Quand le manipulateur part définitivement

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Quand le manipulateur part définitivement, ce n’est qu’à la faveur d’événements particuliers. En effet, un pervers manipulateur répugne à lâcher sa proie, victime expiatoire de son narcissisme blessé. Que se passe-t-il donc alors lorsqu’il y consent ? Voyons les différents cas de figure.

Quand le manipulateur part définitivement : premier cas

Quand le manipulateur part définitivement, c’est, le plus souvent, lorsque sa proie n’est plus suffisamment docile et qu’elle ne devient plus manipulable. Cela se produit quand elle sort de l’emprise et commence à ouvrir les yeux sur la vraie nature de ce compagnon. Le manipulateur s’en va alors, mais pourquoi ?

Parce que perdre une emprise pour lui est un traumatisme qu’il faut assimiler à une fin de règne. Sa proie n’a plus peur, elle devient capable de lui dire « non », ne se laisse plus harceler, ni même culpabiliser : elle ne le rassure plus. Pire : elle l’inquiète. Elle lui montre, en un sens, qu’il n’est plus celui qu’il croit, le plus beau, le plus grand, le plus fort ! C’est une expérience pour lui hautement anxiogène, voir même terrifiante, et qui explique qu’il va « lever le siège ». Il fuit donc mais part en quête d’une solution de rechange, soit d’une nouvelle proie qui va lui permettre de survivre. Il lui faut, en effet, vite récupérer une emprise lui permettant de se sentir vivant à nouveau pour  se sentir puissant. Toute victime n’a pour lui qu’une simple valeur utilitaire et est, à ce titre, complètement interchangeable (même s’il existe des proies plus « valorisantes » que d’autres). Un manipulateur en a toujours un petit échantillon sous la main, qui lui permet de retomber sur ses pattes quand il est démasqué. Soyez toujours sûr que quand un manipulateur part définitivement, il ne part jamais seul…

Autre raison qui fait fuir les manipulateurs : ils vivent dans cette peur très particulière d’être démasqués. Peur qui se concrétise lorsque la  victime sort de l’emprise. Elle renoue alors avec son entourage, des personnes (souvent sa famille) qu’il avait réussi à écarter ou à subjuguer. Il commence ainsi à craindre que son masque ne soit publiquement jeté à terre : certainement pour lui, la pire humiliation.

La victime qui s’est libérée de l’emprise peut se débarrasser de la présence toxique du manipulateur dans sa vie, mais attention, cela ne signifie pas pour autant qu’elle est exonérée de sa vengeance. Le manipulateur pervers narcissique, grand séducteur, peut toujours revenir, des mois voire même des années plus tard, pour tenter de la faire retomber à nouveau. Dans le cas où il est lié avec elle par des enfants, c’est au travers d’eux qu’il continuera de la faire souffrir.

Second cas : quand le manipulateur s’est lassé

Quand le manipulateur part définitivement, c’est aussi lorsque sa proie a perdu tout intérêt à ses yeux. Quand cela peut-il se produire ? Il n’y a pas de règles précises, un pervers pouvant se lasser en quelques mois, comme partir au terme d’une longue vie conjugale.

Il faut chercher la raison de son départ ailleurs, dans la dynamique propre à la relation. Pour être en relation avec un être narcissique, la victime doit avoir de quoi le nourrir, soit être à même de produire une réaction qui entretient sa stimulation en lui procurant la jouissance de se sentir tout-puissant. Face à une victime épuisée et qui devient inerte, l’équilibre est rompu : le prédateur reste sur sa faim. Il quitte alors définitivement cette proie qu’il juge avoir vidé et qu’il rejette comme une peau morte. Il n’aura pas le moindre égard, pas la moindre considération pour elle, sa seule préoccupation étant d’assurer « la relève ». Il aura, à ce stade déjà préparé les choses, avec une nouvelle proie élue prête à rentrer dans sa vie.
Pour que tout se déroule sans fausse note, il a aussi une autre préoccupation : préserver les apparences, de façon à ce que ce changement ne remette pas en cause le personnage lisse et parfait qu’il incarne à l’extérieur. Pour cela, il va culpabiliser le partenaire qu’il quitte, le rendant responsable de la rupture, de manière à lui faire endosser tous les torts. Il prend soin aussi de gagner l’entourage à sa cause, en se faisant passer pour une victime, comme à son habitude.

Quand le manipulateur part définitivement après avoir vidé sa proie, il la laisse derrière lui totalement broyée. La jugeant inutile, il peut même aller jusqu’à encourager un suicide, car ce scénario l’arrange souvent. Il peut alors jouer le conjoint ou la conjointe éplorée versant de fausses larmes, tout en se réjouissant d’être débarrassé d’un ou d’une partenaire devenu encombrant.

On le voit donc : mieux vaut donc quitter le manipulateur avant qu’il ne vous quitte, car il ne laisse derrière lui que des proies exsangues, quand il en laisse… Cela doit faire réfléchir les victimes qui souffrent et qui ne parviennent pas à se détacher de leur bourreau. Un bon soutien psychologique, amical et parfois judiciaire, peut pourtant les aider progressivement à s’extraire de l’enfer et à choisir pour elles, le bon moment pour partir.

Pascal Couderc, psychanalyste et psychologue clinicien, accompagne les victimes qui souhaitent renouer avec la vie en sortant de l’emprise d’un partenaire manipulateur et toxique.

Lire aussi : Comment réagit le pervers démasqué et le harcèlement post-séparation

Pascal Couderc

Psychanalyste, psychologue clinicien Montpellier et Paris et en téléconsultation pour les francophones partout en France et dans le monde.

Pascal Couderc en visio consultation

 

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