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Caroline

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Caroline, 46 ans, infirmière libérale et mère de trois enfants, a vécu 26 ans aux côtés d’un homme qui l’a méthodiquement détruite. Mensonges, tromperies, indifférence face à la maladie et au deuil, manipulation des enfants… Son témoignage illustre avec une précision clinique les mécanismes de l’emprise psychologique et le courage qu’il faut pour s’en libérer.

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« J’ai envie de vous raconter mon histoire »

J’ai aujourd’hui 46 ans et trois enfants que j’adore. Leur père, pour faire court, est ce que les spécialistes appellent un pervers narcissique. Un malade qui m’a volé 26 ans de ma vie.

Depuis 27 mois maintenant, je suis en instance de divorce. Et ça se passe très, très mal. Monsieur possède une entreprise de 20 salariés, énormément d’argent dans sa famille. Moi ? Rien. Sauf l’amour et le soutien inconditionnel de ma famille — ce qui est déjà beaucoup.

26 ans de mensonges. 26 ans de douleurs. 26 ans de tromperies. Et toujours, toujours de ma faute, bien entendu. C’est le propre de la manipulation par inversion accusatoire : la victime finit par croire qu’elle est responsable de tout.

L’indifférence comme arme de destruction

Trois ans sans me toucher. Trois ans à me demander : « Mais qu’est-ce que j’ai fait ? » La réponse, je la connais maintenant : rien. Je n’avais rien fait. C’était simplement sa façon de me maintenir dans le doute, dans la dépendance affective, de me faire quémander une affection qu’il ne donnerait jamais.

Le deuil de mon père : son absence totale d’humanité

De mars à juillet 2015, mon papa a été emporté par un cancer du poumon en à peine quatre mois. Pendant toute cette période, Monsieur ne m’a pas une seule fois demandé comment j’allais. Ni à moi, ni aux enfants.

Je tiens à préciser que je suis infirmière libérale. Accompagner la fin de vie de mon propre père tout en continuant à exercer mon métier, c’était physiquement et psychologiquement épuisant. Mais je n’avais droit à aucun soutien de la part de celui qui était censé être mon mari.

Et puis il y a eu ce jour. Le 15 juillet 2015. La veille du décès de mon père.

Il me dit : « On se retrouve où demain aux Vieilles Charrues ? »

Mon père agonisait. Et lui pensait au festival.

« C’est une blague ? » ai-je demandé.

« Ah non, pas du tout. »

Je lui ai répondu : « Si tu oses pointer ta personne là-bas, je divorce. » Je pense que ça l’aurait arrangé, en fait. Sauf que mon papa est mort le lendemain matin, à 8 heures. Il n’a pas osé y aller, je suppose.

Le travail de sape : 25 ans d’usure invisible

Ce que je n’avais pas compris, c’est que cette indifférence, ce mépris, ce dénigrement constant… je les subissais depuis 25 ans. Je ne le savais simplement pas. C’est le principe même de l’emprise : elle s’installe si progressivement qu’on ne la voit pas.

Pour moi, c’était la descente aux enfers. Surtout de n’être pas comprise.

« Ouais, t’es qu’une ouin-ouin, toujours à te plaindre… »

C’est ce qu’on appelle l’invalidation émotionnelle : nier systématiquement la légitimité des émotions de l’autre jusqu’à ce qu’il doute de sa propre perception de la réalité.

La maladie : quand le corps parle

Entre-temps, j’avais développé un gros problème de peau qu’aucun médecin ne parvenait à diagnostiquer, malgré quatre biopsies douloureuses. Le stress chronique, l’épuisement psychologique finissent toujours par s’exprimer dans le corps.

Et lui ? Sa réponse ?

« De toute façon, c’est dans ta tête. T’es complètement folle. »

C’est du gaslighting pur et simple : faire douter la victime de sa propre santé mentale, de sa propre perception de la réalité. Le problème avec ces gens-là, c’est qu’ils vous manipulent tellement que vous finissez par les croire.

Finalement, le diagnostic est tombé : lymphome.

J’ai demandé à Monsieur de m’accompagner chez le médecin pour l’annonce du diagnostic. Réponse : non, il reprenait « soi-disant » le travail ce jour-là, il était débordé.

On m’a donc annoncé toute seule que j’avais un cancer. Comme une grande.

Quand je suis rentrée à la maison : rien. Aucune réaction. Le vide émotionnel total qui caractérise les personnalités narcissiques.

🔍 Éclairage clinique

L’indifférence face à la maladie d’un proche est un marqueur caractéristique du trouble de la personnalité narcissique. Le pervers narcissique est incapable d’empathie authentique. La maladie de sa partenaire représente pour lui un « inconvénient » qui détourne l’attention de sa propre personne. Cette absence de soutien dans les moments critiques (deuil, maladie) constitue une forme de violence psychologique par omission.

La rupture orchestrée : tout perdre en un jour

Août 2016. Il avait refusé qu’on parte en vacances tous ensemble. Parce qu’il avait honte de moi.

Je suis donc partie seule avec mes deux aînés (mon dernier était en stage). Et là, mes ex-beaux-parents me sont tombés dessus. Insultes à gogo. La famille du pervers narcissique fait souvent corps avec lui contre la victime désignée.

Le 4 septembre 2016, à 17 heures, Monsieur me dit : « Je te quitte, c’est fini. »

Le timing était chirurgical :

  • La veille de la rentrée de notre fils aîné dans une école supérieure à Caen
  • La veille de la rentrée du petit au pôle espoir à Rennes (il avait 11 ans)

Du jour au lendemain, je me suis retrouvée seule avec ma fille à la maison. On est passés de cinq à deux en 24 heures.

Permettez-moi de vous dire que c’est extrêmement difficile et douloureux.

La révélation : quand la vérité éclate

J’emmène mon fils à Caen. Pas évident pour un jeune bachelier de se retrouver comme ça, du jour au lendemain, dans une ville inconnue. Mon mari m’avait quittée la veille, je vous rappelle.

Et là… Oui, vous pouvez mettre vos lunettes, approchez-vous bien de votre écran, parce que ce que je vais vous raconter est inimaginable.

Ce jour-là, une de ses maîtresses m’a écrit sur Messenger :

« Je connais votre mari depuis un an. On s’est rencontrés sur un site de rencontres. Il m’a trompée, il est avec une certaine X. Il vous traitait de « dragon » et criait haut et fort que vous étiez en hôpital psychiatrique… que vous n’aviez plus le droit d’approcher vos enfants. »

Voilà comment il parlait de moi. La mère de ses trois enfants. Celle qui l’avait accompagné pendant 26 ans.

J’ai demandé le divorce dès le lendemain.

Le harcèlement post-séparation : le combat continue

Depuis, il me harcèle. Mais je ne lâche pas.

Il y a eu ces moments où, malgré tout, j’essayais de rester debout. Pour les enfants. Pour moi. Mais à chaque fois que je me relevais, il trouvait une nouvelle façon de me faire tomber. Le harcèlement, les mensonges, les accusations… c’était incessant.

Je ne savais plus qui j’étais.

Vous savez, c’est comme si quelqu’un s’acharnait à effacer votre reflet dans le miroir, jusqu’à ce que vous ne reconnaissiez plus votre propre visage. C’est exactement ce que décrivent les victimes d’emprise : cette perte de soi, cette dépersonnalisation progressive.

L’aliénation parentale : le venin dans le cœur des enfants

Et les enfants… Ah, mes enfants. Ils étaient tout pour moi. Mais même là, il a réussi à infiltrer son venin.

Il les montait contre moi. Il plantait des doutes dans leurs esprits innocents. Une fois, il leur a même dit que je ne les aimais pas vraiment, que je faisais semblant pour les garder près de moi.

Vous imaginez la douleur que ça m’a causée ? Voir leurs regards interrogateurs. Eux qui ne savaient plus quoi penser.

C’est ce qu’on appelle l’aliénation parentale : utiliser les enfants comme arme contre l’autre parent, créer un conflit de loyauté dévastateur dans leur psychisme.

L’inversion des rôles : le manipulateur en victime

Il a continué à manipuler, à se poser en victime. Devant les autres, il jouait le rôle du père parfait, de l’homme brisé par une femme instable.

Et moi, enfermée dans ma douleur, je n’arrivais même plus à me défendre. Chaque mot que je prononçais semblait se retourner contre moi. Chaque geste devenait une « preuve » de son récit toxique.

C’est le masque social du pervers narcissique : impeccable en public, destructeur en privé. Et c’est ce qui rend si difficile le fait d’être crue quand on témoigne.

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La reconstruction : retrouver cette étincelle qu’il n’a pas réussi à éteindre

Mais je me bats. Chaque jour.

Parce que je refuse de le laisser gagner. Je refuse qu’il vole davantage de ma vie, de celle de mes enfants.

J’ai appris à me reconstruire, petit à petit. À m’entourer de gens qui m’aiment et qui me rappellent que je vaux quelque chose.

Parce que c’est ça, la clé, je crois : retrouver la force en soi. Cette petite étincelle qu’ils n’ont pas réussi à éteindre. Pas complètement.

Aujourd’hui, je ne suis pas encore guérie, mais je vais mieux. Je ne vis plus dans cette peur constante, ce sentiment d’être toujours sur le point de m’effondrer.

Et pour cela, je suis reconnaissante. À celles et ceux qui m’ont tendu la main. À mes enfants qui m’inspirent chaque jour. Et surtout à moi-même, pour avoir eu le courage de dire : ça suffit.

Et les enfants ? Ils ne lui pardonnent pas.

📌 Ce que révèle ce témoignage

L’histoire de Caroline illustre les mécanismes classiques de l’emprise narcissique :

  • L’indifférence émotionnelle : absence totale de soutien dans les moments critiques (deuil, maladie)
  • Le gaslighting : « C’est dans ta tête, t’es folle »
  • L’inversion accusatoire : tout est toujours de la faute de la victime
  • La double vie : tromperies multiples, mensonges à l’entourage
  • La diffamation : « Elle est en hôpital psy, elle n’a plus le droit de voir ses enfants »
  • L’aliénation parentale : manipulation des enfants contre l’autre parent
  • Le harcèlement post-séparation : la rupture ne met pas fin à l’emprise
  • Le timing sadique : quitter la veille de la rentrée des enfants

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Note : Ce témoignage a été recueilli et reformulé avec l’accord de Caroline pour en améliorer la lisibilité tout en préservant l’authenticité de son vécu. Les prénoms et certains détails ont été modifiés pour protéger l’anonymat.

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