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Je ne suis plus moi-même

autodévalorisation

« Je ne suis plus moi-même depuis ma relation avec un PN » est une phrase courante prononcée par les victimes. Si être soi-même est parfois difficile, sentir la perte de soi, avoir l’impression de ne plus être la même personne qu’avant, est parallèlement dévastateur. L’emprise de la perversion sur la psyché humaine est telle, que les victimes de pervers narcissiques laissent sur leur chemin un peu plus chaque jour, une partie d’elles-mêmes. Poussées au-delà de leurs limites, elles se heurtent, s’éloignent et se perdent.

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Perte de Soi : Je ne suis plus moi-même à cause d’un PN

D’où vient le sentiment de perte de soi ?

Pour les victimes de pervers narcissiques, le quotidien est bien souvent dévastateur et destructeur. Elles vivent sans relâche les attaques psychologiques et parfois physiques du manipulateur. Les reproches fusent, les discours s’aiguisent. Le doute est semé au milieu d’un champ sans fin de culpabilité, d’humiliation, de négation de l’autre.

Les victimes des pervers manipulateurs sont projetées dans un cercle de toxicité tel, qu’elles sont persécutées et projetées jusqu’à l’anéantissement : la perte de soi. En somme, on pourrait imager ce processus comme un puzzle dont les pièces seraient éparpillées et rendues introuvables, loin de la boîte d’origine. La déperdition de soi des victimes du pervers narcissique est enclenchée.

Les mois, parfois les années d’humiliation et de reproches causent un chamboulement de ces morceaux de puzzle, créant souvent une angoisse immense chez la personne manipulée par le pervers. Les paroles et les actes du manipulateur font fonction de souffle de fumée toxique, dispersant, détruisant ou masquant les fragments identitaires de sa proie.

La confusion et le doute prennent place, allant parfois jusqu’à la dépersonnalisation.

La question des limites individuelles

Reprenons l’image du puzzle. Chaque pièce correspond à une sphère de vous-même : votre physique, votre psychique, vos émotions, votre sociabilité, votre spiritualité et bien plus encore. La quantité et la diversité des composants sont des données aussi variables qu’il existe d’individus sur terre. En somme, ces pièces du puzzle sont propres à chacun. Si elles permettent de se connaître (ses goûts, ses centres intérêts, etc.), elles se modifient au fil des expériences de la vie.

Prenez maintenant le cadre du puzzle : c’est votre portail, la clôture de ce qui vous définit par nature. Vous en êtes le gardien. C’est ce que nous pouvons appeler « les limites ».

Ces barrières protectrices sont en réalité comme un filtre servant à l’individu à déterminer ce qui est acceptable. Elles contiennent l’identité de chacun. C’est ce qui permet aussi, notamment, de protéger ses valeurs et ses convictions, et de ne pas se faire hacker le système qui nous est propre. En ce sens, les limites sont un pilier clair, déterminé et déterminant dans la constitution de la personne et dans l’orientation de sa vie.

Ces garde-fous sont aussi la frontière du respect dans la relation à autrui, puisqu’en définissant l’humain, ils définissent aussi la nature de ses rapports interpersonnels.

La transgression des limites

Si le cadre à ne pas dépasser que nous nous fixons assure notre cohésion psychique, que se passe-t-il lorsque sa fonction protectrice est mise à mal et que l’on ne se reconnaît plus ?

La brèche que le pervers narcissique élargit

La victime de PN est bien souvent lumineuse, généreuse, tournée vers les autres, empathique. Mais son ouverture aux autres est malheureusement le signe d’un cadre en déséquilibre. Le besoin d’être apprécié révèle en général une faille narcissique, véritable aimant à PN et point d’entrée de son invasion pernicieuse et destructrice.

Avec sa pathologie ancrée, le prédateur sentimental est doté d’une immense faculté de lecture des blessures psychiques des autres. Ses capacités de stratège manipulateur et affabulateur sont dignes plus grands prestidigitateurs. Lentement, patiemment, il envoûte ses victimes, les persuadant qu’elles ont  rencontré le prince charmant, avant de dévoiler le vampire.

En effet, le pervers narcissique considère l’autre non pas comme une personne, mais comme sa chose. Son psychisme pathologique le déshumanise au point d’user de techniques manipulatoires et de violence morale pour torturer sa victime, jusqu’à faire sauter toutes les barrières mentales de celle-ci, qui ne saura même plus qui elle est vraiment.

De l’envahissement d’identité à la perte de soi

La garde de la victime baisse et le chevalier masqué (le pervers polymorphe) pénètre la forteresse : le cadre permettant d’atteindre le puzzle est perméable. On pourrait aussi comparer le pervers narcissique à un hacker professionnel qui se joue des failles et des entrées du système informatique pour installer un virus de type « cheval de Troie » et détruire la carte mère.

Sans limite pour protéger le royaume, l’intrus y déambule et sème la confusion partout où il passe. Le pervers narcissique installe le doute et l’instabilité. Il mélange, perd, casse les pièces du puzzle interne. Le phénomène de la perte de soi s’enclenche jusqu’à mener à ce triste constat : “Je ne suis plus la même personne”.

Le pervers narcissique, comme nous l’avons évoqué, transgresse les règles simples du respect des limites de la personne. Il s’engouffre dans les failles de ses victimes et se sert de ses fragilités pour faire preuve d’une irrépressible cruauté envers elle, par ses propos et ses actes déroutants.

Entre confusion et reprogrammation perverse

Les pièces du puzzle qui constituent l’intégrité de la victime viennent à manquer ou sont parfois remplacées par de nouveaux composants, aussi faux que toxiques. La victime du pervers narcissique se surprend à admettre l’intolérable, à adopter des points de vue opposés à ses anciennes valeurs. Elle ne sait plus qui elle est. Elle ne se sent plus la même, comme si son âme avait été corrompue.

On retrouve, par exemple parmi ces pièces, les émotions. Les victimes sont confrontées à la manipulation de leurs ressentis. Les limites émotionnelles sont détruites, créant ainsi une confusion totale provoquant une dissonance cognitive. Ces frontières protègent notamment l’estime de soi et par conséquent les croyances, les choix ou encore l’intimité.

Les manipulations du pervers narcissique sont telles, qu’elles créent un écart entre ce que sa victime était, et ce qu’il lui fait entendre. Cela crée un climat perturbant, une situation d’anxiété qui alimente le sentiment de déperdition de soi, de perte de contrôle sur sa vie et le doute de soi.

Le pervers narcissique outrepasse les limites de sa victime, entamant ainsi le cœur de la définition de soi. Il s’impose, s’interpose et implémente ses idées bien souvent destructrices, dans l’esprit de sa victime qui ne se reconnait plus elle-même.

Comment se retrouver ? 

L’emprise est dévastatrice. Elle détruit et ancre en la personne qui la subit, un état de confusion et un sentiment de perte de soi-même.

Le pervers narcissique détruit l’identité de sa victime en outrepassant ses limites afin de mieux la manipuler. Il a tantôt brûlé, tantôt jeté un jet d’encre opaque sur ce qui constitue ce qu’elle est, au point qu’elle ne sait plus qui elle est vraiment.

Même si, après une expérience aussi traumatisante qu’une relation avec un pervers narcissique, on ne redevient jamais exactement la même personne, on peut se reconstruire, et parfois même se retrouver, plus fort qu’auparavant.

Voici quelques pistes à explorer afin de renouer avec sa nature profonde :

  • Se recentrer. Se concentrer sur soi et ses besoins, ses sentiments.
  • S’écouter. Savoir où l’on se situe, identifier certaines limites, déterminer ce qui crée du confort ou du stress, s’appuyer sur ses forces personnelles.
  • Se respecter. (Ré)Apprendre prend du temps et tout apprentissage demande de la pratique. Commencez dès que vous vous sentez prêt en gardant en tête que ce n’est pas une course, mais un processus. Respectez votre temporalité pour évoluer à votre rythme.
  • Se réhabiliter. S’accorder le droit d’exister, d’avoir des opinions, des besoins, des valeurs, de poser ses limites.
  • Se faire confiance. La seule personne qui peut vous connaître profondément est, et restera, vous-même. Vous êtes la meilleure personne pour prendre des décisions, penser à vous et pour vous.
  • S’entourer de personnes ressources. Demander de l’aide, contacter des professionnels, des soutiens psychologiques, juridiques, financiers. La reconquête de soi est plus facile à mener lorsqu’on peut s’appuyer sur des piliers qui renforcent le processus de reconstruction.

Si vous vous dites « Je ne suis plus moi-même« , c’est que votre intuition vous prévient du risque de perte de soi. Il est temps de reprendre le contrôle de votre vie, d’éliminer les personnes toxiques et abusives de l’entourage, et de penser à vous. Vous seul êtes le gardien de votre identité, de votre puzzle, mais aussi du cadre sécurisant l’ensemble harmonieux de chacune des pièces qui vous constituent. Vous pouvez apprendre à protéger votre bastion intérieur en faisant un travail d’introspection, de préférence accompagné d’un thérapeute sérieux. Les pervers narcissiques sont connus pour leur ténacité et s’il vous semble difficile de résister à leurs assauts intempestifs, ne restez pas seul et faites vous aider par des spécialistes des troubles de la perversion. 

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