L’estime de soi ou comment réapprendre à s’aimer

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Avoir une bonne estime de soi est une vertu qui fait défaut aux victimes de pervers narcissiques. La culpabilité permanente qui les ronge a tendance à leur montrer cette qualité sous un jour honteux. Pourtant, savoir s’apprécier n’a rien à voir avec le péché d’orgueil. D’ailleurs, c’est une image de soi-même dégradée, héritée de l’enfance, qui a mené à la soumission au manipulateur sentimental. Heureusement, retrouver son amour-propre est possible. C’est même un élément indispensable à l’accès au bonheur, comme vous le verrez ici.

L’image de soi est malléable

On a tendance à confondre le narcissisme et l’estime de soi, mais c’est un tort. En effet, le premier se construit dès le plus jeune âge et devient, en quelque sorte, un constituant si profond de la personnalité de chacun qu’il ne se modifiera pratiquement plus. L’estime de soi est l’autoappréciation que l’on se forge au fil de nos expériences en société. C’est donc l’image que nous renvoient les autres de nous-mêmes et qui permet de nous définir à nos propres yeux. C’est pourquoi elle est changeante et c’est surtout la cible privilégiée du PN.

La faille narcissique rend l’amour de soi plus fragile et il suffit au manipulateur machiavélique de l’attaquer pour désorienter complètement sa proie et lui faire perdre ses repères. À terme, elle finira par participer elle-même à sa propre dévalorisation. Mais la bonne nouvelle, c’est que l’on peut commencer à reconstruire une bonne image de soi par des actions simples pour ensuite consolider le travail de reconstruction auprès d’un thérapeute. Voir avec plus de clarté l’importance de cultiver son autoestime implique de se défaire du sentiment de culpabilité. Il est surtout impératif de se débarrasser de la fausse croyance selon laquelle l’humilité ne peut pas coexister avec une haute opinion de soi.

Retrouver son estime, à ses propres yeux et aux yeux des autres

La réhabilitation de son estime personnelle commence par le fait de se défaire du regard de la personnalité malveillante et ne surtout plus chercher à y trouver un reflet. Le “no contact” est une mesure d’urgence aussi radicale qu’efficace. Finies les perturbations et autres techniques manipulatoires dont les PN abusent : le temps est venu de penser par soi-même.

Pour (ré)apprendre à s’apprécier et reprendre confiance en soi, chacun trouvera ses méthodes. Cela peut aller du simple fait de soigner son apparence à celui d’accomplir de bonnes actions, de reprendre une activité mise de côté, d’apprendre quelque chose de nouveau ou encore de s’autoriser enfin tout ce qui aurait déplu au pervers narcissique. Le tout est d’accepter son imperfection et son humanité, et de nourrir un sentiment intérieur gratifiant.

Avec tolérance et bienveillance, il faut donc pardonner sa crédulité (d’être tombé dans le piège du manipulateur), sa colère (du mal qu’il a fait) et ne plus jamais chercher à combler le besoin d’amour et de reconnaissance par un objet extérieur à soi (l’autre, les possessions matérielles, etc.). Le sentiment de fierté doit primer et permettre ainsi de se réaffirmer aux yeux du monde.

Comme le disait déjà en 1686 Bernard le Bovier de Fontenelle dans ses Entretiens sur la pluralité des mondes, “On est rarement maître de se faire aimer, on l’est toujours de se faire estimer.” Seulement, retrouver l’estime de soi est un cheminement avant tout intérieur qui finit par faire écho avec l’image de soi renvoyée par les autres. Ce qu’il faut retenir, c’est que la reconnaissance, voire l’amour, ne viendra qu’avec une bonne appréciation de soi-même et de ses valeurs. Un thérapeute qualifié est parfaitement à même de mener la victime de PN vers une telle sérénité.

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