Je marche sur des œufs, mon couple est-il en danger ?

Le Reconnaitre

Temps de lecture : 6 minutes

Se dire “je marche sur des œufs” en permanence est le constat d’un climat de tension dans la relation. De là à considérer que le couple est réellement en danger, mieux vaut évaluer au préalable certains paramètres. À vous de déterminer ensuite s’il est opportun de tenter d’apaiser la situation ou si, au contraire, il est temps d’accepter que la rupture semble inévitable. Ce serait dans ce cas le signe probable que votre conjoint est toxique, voire manipulateur sentimental. Essayons d’y voir plus clair sur cet inconfort dans la communication qui crée une ambiance électrique à la maison.

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Je marche sur des œufs, mon couple est-il en danger ?

Je marche sur des œufs par peur de l’inconnu

Avez-vous tenté de déterminer ce qui vous pousse à ce point à la prudence ? Car oui, “marcher sur des œufs” veut dire “faire extrêmement attention à ne pas provoquer de conséquence désastreuse”. Lorsqu’on ne sait pas trop où on met les pieds, c’est compréhensible d’y aller à tâtons. Cela arrive fréquemment quand le couple vient de se former ou qu’un événement a bouleversé l’équilibre de la relation (deuil, naissance, licenciement, souci de santé, etc.). Mais êtes-vous la seule personne en charge du potentiel fiasco ?

Des torts à partager

Si vous êtes dans la précaution exagérée lorsqu’il s’agit d’interagir avec votre partenaire (homme ou femme), c’est que vous pensez être l’unique responsable de l’omelette géante qui s’apprête à joncher le sol en cas de faux pas. Problème : vous n’êtes pas seul dans la pièce ! En réalité, les œufs, c’est votre conjoint. Mais contrairement à de vraies coquilles pleines et inertes, si chacun de vos pas soumet une trop forte pression qui provoque des dégâts, l’autre doit lui aussi assumer sa part de torts. A-t-il manqué de patience ? Pourquoi telle parole ou telle action a occasionné de la casse à ce moment précis et non à un autre ? Est-ce un malentendu ? À l’autre de se remettre, lui aussi, en question et de venir vers vous pour clarifier la situation. Avez-vous observé des efforts de sa part en ce sens ? Participe-t-il à la prise en charge de responsabilité ? Si la réponse est non, vous êtes peut-être face à quelqu’un qui manque d’empathie. Restez en alerte !

La barrière de l’autocensure contre la construction durable du couple

C’est une erreur que de vouloir porter tout seul la relation de couple. Si celle-ci est récente, c’est sans doute par méconnaissance du nouveau compagnon que vous veillez à ne pas le froisser ou le décevoir. Vous voulez vous montrer sous votre meilleur jour et c’est tout à fait compréhensible et courant en phase de séduction appelée aussi “lune de miel”. Mais en vous focalisant uniquement sur ses potentielles réactions, vous cherchez à vous adapter à l’autre et vous vous oubliez. Or, poser ses limites face à autrui établit la base de la connaissance et du respect de l’individu.

Par une attitude trop prévenante, vous essayez de contenir le comportement de votre moitié, mais vous la dispensez surtout de sa capacité d’autorégulation. Si vous n’agissez pas naturellement, en accord avec votre ressenti et vos émotions, vous reniez à l’autre la possibilité de se confronter à vos émois. La “lecture” de votre vraie personnalité est donc plus difficile. S’il ne sait pas qui vous êtes réellement, comment pourrait-il vous aimer durablement ? Demandez-vous honnêtement si vous n’avez pas un défaut d’estime de vous-même qui vous pousserait à jouer la femme ou l’homme parfait dans le but d’obtenir une validation extérieure plutôt qu’en vous-même. Une fois ce travail d’observation qu’il faut souhaiter le plus objectif possible effectué, vous pourriez bien vous rendre compte que ce n’est pas vous le problème…

J’évite les faux pas parce que je connais leurs conséquences

Être sur le qui-vive permanent au sein de son couple parce qu’on sait, pour l’avoir vécu à plusieurs reprises, à quel point l’ambiance peut devenir explosive est une situation hautement stressante. Cette forme d’abus émotionnel témoigne de la toxicité d’une relation. Elle peut même être voulue et orchestrée par votre conjoint s’il s’avère être un pervers narcissique. En effet, en l’absence de circonstances atténuantes ou autres facteurs extérieurs expliquant la survenue des tensions, les laisser durer aura forcément des conséquences néfastes.

La communication à sens unique

Que le langage soit verbal ou corporel, la communication se fait toujours au moins à deux. Le messager et le destinataire doivent être dans l’échange et l’équité sinon, c’est un monologue qui se dissout dans le vide. En ce qui concerne la personne ayant l’impression de marcher sur des œufs, on imagine aisément qu’elle s’est adaptée à son interlocuteur. Qu’il ait exprimé sa mauvaise humeur par le silence dédaigneux, les regards accusateurs, un ton sarcastique, de l’ironie ou bien par de la violence verbale, physique ou sexuelle, son message a effectivement été reçu et a provoqué un effet rédhibitoire chez l’autre.

Le renversement des rôles

Mais lorsque c’est la personne la plus conciliante des deux qui tente de faire part de son ressenti, souvent dans le but de désamorcer les tensions, elle est rarement écoutée. Pire : elle voit en général la situation se retourner. Elle devient la fautive, la lunatique, l’hystérique, la maladroite, la provocatrice, bref : la coupable. Tant et si bien qu’elle se renferme et n’ose plus faire entendre sa voix. C’est cette peur de provoquer le courroux de son conjoint, mêlée à la conviction qu’elle est la seule à blâmer qui lui impose la prudence et l’effacement par la suite. Elle trouve même à la place de son partenaire des excuses à ses mensonges, sa mauvaise foi et son agressivité. La capacité de jugement de la victime finit par être plus brouillée que des œufs !

Comment arrêter de marcher sur des œufs et mettre les pieds dans le plat ?

La guerre froide (et qui plus est, la guerre ouverte) n’a pas sa place au sein du foyer, à plus forte raison quand des enfants sont témoins des scènes de conflits. Marcher sur des œufs peut être un mécanisme de défense nécessaire face à une situation inédite et temporaire, mais c’est tout. Pour mettre fin au plus vite à l’inconfort, il faut impérativement arrêter de prendre sur soi, car c’est ni plus ni moins de la soumission.

La tyrannie aura des chances de cesser en mettant les pieds dans le plat. Pour cela, il faudra veiller à faire preuve d’assertivité en parlant de soi avant tout, sans se substituer à la parole de l’autre. C’est-à-dire qu’il faudra expliquer en quoi la situation vous affecte et désigner clairement le type de comportements que vous ne tolérez plus. Si votre conjoint tient à vous, il doit comprendre qu’il a mal agi. Si c’est un manipulateur sentimental sadique, il n’y a aucun espoir d’amélioration. D’ailleurs, si vous êtes persuadé que votre partenaire est un PN, inutile de créer la discussion. Il se débrouillera pour semer le doute dans votre esprit et vous convaincra de rester, au détriment de votre santé mentale et physique.
Faites appel à un psy pour entreprendre votre démarche de réaffirmation de vous-même. Travaillez sur votre dépendance affective si vous pensez avoir fait l’équilibriste sur coquille depuis trop longtemps.

Je marche sur des œufs” traduit exactement ce que vivent au quotidien les victimes de pervers narcissiques. Si vous vous trouvez dans cette situation depuis peu, posez-vous des questions sur la source de ce malaise. Mais si vous portez cette angoisse permanente en vous depuis trop longtemps, il y a fort à parier que vous subissez de la maltraitance conjugale. Entourez-vous de ressources pour vous aider à vous libérer de cette charge mentale considérable soit par la séparation, soit par une bonne explication avec votre conjoint, à condition que celui-ci soit bien intentionné.

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