvais “match”. La “machiavélité” du dernier est à la hauteur de son intelligence. Cela en est terrifiant.

  3. Ping : Épisode 19 : comment le déceler ? - Pervers Narcissique

  4. Danshis dit :

    Bonjour,
    je pense que le vrai vice de cette situation est que le pervers narcissique agit dans la subtilité. Rien n’est jamais réellement grossier. C’est pour cela que d’apparence nous passons pour des personnes naïves et influençables lorsqu’on essaye de raconter notre histoire.

    Pour ma part, de base je connaissais le terme pervers narcissique, mais je pensais que cela arrivait chez des personnes plus âgées que moi.
    Je n’ai que 18ans, mais j’ai été victime de ce type d’individu. Je ne suis restée qu’un an avec, mais cela a suffit pour me changer et me détruire.

    Comme il est dit dans la description d’un pn, au début la relation est idyllique, d’ailleurs on se retrouve souvent à dire au début que cette personne est notre plus belle histoire. Tout le long de la relation, même lorsque cela évolue en histoire plus sombre, nous continuons à nous accrocher à l’image qu’il dégageait de base. C’est cela qui nous maintient présent à ses côtés.
    Au début ma relation était parfaite, à vrai dire exactement comme j’aurais décrit une relation parfaite pour moi. Puis au début y a certains signaux d’alarmes qu’on analyse pas vraiment, qu’on banalise. Comme la jalousie excessive, ou une forte possessivité. Certaines personnes témoignent de notre éloignement envers elles. Mais on est tellement paralysé dans notre bulle qu’on n’en tient pas rigueur. Mais au début cette bulle nous est agréable, en faite elle est confortable, mais on ne se doute pas du revers de celle-ci.
    J’ai rencontré un garçon, on s’est fréquenté, au début c’était vraiment parfait, puis au boue de deux trois mois, il commençait à devenir très jaloux, très possessif. Etant quelqu’un ayant besoin de beaucoup d’affection je trouvais cela plutôt flatteur, agréable même. C’est là où est ma faute, j’aurais du dès le début le stopper. Mais au fur et à mesure, il me disait de ne pas porter tel ou tel vêtement, menaçait de venir devant ma fac sans me prévenir pour voir comment j’étais habillée, avec qui je trainais, et que j’avais pas intérêt de le décevoir etc. Il devenait de plus en plus étouffant. Il ne supportait plus que j’ai des amis et que je les vois. Au fur et à mesure je m’éloignais d’eux pour le satisfaire comme si tout ce qu’il disait était véridique. Je me renfermais de plus en plus dans cette bulle. Mais ce que je trouve le plus impressionnant, c’est la manipulation qui était derrière. Il tournait ça d’une certaine manière pour que je pense que c’était pour mon bien et que si je ne le faisais pas c’est que je ne l’aimais pas, et que je ne le méritais pas. Avec ce genre de phrase on se retrouve à faire des choses qu’on n’aurait jamais pensé faire un jour. Il l’utilisait aussi dans le domaine sexuel. Il fallait assouvir tous ses fantasmes, il tournait toujours ça d’une certaine manière : Si tu ne me fais pas plaisir c’est qu’au final tu ne m’aimes pas. Je me retrouvais à faire des choses qui me rabaissait plus qu’elles ne me mettaient en valeur. Mais cela n’avait aucune importance pour lui. Pour ce genre de personne ce qui compte c’est leur propre plaisir, le reste leur est égal.

    Mais le pire à mes yeux c’est le rabaissement. Tout n’était jamais de sa faute, tout était de la mienne, puisque de toute façon comme il le disait si bien je n’étais rien, j’étais incapable de faire les choses bien, j’étais ceci, cela. Tandis que lui arrive à rester calme, de marbre, moi ça m’était impossible, et pourtant malgré que ça soit qui soit énervée, je ressortais de cette dispute avec toujours l’impression d’avoir perdu.

    Il vivait seul avec sa mère, et sa mère était pareille que lui, ce qui étit très compliqué. Elle se mêlait de tout, et lui la laissait être intrusive, et elle était toujours d’accord avec lui, elle ne loupait pas une occasion pour me rabaissai à ses côtés.

    A ce moment là, on perd notre confiance en nous, et on perd de notre humanité, ce qui fait de nous ce que l’on est. On ressent l’impression d’être un oiseau en cage.
    J’ai ouvert les yeux au boue d’un an de ce cercle extrêmement vicieux, de la tournure sombre de la relation.
    J’y ai mis un terme. Mais le plus dure c’est qu’à ce moment là, il a fait une scène digne des plus grands films dramatiques. Des scènes de larme de hurlement en disant qu’il a besoin de moi etc.. mais toujours en retournant le truc subtilement, “si on en est là c’est parce que ton passé ne te permet pas d’avancer, tu ne seras jamais prête de ta vie, c’est de ta faute, puis tu n’arriveras pas à vivre sans moi, puisque tu ne peux pas vivre seule tu en as pas les capacités” etc. Je me suis retrouvée lors de la rupture à penser que le soucis venait de moi. J’ai même voulu revenir vers lui. Je me suis fait énormément violence pour réussir à me détacher de lui et de son emprise.
    Aujourd’hui j’y ai arrivé.
    Je tenais à écrire cela, pour dire que des personnes comme ça survienne peut importe l’âge, le sexe, et on a beaucoup de mal à les démasqués, mais on peut tous s’en sortir. Il faut du courage et de la persévérance.
    J’espère que vous arriverez tous à vous en sortir.

  5. Meyer dit :

    Je vis la même chose depuis 3 ans. Être rabaissée tous les jours. .tu ne vaux rien.. tu es qu une merde ..puis ses colères incontrolées qui partent d un petit rien. .et j en passe. ..A force on se sent devalorisée on perd confiance on déprime. ..on se sent coupable de cette relation qui ne fonctionne pas. .Mais aujourd’hui j ai pris conscience de ce qui m arrive à qui j ai affaire que ce n est pas moi la coupable…que c est lui qui va très mal..Étant dans une situation difficile pour partir dans l immédiat j ai perdu mon emploi il y a deux ans (ce qui lui donne encore plus de pouvoir )je continue à subir. il n arrivera pas à me détruire..ce n est pas facile il faut rester forte très forte. ..

  6. Yvon dit :

    Bonjour à toutes et à tous, j’ai hésité avant de vous écrire, et puis je me suis dit que mon témoignage pourrait certainement aider d’autres personnes et m’aider aussi un peu à avancer. Tout d’abord merci pour votre site qui m’a beaucoup éclairé sur des situations que j’ai vécues et qui ouvrent les yeux pour les victimes. (Même si je trouve un peu dommage que beaucoup d’articles, je ne parle pas que de votre site, considèrent systématiquement que les PN sont des hommes, mais bon, je pense que ce doit être dû aux statistiques des cas que vous croisez en cabinet). Et aussi, cela soulage de voir que je ne suis pas seul et que je ne suis pas fou!

    Je suis moi-même victime de mon ex-femme (et l’ai été pendant mon mariage) dont j’ai divorcé il y a un an. Déjà au fil de nos années mariés, je sentais un malaise profond et je me suis reconnu dans beaucoup de situations et notamment l’inversion de situation ou la culpabilité inversée (elle m’accuse d’être bi-polaire, d’être coupable de tout), les accusations mensongères (elle m’accuse d’avoir failli tuer notre fils), menaces (délation, menace de procès), les humiliations insidieuses (sur ma capacité de père, mes capacités sexuelles), manipulation diverses (par le biais de ma famille), mensonges (sur des actes notariés nous concernant), changements de comportement incompréhensibles (rejet d’amis et famille discréditée…)…

    Au cours de notre mariage qui a duré presque 20 ans, j’ai aimé ma femme comme un fou (et je pense que je l’aime encore…). Notre relation s’est dégradée à partir du moment où elle a eu une aventure avec un ex qu’elle qualifiait elle-même de pervers narcissique… Relation dans laquelle elle m’a embringué, tenu au courant, allant même jusqu’à conter les frasques sexuelles!… Je me suis rendu compte au fil du temps qu’elle construisait mensonges sur mensonges. Je lui ai donné d’abord beaucoup de circonstances atténuantes (elle a été violée à un très jeune âge), et une relation très perverse s’en est dégagée, à un point que je me suis demandé si je devenais fou ou si c’était moi l’agresseur! Elle a voulu garder une relation “amicale” que je ne voulais pas et que j’ai malgré moi essayé de maintenir pour les enfants (peur de les perdre, de passer pour le mauvais père).

    J’ai toujours “su” ou cru savoir “gérer” ce que je voyais comme des imperfections et qui se sont révélés être des comportements très toxiques. Bilan : 4 ans de psy (et je pense que ce n’est pas terminé), une dévalorisation et une perte de confiance totale de moi, j’ai même pensé au suicide, eu des angoisses et anxiétés à me rouler par terre, des troubles du sommeil à répétition (attention, je n’attribue pas ces maux à mon ex-femme, car je suis d’un naturel anxieux et avait déjà eu des phases dépressives avant notre histoire, mais ça été sans aucun doute un facteur agravant). Mais après un passage de 15 ans sans gros accrocs, une situation de foyer dont j’étais fier, une famille que j’adorais (et certainement idéalisait), badaboum…

    Aujourd’hui je commence à comprendre, à admettre seulement la situation et à mettre des mots, bref à me rendre compte! J’ai une compagne que j’aime et qui m’aime depuis 3 ans. Pour vous dire, il y a encore 1 an, je défendais mon ex-femme, lui trouvait des circonstances atténuantes, me sentait mal quand je disait du mal d’elle sans sa présence, j’ai même cherché à lui faire rencontrer ma nouvelle copine!

    Il y a 3 jours encore, mon ex a réussit à me faire appeler chez elle : pendant 30 minutes elle m’a dévalorisé, menacé, détruit, anéanti, alors qu’elle prétend vouloir rétablir une communication saine avec moi! Il n’y a qu’une seule vérité : la sienne. Inutile de parlementer!…

    Heureusement, j’y vois de plus en plus clair (un grand merci à ma compagne qui est si compréhensive et si patiente) et j’apprends à dire non et surtout à ne pas avoir peur d’elle. Moi-même je ne me considère pas comme totalement guéri (et pourtant je peux vous dire que je suis d’ordinaire un homme confiant, optimiste et gai).

    Pour ceux qui se posent des questions et qui vivent ce genre de situation : FUYEZ! Tout de suite! Ecoutez votre ventre et votre instinct, il ne vous trompe jamais, il est là pour vous protéger! Rappelez vous également que pour qu’une relation perverse s’installe il faut être deux. Si vous fuyez, il n’y a plus de pervers, plus de victime. En ne vous culpabilisez pas de le faire! C’est ce qu’il/elle cherchera à faire dans le seul but de faire joujou…

    Aujourd’hui je ne veux plus parler à mon ex, même s’il m’en coûte avec mes enfants. Aujourd’hui je ne veux plus la rencontrer, ni même la croiser.
    Aujourd’hui je dépose les enfants devant la maison de mon ex.
    Aujourd’hui je veux ne plus avoir peur de fuir ou ne veux plus me sentir honteux de le faire
    Aujourd’hui je veux être libre et heureux, vivre ma vie!

    Si vous êtes dans une telle situation, courage, il en coûte parfois, mais avec un peu de travail sur soi c’est possible!

  7. Patrice dit :

    J’ai 56 ans elle en a 46ans, elle m’a quitté et j’ai besoin de votre aide pour savoir si je ne deviens pas fou…
    Au plus j’avance dans le temps, au plus l’amour si fort que j’éprouvais pour elle se transforme en haine…au début de notre séparation je pensais que nous pourrions préserver ou sauver ce qui pouvait l’être au moins une amitié…avec le temps malheureusement je me rends compte que cela sera compliqué…que je devrais me contenter de mes souvenirs, ceux de nos voyages qui restent comme une évidence et une référence de notre bonheur si éphémère!en effet lors de nos voyages jamais un mot plus haut que l’autre…deux tourtereaux le top du top!!
    Je prends du recul sur notre relation et je me rends compte qu’elle n’était pas si belle que cela…
    Beaucoup de bas ponctués par des problèmes d’ex, (avec moi 4ème mariage et 4 enfants de 3 pères différents )des problèmes avec ses enfants, des problèmes avec sa famille (mère frère sœur fille)des problèmes avec ses amis, amis d’un jour ennemi le lendemain…toujours dans la critique…toujours dans le déni…impossibilité de construire une discussion autour d’éléments objectifs tu as tort sur ça moi sur ça…non toujours raison, aucune remise en question, me dévalorise souvent au nom de mon physique soit trop de ventre( 12 h de sport/semaine), soit trop de rides, mes dents qui ne sont pas belles ou m’appelle le « vieux »etc…je m’étais inscrit sur Facebook mais n’avez pas supporté m’avait fait une crise de jalousie incroyable…ne supportait pas que ma fille me reparle avait employé le mot accaparé…elle souffle le chaud puis le froid comme me dire un jour :que dire de mon investissement pour ses enfants notamment le BB que j’élève depuis qu’il est âgé de 8 mois que j’ai élevé comme un père tous les jours depuis 5ans…et maintenant mon seul droit de le voir 10mn pour le conduire au centre aéré…je sert de taxi mais me fait comprendre que si je l’aime vraiment c’est là où je peux le voir !(culpabilisation)
    Au delà de ces remarques déplacées que dire de phrases qui tuent comme : …Elle parle de sa sœur de cœur!celle qui l’a choisi comme marraine de sa fille!!( jalouse car cette fille a fait construire une très belle maison)
    Que dire sur les critiques incessantes sur sa belle sœur, sa sœur qui est une pute, sa mère qui n’est pas sa mère parce qu’elle protège sa sœur…au boulot que dire de Olivier qui est maintenant partit dans un autre service âgé d’une 30 d’année qui lui fit un compliment…cela l’a mis en ébullition…un texto reçu de lui que j’ai vu qui disait ;j’aurais une petite pensée pour toi en me baignant dans l’eau fraîche…sa réponse c’est un ami et c’est comme ça….!!!que dire de David très très proche mais je me fais des idées….que dire de ces vérités déformées pour se faire plaindre ou des mensonges pour me faire culpabiliser!!
    Que dire de ces manipulations pour me faire admettre des faits qui étaient faux pour diviser…même nos relations sexuelles n’étaient pas naturelles…c’était comme elle voulait! Abstinence ou tous les jours!
    Que dire de ses relations de travail ou elle se mets en bon terme avec directeur ou cadre qu’elle invite à la maison pour atteindre une couche sociale par son charme et sa serviabilité et disponibilités!
    C’est elle qui m’a annoncé notre séparation par texto alors qu’elle était au boulot le jour de la St Valentin (son précédent mari l’a abandonné pour la St Valentin avec qu’elle tenait leur bb dans les bras)en me disant simplement qu’elle ne m’aimait plus! Alors que 4 jours avant elle avait demandé un devis pour que nous partions aux Philippines ensemble !
    Ce qui me sidère c’est avec quelle simplicité elle a balayé 5 ans de vie commune…aucun regret aucun scrupule elle ose dire que maintenant elle est heureuse !
    Sa propre mère ne l’a défend plus , lui en veut et se trouve complètement désemparé.
    Je lui ai tout donné trop je crois et maintenant qu’elle n’a plus rien à tirer de moi m’a jeté comme un vieil objet inutile!
    SVP pouvez vous au vu des éléments me dire si il s’agit d’une PN pour me rassurer sur le fait que je ne suis pas responsable de cette séparation car elle invoque que j’étais trop collé que je l’étouffait alors que c’est elle qui voulait m’avoir sous la main!
    Maintenant elle n’est plus là ces belles promesses de rester amis s’estompent! Presque plus de contact cela fait 2mois et demi que nous sommes séparés…elle n’a plus besoin de moi…je l’ai aidé à s’installé peindre les murs etc etc…quel imbécile je suis!
    Le plus impressionnant c’est que maintenant j’ai des flashs de nos vacances…en pleine journée une image, un moment, une bride de nos voyages ressort une fraction de seconde plusieurs fois par jour c’est terrible…sans parler de mes nuits coupées par des cauchemars ou je la vois…je n’ai jamais vécu ça c’est terrible!je lui ai tout donné et par amour ❤️je lui aurais donné ma vie…
    Aidez moi à comprendre svp
    Merci pour votre réponse

    • Zahnd bruno dit :

      Bonjour je suis avec une personne souffrante de cette pathologie…..depuis 4 ans . Ma vie passe de l enfer au cauchemar puisque ns travaillons ensemble..J’ai fini par me perdre et j’ai explosé ….Elle est arrive à m isoler de tous..l impression que tt se retourne contre moî est arrivé à manipuler tt son monde et m écrase….je suis en train de tt perdre …je suis perdu …….en fait je lis votre histoire c exactement la même c effrayant

    • David dit :

      Bonsoir Patrice , Pour m’aider à répondre à toutes les questions que je me posais et sortir d’une relation d’une durée de 2 ans avec un PN , J’ai Beaucoup visionné des vidéos sur youtube de ” une psy à la maison” . C’est une psychologue belge . Je vous le conseille vivement .
      Bon courage pour la suite …

  8. Valérie dit :

    Bonjour Monsieur Couderc…
    Je suis nouvellement maman depuis milieu janvier et je suis malheureusement en séparation… Tant de choses on changés depuis ma rencontre avec le père de ma fille… Je ne le reconnaissais plus à un tel point que j’ai réussi à avoir un rencontre chez un psychiatre, car je croyais qu’il était bipolaire et avait des psychoses.. Jusqu’au diagnostique que le psychiatre nous confirme qu’il ne voyait aucune maladie mentale et qu’il était bel et bien personnalité limite (borderline) En lisant sur le PN, je le vois parfaitement !!! Et lui aussi a eu une enfance que personne ne voudrait…(je crois que c’est vrm typique) J’ai fini par le mettre à la porte milieu mars, car je n’en pouvais plus de ses mensonges et de ses répliques mesquines inutiles qui sortent toujours de nul part et d sa froideur extrême et combien de fois il m’a supplié de le garder et qu’il se ferait soigner. Je suis rendue en très grosse dépression nerveuse, je ne dors plus, mange plus, j’ai l’impression qu’en le mettant à la porte, il es parti avec toute ma vie !! SUIS-JE NORMALE ??? J’ai absolument besoin d’aide merci.

  9. Maria dit :

    votre site est incroyable.
    je n’ose pas encore témoigner, mais pour en dire peu, c’est exactement ce que je vis. je me suis toujours demander pourquoi depuis le début mon instinct me disait de partir. avec le temps et beaucoup de lecture, le nom de pervers narcissique est apparrût et malheureusement c’est exactement ça!
    je ne sais pas encore comment (et surtout) quand je vais réussir à m’en sortir, mais une chose est certaine: il le faut!
    merci pour toutes ces informations

    • Pascal Couderc dit :

      Bonjour, et merci pour votre message, la parole et les mots mis sur la souffrance aident, la nommer, c’est déjà un premier pas vers “l’après”…

  10. Mila dit :

    Bonjour,

    Pense-t-on au devenir des enfants de pervers narcissiques dont les mères sont restées trop longtemps avec les pères, qui se construisent souvent avec ce fardeau, les fils reproduisant parfois leur domination sur leurs soeurs, y compris à l’âge adulte, au travers des différents événements familiaux ?
    Quelles possibilités s’offrent à elles pour ne pas subir ?
    Y a-t-il des associations ?

    Merci.

    • Pascal Couderc dit :

      Bonjour,
      Il est toujours important de se faire aider et d’aider les enfants.
      Il existe des professionnels et dans chaque département, un CIDFF http://www.infofemmes.com/v2/accueil.html
      Bon courage.
      Pascal Couderc

      • Mila dit :

        Je vous remercie pour votre réponse si rapide.

        En effet, les enfants témoins des agissements des pervers narcissiques deviennent parfois (souvent) des hommes (frères) pervers et des femmes(soeurs) victimes.
        Les soeurs fuient pour échapper à l’emprise, autant de leur père que de leur frère.
        Mais des événements familiaux tels que Noël, mariages, enterrements, remettent les victimes face aux bourreaux, et rien ne les protège car elles ont juste fui, comme leurs mère, quelques années auparavant. Elles n’ont pas pu réaliser un travail pour pouvoir ne plus être victimes.

        • DE LA FUENTE Marie-Hélène dit :

          Bonjour Mila,
          Je me retrouve dans la même configuration Après avoir fui, je me demande comment construire les enfants, pour ma part, jeunes adultes, après cette éducation.
          Docteur il y a t’il des ouvrages pouvant nous aider finalement à ne plus être narcissique?

      • Mila dit :

        Apparemment, ils n’ont pas de solution particulière d’écoute ou de soin.
        Dommage.

  11. Sophie dit :

    J’ai quitté le papa de mon fils avec lequel j étais depuis 10 ans pour un homme qui est 7 ans plus vieux que moi. Cet homme me plaisait (et me plait toujours), il était merveilleux, me faisait vivre un rêve, avait des attentions,des cadeaux inestimables… Le vrai prince charmant ! J’ai essayé d’être à la hauteur de tout ce qu’il faisait pour moi (en prenant soin de moi physiquement puisque toutes ses ex étaient visiblement des “bombes” il fallait toujours être au top, en étant toujours disponible pour lui (je n’avais plus une minute à moi), en étant ouverte sur certaines pratiques sexuelles,en lui faisant moi aussi des cadeaux qui parfois mettaient mon compte plus qu’à sec…). Après 5 mois, une mini dispute a éclaté à propos d’une bétise. Lui ne s’étant absolument pas remis en cause, cette dispute a pris une ampleur terrible dans laquelle Monsieur n’a jamais admis aucun tort. Depuis, d’autres disputent ont éclaté sans que jamais il ne se sente responsable et en se remettant jamais en question.Je remarque maintenant qu’il me rabaisse sans cèsse en rajoutant de manière subtile que je ne fais rien correctement. Visiblement il a même recontacter une ex. J’ai mis (courageusement parce que je l’aime encore énormément) un terme à la relation et Monsieur a fondu en larmes (comme je n’ai jamais vu ça) en me suppliant de rester, en redevenant “le prince charmant”. Actuellement, je tiens bon mais je suis “harcellée” de sms (qu’il faut avouer me font plaisir) ce qui me fait dire que je suis clairement sortie de ce “calvaire”.

  12. FRIBOL dit :

    Bonjour,
    Mon histoire est complexe, comme beaucoup d’autres je pense. Mais j’ai vécu 6 années d’enfer psychologique, duel entre ma conscience propre et mes sentiments pour un homme que je reconnais dans vos textes, dans le profil du pervers narcissique. Ce qui m’a permis de m’en sortir c’est les résultats de santé révèlant que je n’étais plus condamnée. Je les ais reçu en décembre 2017. Delà, j’ai attaqué fortement cet homme pour m’en débarraser, ce qui n’a pas été une mince affaire pour moi vu qu’il a porté plainte et c’est fait victime ensuite. Aujourd’hui il semble encore vouloir agir et c’est ce qui me fais vous écrire. Je me demande s’il peut encore chercher à me nuire ?

  13. capdebos dit :

    Bonjour,
    J’ai perdu mon père il y a 8 ans. Ma mère de 70 ans vient de rencontrer un homme de 78 ans via un site de rencontre. Ma soeur et moi avons accepté que ma mère puisse refaire sa vie, si c’est pour être heureuse, pourquoi pas?!?
    A la première rencontre, cet homme nous a paru sympathique quoique très à l’aise! il avait déjà des projets concernant la maison de ma mère… rajouter un garage, un atelier pour créer ses parfums, un sauna… il nous a même dit qu’il voulait lui payer un lifting!
    Cela fait 6 mois!
    Il est locataire d’un appartement qu’il abandonne et emménage définitivement chez ma mère le mois prochain.
    Aujourd’hui, nous ne voyons plus ma mère. Elle paraît soumise.
    En réunion de famille, il fait des réflexions à tout va!
    Il a posé une sonnette au portillon. Ma mère est propriétaire et elle se débarrasse de tous ses meubles un par un car ils ne lui plaisent pas! elle obtempère! Il veut retirer tous ses arbres, les 2 chats n’ont plus accès à la maison, …
    Ma mère a perdu 12 kg. il faut être mince et présentable! plus de gâteaux, de plaisirs sucrés ou salés…
    Plus de trace du passé, de mon père…
    Ma mère était très famille et s’occupait de ses petits enfants. Plus rien, plus de contact avec la famille!
    Les rares fois où nous la voyions, elle ne parlait que de lui. En sa présence elle ne parle plus. Pire : elle ne nous défend même pas quand il est agressif!
    Nous l’avons invité chez nous à plusieurs reprises, nous lui avons fêter son anniversaire avec un beau cadeau, nous l’avons présenté à la famille lors d’un mariage (auquel il ne voulait pas venir, nous avons du le supplier presque), bref!
    Ma mère nous a reprocher à plusieurs reprises de ne pas l’accepter, de ne pas être chaleureuses….de ne pas l’aimer!

    Aujourd’hui, c’est vrai! et pour cause…

    Si ses petits enfants demandent à venir chez elle, elle répond : je vais demander à G…

    Il a deux fils qu’il ne voit plus…

    Il gâte ma mère : Séjour à Rome, achat de meubles, belle montre…

    Je pense que nous sommes en présence d’un manipulateur! Qu’en pensez-vous? Que pouvons-nous faire pour aider notre mère et lui ouvrir les yeux sur cet individu aux intentions malsaines?

    Merci de m’aider

  14. Hummingbird dit :

    Bonjour,

    J’ai 21 ans, et pendant 2 ans je suis sortie avec un homme qui a douze ans de plus que moi. Apres une fin desastreuse et beaucoup de remises en question, je me demande aujours’hui si j’etais en relation avec un pervers narcissique.

    Cela fait quelques semaines que je m’informe sur le sujet, et les nombreux articles que j’ai lus semblent tres bien correspondre aux attitudes de mon ex-partenaire: culpabilisation, devalorisation, insultes, silences prolonges, refus de regler les problemes par la communication, pas ou tres peu de remise en question de ses propres fautes… De meme, beaucoup mentionnaient tres precisement les nombreuses reactions que ces comportements suscitaient en moi: anxiete permanente, perte de confiance, eloignement des proches, la peur constante de le decevoir et d’etre quittee…

    Pourtant, beaucoup de choses ne collent pas non plus avec le profil de manipulateur. Des le debut, je l’ai admire (et l’admire toujours) pour des qualites magnifiques qu’il a su forger en lui avec le temps et avec beaucoup d’effort et de discipline. Altruiste, genereux, determine, loyal, devoue, courageux, modeste…

    Il faut dire que notre relation n’a jamais ete tres equilibree.
    Nous nous sommes rencontrees lors de la fondation d’une equipe de sport a l’universite. Etant mon entraineur dans cette equipe, il a toujours eu de l’autorite sur moi (au moins pendant les entrainements). La difference d’age et son fort caractere m’ont toujours donne l’impression de devoir apprendre de lui, de son experience. Et malgre le fait qu’il me faisait sentir comme une reine quand on etait bien ensemble, il y avait toujours une anxiete de fond en moi, une peur viscerale des disputes avec lui. En effet, chaque une ou deux semaines, a un rythme regulier pendant deux ans, une dispute eclatait et se terminait toujours en drame. Critiques, insultes, menaces, rabaissements moraux, parfois meme violence physique exercee sur des objets… Il bloquait tout moyen de communication et je devais l’attendre indefiniment devant sa porte pour pouvoir lui parler.

    Pourtant, a chaque dispute, et malgre tous les signaux d’alerte d’un certain niveau de violence emotionnelle, je refusais de le quitter. Je me disais qu’il etait blesse, que je lui faisais du mal, qu’il a toujours ete bien intentionne envers moi et qu’il me savait simplement pas gerer ses emotions de peur et de colere, que c’etait a moi d’etre patiente et mature, de faire des efforts pour lui et pour nous. Dans ma tete, c’etait moi qui devait me remettre en question, repenser mes realites et mes habitudes, faire face a mes peurs de m’engager avec quelqu’un de si different et extraordinaire, dans ses bons et mauvais cotes. Mais je semblais toujours perdre ces defis miserablement, et chaque conflit etait pire que le precedent.

    En fait, c’etait toujours lui qui me disait qu’on ne devrait pas etre ensemble, qu’on est trop differents, que j’allais souffrir avec lui, qu’on ne pourrait pas s’entendre a long terme… Et pourtant, apres chaque dispute, je revenais toujours vers lui (il ne revenait jamais vers moi, il a trop de fierte meme s’il ne l’admet pas), et il acceptait par amour, parce qu’on avait des sentiments tres forts, qu’on partageait beaucoup de choses, qu’on etait en equipe ensemble et qu’on avait des buts et combats communs.

    L’histoire s’est mal finie. Apres une enieme dispute et d’immondes accusations de lui avoir menti (je n’avais pas menti), nous avons pris une pause. Mais lorsque je lui ai annonce que j’avais pris rendez vous chez un psychologue pour regler mes problemes d’anxiete, il m’a tout de suite annonce que c’etait fini entre nous. Le lendemain, il m’envoie un message en m’annoncant qu’il avait decide de donner une chance a son ex, et qu’il avait tourne la page en ce qui nous concerne. Notre derniere rencontre fut catastrophique: lorsque je me suis rendue chez lui pour comprendre ce qui s’etait passe, il m’a crie dessus, insultee, humiliee, et appele ma mere (qu’il n’avait jamais contactee) pour lui demander de m’empecher de revenir vers lui, que tout etait termine et qu’il n’en pouvait plus de souffrir avec moi.

    Depuis, on continue dans la meme equipe, mais on a coupe tout contact exterieur. Meme pendant les entrainements on s’evite autant que possible. Je ne sais rien de lui et de sa nouvelle vie avec l’autre, si il est avec elle ou pas. Les nombreux temoignages des gens ayant vecu des relations toxiques m’ont permis de relativiser mon malheur et de comprendre que ca ne pouvait finalement pas marcher. Malgre une forte perte de confiance en moi, je me suis vite reprise, les degats n’etaient apparemment pas majeurs.

    Mais je me demande si j’etais bien avec ce qu’on appelle un pervers narcissique. Ses comportements coleriques correspondent a la description, ainsi que l’enfer relationnel que nous avons vecu. Mais j’ai du mal a croire qu’avec tout son coeur et ses qualites merveilleuses, il soit en fin de compte un sociopathe, un manipulateur, et quelqu’un qu’on ne peut pas changer et qu’il vaut mieux eviter a tout prix. Les gens autour de moi, et meme ma psy, m’on confirme que ce devait etre un manipulateur. Pourtant, et meme si les faits sont la, j’ai toujours un doute, que cet homme ne pas etre aussi mauvais, insensible, et mal intentionne que ca. Il a toujours voulu me traiter comme une reine, me combler, m’ecouter, me faire plaisir… Mais pour quelqu’un qui dit m’aimer comme je suis, les disputes en disent long.

    • Merci beaucoup pour votre témoignage, vos interrogations et votre réflexion. Comme souvent, la question essentielle est : êtes-vous heureuse dans cette relation ? Et la réponse doit guider vos actes.
      Cordialement
      Pascal Couderc

    • Cora dit :

      Il ne faut pas penser à le changer, les gens ne changent pas fondamentalement et lorsqu’on est heureux ensemble on a pas le besoin de changer l’autre. Mais surtout, vaut-il mieux être dans une relation épanouie où l’on est aimé et aimons (comme des êtres humains) ? Ou s’oublier, être malheureuse pour potentiellement aider cette personne qui semble écorchée mais qui nous fait souffrir ?
      Après presque 7 ans de vie commune avec mon ex j’ai fini par faire le 1er choix et ne regrette absolument pas (je ne suis pas assistante sociale comme j’ai fini par dire à mon entourage). J’ai réalisé avec le temps qu’il ne changerait pas et la preuve m’en a été apporté quand j’ai su récemment qu’il reproduisait exactement le même schéma avec une autre femme pour qu’elle se déprécie et ne voit que par lui.
      Cela fait 2 ans que je me sens libre, vraiment, mais prendre conscience de tout ce qu’il m’a fait subir a pris du temps. Accepter de ne pas avoir pu l’aider, car ça n’est tout simplement pas possible, et s’avouer d’avoir été manipulée aussi longtemps sans réagir plus tôt a été rude.
      Dans tout les cas, pour ce que vous expliquez, c’est un manipulateur qui vous a fait souffrir et vous en garderai toujours les stigmates, donc ne lui trouvez pas trop d’excuses ou de superbes qualités car n’oubliez pas qu’il lui en faut pour amadouer et manipuler. Si vous n’étiez pas heureuse avec lui, ne faites pas l’erreur d’être tentez de retomber dans ses bras. Pensez à vous, personne ne pourra mieux vous protéger que vous-même.

      • Le problème du changement éventuel chez le pervers narcissique est que le moteur du changement est la souffrance ressentie, et …. le pervers narcissique ne souffre pas, sa pathologie lui “permet” de se servir de l’autre, justement, pour ne pas souffrir.
        Pascal Couderc

      • Hummingbird dit :

        Merci beaucoup pour votre message. En relativement peu de temps j’ai reussi a reorganiser ma vie, et tout va bien a present. Parfois, j’ai la nostalgie de ses qualites et des bonnes choses vecues, mais le simple souvenir de la violence des disputes et de l’anxiete permanente me permet de relativiser.

  15. Pascal Couderc dit :

    Vos commentaires sur le pervers narcissique sont les bienvenus…

    • vigette dit :

      Bonjour,
      J’ai vécu 40 ans avec un pervers narcissique, je suis partie depuis deux mois seulement, ils sont destructeurs, je me levais tous les matins en me disant “mais qu’est ce que je fais là” mais je restais sans comprendre pourquoi, j’ai trois enfants adultes, mes deux filles ne me parlent plus depuis deux mois, je suis devenue la méchante, on ne part pas à 59 ans ! ils sont manipulateurs, j’ai demandé le divorce, n’attendez pas 40 ans pour partir.

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