La culpabilisation fait partie des ressorts de la manipulation affective. Il est difficile de se libérer d’un pervers narcissique tant que l’on reste prisonnier de ce sentiment complexe. La thérapie aide à remonter à ses sources pour la relier aux abus dont l’on est victime quand une emprise perverse s’installe.

Culpabilité, faille narcissique et pervers narcissique

 

Pour se libérer d’un pervers narcissique, il faut arriver un jour à sortir de ce sentiment hautement toxique qu’est la culpabilité.
La culpabilité crée un trouble inextricable, dans lequel les victimes s’empêtrent. Elle surgit sous la forme d’une souffrance émotionnelle, perturbante à un double niveau. Elle est d’abord une injustice, car celui ou celle qui en est saisi, peut la ressentir tout en se sachant malgré tout innocent. Mais, mystérieusement, il reste prisonnier de son affect. Certaines victimes d’un pervers narcissique vont s’accuser elles-mêmes de ce que leur bourreau leur reproche, mais pas toutes… Double injustice : ce sentiment, qui n’est pas justifié, tient tout d’un harcèlement interne qui empêche d’agir. Il finit par rendre honteux et apathique. Comble de l’ironie, certaines victimes en viennent à culpabiliser « de culpabiliser »… Bref, c’est un cercle vicieux, menant droit à la dévalorisation et au déni de soi.

Lorsque l’on suit une thérapie, pour se libérer d’un pervers narcissique, le travail thérapeutique mettra à nu la faille narcissique par laquelle ce sentiment négatif fraie son chemin de manière insidieuse. Rappelons ce qu’est cette faille. On peut la définir comme une incomplétude de l’individu, née dans sa relation originelle à la mère, qui n’a pas servi de relais affectif pour le relier au monde. Mais cette absence n’est pas seule en cause. Des accidents comme les abus narcissiques visant à faire d’un enfant un faire-valoir, un bouc émissaire ou un confident sont aussi fréquemment responsables. Les conséquences sur le caractère de l’adulte se solderont par une incapacité à s’aimer, des complexes d’infériorité et une tendance à se rabaisser et à culpabiliser sur le plan relationnel.
Il est à noter que cette tendance à supporter le joug de l’autre peut faire souffrir les individus, avant même de rencontrer un partenaire destructeur. Elle peut être inconsciente et enfouie, mais une relation toxique avec un manipulateur la révélera toujours.

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Une souffrance partagée ?

 

À l’origine, le pervers narcissique et sa victime seraient tous 2 porteurs d’une faille semblable et qui les réunit. On parle souvent du redoutable instinct du pervers, qui ressent parfaitement chez l’autre les manques et les faiblesses. Et de fait, ceux-ci seraient aussi les siens. Mais la structuration de la personnalité ne s’est pas faite sur les mêmes bases : là où la victime cherche à supporter son partenaire pour en être inconsciemment aimé, lui est en quête de domination primaire pour s’aimer lui-même. Si l’un fait subir l’enfer à l’autre, c’est que ces 2 la n’habitent pas la même planète, et pourtant, les victimes ne cessent de culpabiliser.

Se libérer d’un pervers narcissique et de la culpabilité

 

Un narcissique manipulateur règne sur sa proie comme un véritable tyran. Il la consacre toujours, à un moment où à un autre, comme responsable de tous les maux. La manipulation mentale consiste à taper là où cela va faire mal : dans la faille narcissique de l’autre.

C’est au sein de la relation, notamment pour en souligner les travers, qu’il manie le mieux la culpabilisation. Les pervers narcissiques ont la particularité de pousser la perversion jusqu’à rendre leurs victimes responsables de leur propre violence, qu’ils parviennent à légitimer de la sorte. « Je ne voulais pas faire cela, regarde, c’est toi qui m’y a obligé ! ». Un manipulateur narcissique tient du grand enfant, incapable de réfréner ses pulsions, mais totalement inapte à en assumer les conséquences. Les responsables pour lui, ce sont les autres. Du haut de son narcissisme, le pervers narcissique découvrant qu’il n’est pas Dieu, cherche à pincer un bouc émissaire, et un bouc émissaire qui lui ressemble : son ou sa partenaire.

Une psychothérapie ou une psychanalyse s’effectuent sous le regard bienveillant d’un psy (psychanalyste, psychiatre), habitué aux pratiques des manipulateurs, telle que la culpabilisation. Cela est aussi l’occasion de remettre à plat les valeurs transmises par l’éducation et de revoir sa conception du bien et du mal, pour se débarrasser de croyances qui font souffrir. La culpabilité est un poison, il ne faut pas attendre d’être victime d’un partenaire malsain pour s’en délivrer.

Pascal Couderc exerce la psychanalyse depuis plus de 30 ans. Il est spécialiste de la perversion narcissique et de toute relation d’emprise ou d’addiction.
Pour le contacter, c’est ici.

 

Pervers-narcissique.com

Par Pascal Couderc, Psychanalyste, Psychologue Clinicien , Paris, Montpellier, Visioconsultations

 

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