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Les sous-entendus du pervers narcissique

Les sous-entendus du pervers narcissique, « pourrissent » littéralement la vie de sa victime. Il s’agit d’un emploi du langage dans sa dimension symbolique, qui joue sur plusieurs niveaux de compréhension. C’est ainsi que les pervers narcissiques sont les rois du non-dit et de l’ambiguïté. La victime ne sait jamais à quoi s’en tenir, car tous les aspects de la communication peuvent en moduler le sens :  ton, contexte, équivoque des termes… Explications.

Les sous-entendus du pervers narcissique

Rien n’est jamais spontané et sincère dans le discours et les sous-entendus du pervers narcissique : double langage est en permanence calculé pour obtenir des effets souhaités sur sa proie.

Rien de plus facile pour lui car il est le dominant ou la dominante de la relation. Il est celui dont les ambiguïtés ont vocation directe à jouer sur le terrain des attentes de sa victime, de ses besoins inextinguibles d’affection, de reconnaissance, d’encouragement, etc.

Les sous-entendus du pervers narcissiques jouent en réalité avec l’inconscient de la victime et se posent à contre-emploi de ses attentes.
Exemple : « Mais si, mais si, tu sais bien que j’aime ta sœur… ». La victime en réalité n’en sait rien, mais demeure suspendue à cette attente. Et ce même si le comportement et les actes de son bourreau, la trahissent en permanence. Car piégée par le sous-entendu du discours, elle ne peut en général pas tomber le masque derrière lequel le pervers lui sourit.

Pourquoi ? Parce qu’elle est en proie à une dissonance cognitive entre 2 niveaux de compréhension : le niveau inoffensif – qui est de pure forme – et le niveau sous-jacent : le sous-entendu malveillant et sournois. Ce qui l’empêche, sur le coup, de prendre vraiment conscience de ce que l’autre veut dire. Pour cette raison, la blessure va demeurer en elle de façon latente, non verbalisée et non consciente. Au fur et à mesure que le temps passe, elle s’additionne à d’autres du même type, qui viennent insidieusement polluer son propre ressenti sur elle-même en rapport avec l’estime qu’elle se porte. Dans les cas les plus graves, ce processus peut même aller jusqu’à amoindrir sa conscience même d’exister.

Sous-entendus, mais dits quand même

Les sous-entendus d’un pervers narcissique émaillent donc son langage de blessures narcissiques à l’adresse de la victime. Mais leur nuisance ne s’arrête pas là.
Leur flou, leur manque de sens précis, permettent au PN de ne jamais abîmer sa façade, mais au contraire de faire culpabiliser le partenaire. « Mais je n’ai jamais dit ça !», pourra t’il se dédouaner si l’autre en vient à se plaindre. Ce flou artistique lui permet aussi de jouer sur les mots et sur la double contrainte.  Exemple « je te dis de le faire », mais si la victime s’exécute : « mais non, je ne t’ai jamais demandé de faire ça, regarde comme tu t’y prends ! ». Mais si elle ne le fait pas : « tu vois, tu ne m’écoutes jamais ! ». Ce mécanisme va lui permettre de prétendre avoir dit ce qu’il n’avait jamais dit et de nier ce qu’il avait affirmé.

Nous le répétons souvent sur ce blog, mais à bon entendeur : le discours d’un pervers narcissique est un discours qui dit tout et son contraire. Il ne veut en réalité rien dire du tout : il nie l’autre dans son existence, pure et simple.
Ce discours est fait pour vous rendre fou.

Second degré et humour chez le pervers narcissique

Nous avons déjà évoqué sur ce blog, la particularité de l’humour pervers. Le second degré y fonctionne à plein rendement, pour égratigner le partenaire en permanence, en gardant une mine angélique et en jouant sur le « pas vu, pas pris ». Rien d’étonnant à cela, puisque, comme nous venons de le voir, les victimes mettent un certain temps à s’apercevoir que ses plaisanteries n’ont rien d’inoffensif.

Mais elles ne peuvent rien objecter non plus : piégée par le double sens du discours, elles ne verront accuser justement de ne rien voir, soit d’être stupides et de n’avoir aucun humour ! Comme si accepter de passer pour un ou une demeurée serait synonyme d’intelligence et d’humour !

Les sous-entendus du pervers narcissique et son humour, servent donc bien à se moquer de son partenaire à tous les niveaux.
Toutes ses « attaques humoristiques » relèvent bel et bien du 1er degré :  elles sont bêtes et méchantes. Mais le second degré sert à les « blanchir », à les « faire passer en contrebande ». L’humour induit toujours un « ce n’est pas grave », ou comme le disent les enfants : « c’est pour de rire… ». Reléguant ainsi la souffrance de la personne blessée sur le plan du simple accident de parcours. La cruauté mentale la plus aboutie revient d’ailleurs souvent à ajouter dans ce type de situation : « Ah, je t’ai blessé, vraiment ? Pardon alors… »

Et les sous-entendus du pervers narcissique ne s’arrêtent pas là. Ils se manifestent sans cesse au quotidien au travers de plaisanteries teintées d’humour noir, et judicieusement placées à certains moments clé.

Drôle ?
Loin d’être drôle, cet humour tourne facilement au festival de grossièretés dans l’intimité. Elles n’ont selon le pervers, rien de choquant ou « de grave », ce qui intime à la victime l’ordre de subir. Il y a un côté border line chez certains pervers narcissiques, qui les arme de beaucoup de cynisme. En coulisse, et dans le secret de leur foyer, ils se montreront rebelles à toute règle, et prôneront le laisser aller et la saleté sur le plan domestique. Et cela va exténuer les victimes qu’ils saboteront en permanence dans leur volonté de redresser la situation. D’autant qu’extérieurement, ils savent se montrer irréprochables, notamment lorsqu’ils s’adressent à des personnes supposées être « importantes » à leurs yeux.

Ces comportements devraient pourtant mettre la puce à l’oreille des victimes et leur faire soupçonner la violence sous-jacente à l’humour déjanté de leur partenaire. Pour l’expliquer plus clairement, ce partenaire a le talent, non pas de peindre, comme elles l’ont cru au départ « la vie en rose », mais plutôt : « la vie en laid ». Il détruit purement et simplement leurs valeurs et leur éco système !

Quant à avoir de l’humour avec ce type de partenaire, cela est fortement déconseillé, et même dangereux. Une personnalité narcissique n’a profondément aucun sens de la dérision, car elle se considère comme sacrée. Elle pense aussi que sa victime n’est pas suffisamment estimable pour avoir le droit d’être drôle.
Mais surtout, l’identification projective qui la caractérise lui fait réellement croire que son partenaire la ridiculise intentionnellement.
Sa colère peut être alors homérique et la violence n’est jamais très loin.

Vous n’y voyez pas clair dans une relation avec un partenaire instable, déroutant et pathologique ? L’accompagnement d’un professionnel de l’écoute peut vous aider à vous en libérer. Pascal Couderc, psychanalyste spécialiste des manipulateurs, vous assiste sur toute le France, en Skype et en visio consultation.

Pascal Couderc

Psychanalyste, psychologue clinicien sur Montpellier et Paris et en téléconsultation pour les francophones partout dans le monde.

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