Le verrouillage

verrouillage-psychologique

Le verrouillage psychologique est une technique de manipulation mentale à replacer dans le cadre global de la communication du pervers narcissique. Par le biais des mots et du discours, il va consister à enfermer la victime sur elle-même, à double tour, et à avaler la clé. Un procédé qui la dissuade d’argumenter, de résister, et aussi de penser.

Verrouillage psychologique et manipulation

Le verrouillage psychologique est l’une des multiples techniques manipulatoires qu’un pervers narcissique utilise pour maintenir sa victime dans une véritable dictature psychologique.

D’une part, il sert à la mise sous emprise et correspond à l’étape où il décide de s’accorder les pleins pouvoirs.
D’autre part, le verrouillage psychologique figure aussi un mécanisme de défense nommé clivage en psychanalyse. Autrement dit, le pervers se divise en lui-même en « culpabilité » et « plaisir de détruire ». Incapable de ressentir la moindre culpabilité, il mise tout sur le second versant, le plaisir de la destruction. Et pour détruire, il faut mettre sa proie sous sa domination, la verrouiller donc.

En grand séducteur, il va manier pour cela le verbe, terrain où il montre généralement de brillantes aptitudes. Comment ? En piégeant la victime par le discours et en l’enfermant dans ses propres contradictions. Il l’use ainsi en vaines rhétoriques où il a toujours le dernier mot :

« Tu crois ta meilleure amie quand elle te dit que tu devrais me quitter, car je suis un manipulateur, mais je te signale que tu es libre de partir, vas-y, quitte-moi si tu veux ! Si tu la crois vraiment, qu’est-ce que tu fais encore là avec moi ? ».

Un verrouillage psychologique s’installe parce que la victime est confuse et commence à douter d’elle-même. Le pervers manipulateur n’hésitera pas en plus à jouer sur ses propres valeurs qu’il sait très bien retourner contre elle. Les effets de cette manipulation dépassent la simple confusion pour aboutir à une sorte de sidération et de prostration. La victime ne sait plus qui elle est elle-même, puisque ses pensées ne lui appartiennent plus. L’impact psychologique est très fort : sa dépendance au pervers devient totale.

Le double mind ou la double contrainte

On peut inclure dans le verrouillage psychologique, la pratique du message paradoxal, le fameux « double mind » des anglophones, que l’on appelle aussi le discours à double contrainte. Il désigne les propos où l’on dit une chose, pour en faire comprendre une autre, comme un : « Je te remercie » dit d’un ton ironique. Il peut s’agir aussi de donner des ordres absurdes ou formuler des demandes impossibles : un pervers narcissique peut s’ingénier à demander à sa victime : « Je voudrais que tu fasses ceci, mais je voudrais que cela vienne de toi, et pas parce que je te le demande ! » Si l’autre le fait, cela lui sera reproché et s’il ne le fait pas, cela lui sera reproché quand même.
Le message paradoxal est un écueil de la communication que le pervers manipulateur utilise à ses propres fins. Il lui sert à écraser froidement sa victime et à contrôler ses affects, afin de rétablir sa toute-puissance dans le conflit. Quelle que soit la façon dont elle s’y prenne, elle sera toujours en tords, car dans tous les cas, elle est manipulée.

Alors comment parler avec un pervers narcissique ?

Le verrouillage psychologique ou le « double mind » sont des pratiques manipulatoires qui ponctuent la communication du pervers narcissique. Ils illustrent parfaitement que ce personnage refuse tout processus de communication réel, préférant lui substituer une relation de toute-puissance où il a plaisir à contrôler sa victime pour faire d’elle son objet.

Le verrouillage rentre donc dans ce jeu et correspond à une vraie manipulation émotionnelle. La violence psychologique naissant pour la victime, du fait que ses tentatives d’expression et sa souffrance soient étouffées, ignorées, comme un raccourci qui lui signifie : « Tu n’existes pas ».

C’est là un signe distinctif de la communication perverse, qui s’attache à transformer le besoin de s’exprimer de la victime, en arme qui servira à la bâillonner. Le pervers narcissique possède une spécialité pour cela : la fuite de toute communication directe et des problèmes à résoudre. Et il emploie à ce titre, toujours les mêmes moyens.

  • Le premier est d’user d’un langage volontairement flou, invérifiable, qui sème le doute et trouble immanquablement la conscience des victimes. Il sait aussi avoir recours à toutes sortes de stratégies, comme changer de sujet, répondre à côté de la question ou se mettre soudain à parler au téléphone avec une autre personne. En grand menteur pathologique, il jongle aussi avec les mensonges, prétendant avoir dit noir, alors qu’il a dit blanc, pour finir par prétendre qu’il n’a rien dit du tout.
  • Il déforme ensuite systématiquement les propos de ses victimes, leur prêtant toujours les pires intentions.
  • Il aime par-dessus tout brouiller les pistes, de façon à ce que l’autre ne comprenne même pas son discours. Il n’hésitera pas pour cela à faire étalage de termes savants (même s’il les invente), où il noiera son auditoire, de manière à faire naître un certain sentiment d’infériorité qui coupera court à toute réplique.
  • L’un de ses stratagèmes les plus redoutables est de se poser en victime, avec le renversement des rôles et le travestissement de la vérité. Les victimes s’engluent en général dans la culpabilité et perdent leurs convictions et leur discernement.

Il faut savoir que la communication d’un pervers narcissique avec sa victime s’alimente de cette osmose qu’il a créée avec elle eu départ, et qui, inconsciemment, lui a permis d’identifier ses failles narcissiques. Il bâtit ensuite sa communication avec elle sur cela, en créant une forme de langage qui appuiera là où cela fait mal. Cette communication est souvent comprise par les seules victimes, car elle n’est pas constituée de mots clairs, mais d’inductions, de silences et de lourds sous-entendus qu’elles subissent au niveau émotionnel.

Verrouillage, double mind, messages non-verbaux : en réalité, rien n’est jamais clair dans la communication d’un pervers narcissique. Les victimes ont au final tout intérêt à rester silencieuses pour ne pas lui révéler d’arguments qu’il utilisera à leur détriment. Communiquer ne sert chez lui qu’à manipuler.

Lire aussi : la culpabilisation et la dépendance affective et manipulateur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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