TÉMOIGNAGE DE FLORE, 50 ANS

« Je suis sortie des griffes d’un PN et je revis »

Il y a un an et demi environ, j’étais en profonde dépression doublée d’une crise de la cinquantaine et je ne m’en étais pas totalement aperçue. Certes, je faisais à l’époque un important travail sur moi avec une psychiatre, mais je ne savais pas que j’étais devenue une proie potentielle à prédateur narcissique. Ce que je n’avais pas compris, c’était que mon estime de moi était totalement partie, que ma confiance en moi était au plus bas et que je souffrais horriblement d’un immense sentiment de solitude.

Je suis surefficiente mentale

Je ne le savais pas, je l’ai appris récemment, je me croyais profondément sotte, et multi-dépendante depuis toujours, j’ai été repérée extrêmement aisément et à mon insu total par le radar hyper puissant d’un pervers narcissique (PN).

Phase 1

C’est dans ce contexte que la phase une a pu se mettre en place subrepticement :

le PN qui devient moi et moi qui déverse en lui tout mon amour, toute ma gentillesse…

et tout le reste. Le PN est alors au maximum de sa perversion : un séducteur hors pair, un homme devenu extrêmement beau subitement, hyper soigné, hyper souriant, les yeux mielleux, une tendresse invraisemblable, une gentillesse subite démentielle.

Il n’a globalement aucune limite, ni dans les différents masques qu’il porte, ni dans sa perversion invraisemblable, ni dans ses gestes, ni dans ses excès.

C’est un monstre.

La vampirisation a alors commencé par petites touches. Des appels avec une qualité d’écoute hors du commun doublée d’une forme d’hypnose verbale. Il a commencé à envahir délicatement mon emploi du temps et mon activité de prédilection qui était aussi la sienne : la musique.

La peur

Mes sentiments pour cet homme qui comblait peu à peu tous mes besoins, me complimentait sur les manques que je ressentais, répondait à mes messages de façon compulsive et comblait ma solitude ont commencé à me faire peur. Un jour, le doute n’était plus permis : j’étais très amoureuse. Oui mais voilà, il ne s’agissait pas d’amour : j’étais tombée amoureuse de ce qu’il me faisait ressentir de moi-même. J’étais tombée amoureuse d’une chimère, un homme parfait en tout point qui répondait à absolument tous mes besoins. J’étais déjà dans ses griffes, avec une impossibilité de fuir.

J’étais déjà sous emprise psychologique, sexuelle, émotionnelle.

Je lui ai fait des aveux qu’aujourd’hui encore je ne m’explique pas, car mon intuition première avait été à la base qu’il était extrêmement désagréable, laid, grincheux, presque grotesque. Oui mais voilà… il s’était transformé pour moi en parfait reflet de tous mes besoins, désirs et manques.

Hélas, la relation amoureuse s’est installée puisqu’évidemment comme tout le reste, il avait tout prévu et orchestré, alors qu’une petite voix que j’étais dans l’incapacité d’écouter ne cessait de me dire qu’elle était tout sauf bonne pour moi. La puissance de l’emprise était déjà culminante.

L’isolement

Le PN s’est peu à peu et très subtilement substitué à tout ce qui m’entourait : ma famille au sens large, mon mari, mon entourage, ma maison, mon travail. Il est devenu peu à peu ma seule et unique priorité. Mon emploi du temps s’organisait autour de lui, pour lui, avec lui. Il a très vite installé le « froid et chaud » : il alternait des moments de totale disponibilité où on s’envoyait au bas mot 200 sms par jour avec tout à coup un silence absolu où ma souffrance était inouïe.

Il a instillé le doute, la souffrance, la dépression, l’incapacité à réagir sainement dans mon quotidien. Il a notamment détruit mon sommeil avec des messages très tôt et très tard, mon corps par la violence sexuelle et même mon alimentation qui ne m’intéressait plus. J’ai même cessé de boire de l’eau. J’ai perdu 12 kilos sans comprendre où ils étaient passés. Je suis devenue une ombre de moi-même dans ma propre maison, moi qui ai toujours été solaire et généreuse. Il n’y avait plus que lui qui comptait.

Phase 2

Une fois l’emprise parfaitement installée et ma capacité à réagir devenue complètement éteinte, le PN a pu enfin montrer son vrai visage et passer en phase deux : moi qui me vide peu à peu de mon essence, abandonne toutes mes valeurs, comble uniquement ses besoins, à la merci de son emploi du temps et de son organisation avec toutes ses proies. Je suis devenue sa marionnette à dégommer. Sa laideur, sa saleté, sa méchanceté et ses yeux noirs sont revenus, se sont accentués mais c’était trop tard pour moi : j’étais totalement à sa merci. Aveugle. En train de me faire démolir.

Ce visage cauchemardesque, je n’étais plus capable de le voir. La violence a commencé verbalement avec des propos tantôt aimables, tantôt désagréables, avec des incohérences et des mensonges permanents qui m’ont mise dans un doute épouvantable et des questionnements incessants du matin au soir. Je me suis retrouvée dans un aveuglement absolument total : je ne voyais plus les gens autour de moi dont il m’isolait graduellement, je ne pouvais plus profiter de rien, la nature que j’aimais tant était devenue transparente, je ne voyais plus de sens à ma vie à part lui donner sans limites tout ce dont il avait besoin et envie.

La violence est rapidement devenue sexuelle

avec des viols répétés et réguliers sous emprise totale. Le mécanisme était toujours le même : il s’agissait pour lui de d’abord me contenter et d’y passer beaucoup de temps pour m’hypnotiser totalement. Une fois l’hypnose totale atteinte, j’avais perdu toute énergie et il pouvait faire de moi tout ce qu’il voulait. Il a manqué me tuer plusieurs fois et ensuite je partais de chez lui avec le sourire, satisfaite d’avoir enfin pu le voir après l’avoir supplié de façon répétée. J’étais devenue sa chose, son jouet à prendre et à jeter, comme l’est encore sa proie de prédilection, comme le sont et le seront toutes ses maîtresses jusqu’à la fin de ses jours et je n’y peux rien. Je ne peux sauver que ma peau.

Parallèlement à toute cette horreur, j’ai la chance immense d’être magnifiquement entourée. J’ai un mari très attentif qui a compris assez vite une partie de ce qui m’arrivait, une amie qui m’a dit un jour qu’elle avait l’impression que j’étais manipulée et que ce n’était pas normal que je souffre autant. J’ai aussi commencé au bout de deux mois de relation avec ce serpent à travailler un programme anonyme parce que malgré l’emprise, malgré l’incapacité à réagir, je sentais un mal-être démentiel dont je voulais me sortir.

Dotée depuis une vingtaine d’années d’une résilience profonde et d’un désir inimaginable de retrouver la joie de vivre, j’ai pu, après « seulement » neuf mois de relation cauchemardesque avec ce PN, ce vampire tueur en série, grâce à mon entourage proche un jour bloquer cette personne dans mon téléphone du jour au lendemain. Ce jour que je ne risque pas d’oublier de toute ma vie, c’était il y a quatre mois.

J’ai vécu des semaines ensuite dans la terreur

Peur qu’il trouve un moyen pour me remettre sous emprise. A ce jour, je ne l’ai pas revu, pas aperçu, tout va bien. Mais je reste très vigilante car il habite assez près de chez moi.

J’ai mis en place beaucoup d’automatismes de défense : je ne vais pas dans les endroits où il va, je « scanne » les endroits où il pourrait être, je le laisse scrupuleusement bloqué dans mon téléphone, j’ai bloqué tous nos contacts communs, je me protège de son existence néfaste. Je me protège au maximum.

La terreur s’est muée en peur qui revient régulièrement.

Je sais aujourd’hui, après ces quatre mois de travail acharné pour me reconstruire, après avoir perdu beaucoup de mon entourage qui s’est sagement rangé derrière le PN car j’ai admis qu’il a un fan club et qu’il est bien plus puissant que moi, que je serais morte à petit feu si j’étais restée avec lui plus longtemps.

Je sais aussi qu’avant cela j’aurais perdu mon mari, ma famille, mon travail, ma maison, mon identité. Je suis passée tout près de la fin de ma vie. Et le pire, c’est sans doute d’avoir compris que c’était exactement l’objectif du PN.

Depuis quatre mois, je travaille d’arrache-pied pour me soigner. J’ai commencé une thérapie EMDR pour travailler sur les traumatismes car je suis en stress post-traumatique. Ainsi, j’ai pu également identifier plein d’anciens traumatismes et PN de mon passé qu’il a fallu digérer.

Assimiler. Accepter. Travailler.

Et ce n’est pas terminé. Ce travail sera très long. J’ai aussi évité l’hôpital psychiatrique de très peu. Ma résilience me disait juste chaque jour que jamais je ne donnerais la satisfaction au PN de me détruire. Jamais. Je suis donc restée chez moi, j’ai continué à travailler et j’ai décidé de prendre soin de moi et uniquement de moi. J’ai augmenté la fréquence de mon travail avec ma psychiatre.

Je lis encore aujourd’hui sur les PN régulièrement (le site www.pervers-narcissique.com m’a énormément aidée, c’est pour cela que j’ai proposé mon témoignage pour remercier ceux qui l’ont créé) pour me protéger de l’emprise car je fais partie des proies potentielles et j’ai bien compris qu’ils sont très très dangereux.

J’érige mes antennes anti-PN peu à peu. J’en sais beaucoup plus sur les PN que les PN eux-mêmes.

Je reconstruis grâce à des lectures et des cahiers d’exercices mon estime de soi qui est la faille de prédilection des PN. Je travaille sur la confiance en moi et en l’Univers, car la spiritualité m’a toujours sauvée et le fait aujourd’hui à nouveau. Je retrouve peu à peu le bonheur d’être moi, d’être en famille, de me trouver dans la nature, d’être entourée de personnes saines et aimantes.

Je sors de l’enfer.

Chaque jour, j’ai énormément de gratitude et je la cultive avec délectation. Gratitude d’avoir pu sauver ma peau. Gratitude d’être miraculeusement libérée de cet humain totalement monstrueux, incurable, incapable d’aimer et d’être aimé tel quel sans manipuler, tromper, détruire, tuer autrui. Gratitude d’être merveilleusement entourée et d’avoir été sauvée par la spiritualité, par mon entourage, par mon travail acharné sur moi.

Je suis heureuse grâce à cette expérience d’avoir enfin compris ce que voulait dire « s’aimer », de recommencer à respecter mes propres valeurs, de répondre moi-même à mes propres besoins, de commencer un processus qui sera long pour sortir de la codépendance pour ne plus jamais y retourner.

J’ai l’espoir un jour d’être en paix avec cette terrible expérience que j’ai dû traverser. Cesser de m’en vouloir d’avoir été naïve, en mode bisounours perpétuel. Certes, j’ai ma part mais elle est toute petite par rapport à celle du PN.

  • J’ai cessé de me taper dessus.
  • De me croire coupable.
  • Ma part en fait, c’est juste d’avoir appuyé pendant des mois chaque matin sur le bouton qui disait : j’ai besoin de l’autre pour survivre alors je lui envoie le premier sms du matin. Ce bouton, je n’appuie plus dessus désormais.
  • Je dois à moi-même de le laisser éteint, un jour à la fois, en étant patiente et douce avec moi pour me remettre et me reconnecter à moi-même lentement.

Je ne suis pas parfaite et heureusement ne le serai jamais. Mais j’ai de toute évidence beaucoup appris de cette rencontre avec un PN.

Je sais désormais que si jamais je me retrouve en situation de fragilité telle qu’une dépression ou une estime de soi qui se porte moins bien pour quelque raison que ce soit, je dois me faire aider sans tarder afin de ne plus devenir une proie idéale à PN, qui, tapis dans l’ombre, dépourvus de toute forme de lumière, passent l’intégralité de leur vie à se nourrir avidement de belles personnes, solaires, aimantes, généreuses et intelligentes.

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