PSYCHOSOMATIQUE ET PN : QUAND LA TÊTE REND LE CORPS MALADE

L’influence de l’état mental sur la santé physique est indéniable. Elle est reconnue par la médecine traditionnelle, notamment avec le fameux effet placebo, mais aussi par les pratiques thérapeutiques alternatives. La maxime “un esprit sain dans un corps sain” résume ainsi parfaitement l’importance de cet équilibre nécessaire à une vie épanouissante. Cependant, côtoyer un pervers narcissique fragilise inéluctablement le bien-être psychologique. En toute logique, les victimes de manipulation sentimentale exposées à toutes sortes de maltraitances émotionnelles finissent donc par manifester des problèmes de santé, parfois très graves. La psychosomatisation avec un PN présente habituellement 6 types de fixations dans le corps que nous allons vous dévoiler.

Qu’est-ce que la psychosomatisation ?

Particulièrement depuis les années 1950 et la résurgence de la médecine psychosomatique amorcée par les travaux du médecin et psychanalyste américain Franz Alexander, il est admis que le sujet présentant des troubles ou des pathologies est à envisager selon une approche holistique. Ainsi, pour mieux traiter ses problématiques de santé, il faut bien souvent prendre en compte les dimensions physique, psychologique, émotionnelle, familiale, sociale, culturelle et spirituelle qui constituent son identité. Penchons-nous plus précisément sur le lien entre état psychique et physique.

État physique et état mental : quel est le lien ?

La psychosomatisation désigne l’influence produite par des facteurs psychologiques ou émotionnels sur la santé physique. Extrêmement complexe, cette interaction admet notamment l’impact du stress, de l’anxiété ou de la dépression sur le fonctionnement du corps. Il peut s’agir d’afflictions induites ou bien exacerbées par l’état mental.

Au milieu du XXe siècle, Alexander a commencé par répertorier 7 maladies psychosomatiques, appelées les “Holy Seven” :

  • l’ulcère peptique
  • l’asthme
  • la dermatite atopique (eczéma)
  • l’hypertension essentielle (ou artérielle)
  • la thyrotoxicose (ou maladie de Basedow)
  • la colite ulcéreuse
  • la polyarthrite rhumatoïde.

Depuis, de nombreuses autres pathologies sont entrées dans le champ de la psychosomatisation. Mais il arrive que l’imagerie et les techniques médicales ne permettent pas de déceler de manifestation observable de l’atteinte physique. Pourtant, la souffrance est effectivement vécue comme réelle par le patient, comme dans le cas, par exemple, de la fibromyalgie.

L’erreur du corps médical a longtemps été de considérer que ces symptômes sans cause apparente étaient imaginés ou pire, simulés par le sujet. Cette attitude, qui tend heureusement à disparaître, ajoutait ainsi à la détresse des personnes souffrantes. Non seulement elles étaient déniées, voire soupçonnées d’hypocondrie, mais en plus, elles étaient abandonnées à leur condition, car sans mal identifiable par des preuves tangibles, pas de traitement. Or, si ne pas se sentir bien dans son corps peut survenir à l’occasion d’une détresse psychologique, il ne faut pas négliger que le mal-être physique constant menace à son tour l’équilibre psychique. En effet, en agissant négativement sur l’humeur, la motivation et les capacités à exécuter les tâches du quotidien, une mauvaise santé porte atteinte à l’image de soi et aux relations sociales. La mise en place de ce genre de cercle vicieux complique encore davantage l’établissement d’un diagnostic et donc, retarde la prise en charge de la personne.

Par ailleurs, les psychosomatisations ne doivent pas exclure l’existence potentielle d’atteintes physiques d’origine organique sous-jacentes. En cas de symptômes gênants, il faut obligatoirement consulter un professionnel de santé.

Quelle est la différence entre somatisation et psychosomatisation ?

La somatisation et la psychosomatisation décrivent presque indifféremment le lien entre symptômes physiques et influence psychologiques. Bien qu’on puisse les utiliser toutes deux dans la grande majorité des situations, il subsiste une légère nuance.

La somatisation se réfère surtout à la conversion de la détresse psychique en atteintes physiques. On considère ainsi que la manifestation corporelle est une traduction de l’état émotionnel.

La psychosomatisation constitue un concept plus large. Il s’agit d’appréhender toutes les formes d’interactions entre le corps et l’esprit, autant dans le sens de l’origine physique et son impact psychologique que l’inverse.

Quelles sont les psychosomatisations typiques chez une victime de pervers narcissique ?

Bien entendu, dès qu’il s’agit d’aborder les problématiques de santé d’un individu, il est indispensable de prendre en compte son cas dans son aspect le plus unique. Chacun réagit différemment aux événements en fonction de sa personnalité, de son histoire, mais aussi de son contexte personnel. Toutefois, les généralités qui émanent des courants de pensée théorique permettent d’aiguiller les démarches exploratoires, afin de les faciliter.

Ainsi, il est possible de répertorier des cas assez habituels de psychosomatisations liées au vécu avec un MPN. En voici 6 types fréquents.

1.   Les céphalées

Les maux de tête sont d’une banalité telle, qu’on en oublierait presque le rôle que joue le stress dans ces manifestations psychosomatiques. Chez les victimes de PN, ils sont imputables évidemment au stress chronique, mais aussi à l’anxiété permanente et aux fortes fluctuations émotionnelles que l’on retrouve particulièrement dans le jeu du chaud et du froid.

2.   Les troubles gastro-intestinaux

Maux d’estomac, nausée, perte d’appétit ou, au contraire, hyperphagie, mais aussi troubles digestifs, voire syndrome de l’intestin irritable sont autant de gênes à niveau abdominal rapportées par les victimes de manipulateurs machiavéliques. La peur permanente des mauvais traitements à venir, savamment entretenue par le vampire émotionnel, affecte les fonctions digestives de sa proie, jusqu’à les dérégler fortement.

3.   Les douleurs musculaires et articulaires

Les problèmes musculosquelettiques peuvent être extrêmement invalidants. Ils sont souvent causés par un état de tension chronique qui ne permet pas à l’organisme, en alerte permanente, de se détendre. En découlent des douleurs de divers niveaux et à divers endroits, parfois même généralisées. Le cou, les épaules et plus largement, le dos, sont les zones les plus touchées, avec éventuellement des irradiations dans les membres périphériques sous forme de douleurs aigües et nerveuses de type sciatique ou cervico-brachial. Des réactions inflammatoires chroniques peuvent également surgir, sous la forme de tendinite, bursite, etc.  Ces douleurs entravent la capacité à travailler, ce qui peut contribuer à un isolement dangereux pour la victime de MPN.

4.   Les perturbations du sommeil

La personne ayant été captive d’un manipulateur sadique développe très souvent le syndrome de stress post-narcissique. À l’instar de l’ESPT complexe (état de stress post-traumatique), les ruminations nocturnes, difficultés d’endormissement, cauchemars et insomnies témoignent d’un dérèglement du cycle du sommeil causé à la fois par les microtraumatismes cumulatifs et par les épisodes de violence (coups, accès de rage). Rappelons qu’empêcher quelqu’un de dormir est le meilleur moyen de briser sa résistance aux assauts psychologiques. C’est une technique de torture bien connue qui parvient même à arracher de faux aveux aux parfaits innocents.

5.   La fatigue chronique

Sachant que tous les exemples de somatisations déjà mentionnés peuvent se cumuler, il est évident que tôt ou tard, la fatigue chronique s’installe. Il s’agit d’un profond manque d’énergie qui entame la motivation, la positivité, mais aussi les facultés cognitives et mnésiques et la capacité à se mouvoir. Ainsi, le raisonnement est embrouillé, les souvenirs sont confus et le corps a du mal à s’activer. Cette situation se pérennise et dormir ne suffit pas à combler ce déficit de vitalité.

6.   Problèmes dermatologiques et capillaires

Les facteurs psychologiques peuvent se loger en surface, c’est-à-dire sur la peau et à travers la pilosité. Alopécie, calvitie ou bien acné, eczéma, dermatite et autres affections cutanées peuvent exprimer autant que provoquer une détresse psychologique. Ces manifestations peuvent engendrer un repli social et une grave atteinte à l’image de soi.

Psychosomatisation et PN forment la combinaison qui explique pourquoi les victimes de maltraitance morale finissent presque invariablement par se rendre malades. Plus l’exposition aux agents pathogènes est prolongée et fréquente, plus les fixations dans le corps engendreront de problèmes de santé. Or, la pathologie aggrave elle aussi le mal-être mental et voilà comment le cercle vicieux se met en place. Pour reprendre sa vie en main et améliorer considérablement son bien-être, la combinaison de trois facteurs est nécessaire : quitter le manipulateur sentimental, consulter son médecin traitant en première instance et les spécialistes qui s’imposent par la suite, et enfin former une bonne alliance thérapeutique avec un psychologue.

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