Vous avez mis du temps avant de réussir à parler des violences conjugales que vous avez subies, qu’elles aient été morales ou physiques. Vous avez fait bonne figure si longtemps pour ne pas laisser transparaître l’horreur de votre quotidien, que lorsque vous avez eu le courage de faire votre coming-out, vous étiez persuadée de trouver une écoute bienveillante de la part de votre entourage et surtout, du soutien. Pourtant, contre toute attente, les amis communs du couple ont pris parti pour le PN, votre bourreau. Comment expliquer ce phénomène ? Quelles sont les solutions contre cette injustice ?

Ces connaissances qui vous tournent le dos n’étaient pas de vrais amis

La stratégie de mise sous emprise par le manipulateur sentimental est forcément passée par un isolement de sa victime. Vous plonger dans la solitude était nécessaire pour mieux installer la domination. Il vous a donc amenée à vous éloigner physiquement ou moralement de votre famille, de vos amis de longue date, probablement même de votre travail. En gros, il a trié sur le volet les personnes aptes à vous fréquenter selon ses critères à lui, c’est-à-dire inoffensifs pour son projet malsain. En l’absence d’avis extérieurs bienveillants auxquels vous référer en cas de doute, il a pu mener son gaslighting en toute quiétude.

Malgré tout, il a bien fallu maintenir un semblant de vie sociale pour avoir l’air d’un couple normal. Le but ? Ne pas éveiller les soupçons sur le processus de destruction psychique enclenchée par la personnalité manipulatrice. Vos acolytes de toujours, ceux d’avant le PN, sont les plus dangereux pour lui. Ils vous ont connue plus épanouie (bien que portant déjà cette faille narcissique qui attire tant les PN) et ce sont les moins susceptibles de tomber sous son charme d’acteur. Ils ont donc été évincés. De fait, il a fallu les remplacer par d’autres pions. Eh oui, souvenez-vous : dans sa vision du monde égocentrée, les individus ne sont que des instruments aux yeux du malade machiavélique. Les copains, les collègues et même les membres de la famille sont des pièces de son échiquier dans le jeu qu’il mène contre vous, sans que vous vous en doutiez. Soyez-en sûre : tous ceux qui sont autorisés à faire partie de votre vie sociale sont utiles au PN, d’une façon ou d’une autre. Ils peuvent très bien ne pas en avoir conscience, mais ils sont ralliés à sa cause à lui, et non à la vôtre. Ils ne sont pas destinés à vous soutenir, mais à participer à votre destruction. Ce ne sont pas, et n’ont jamais été vos amis, même si vous l’avez cru ou eux aussi, même si vous vous êtes confiée à eux et même s’ils ont eu l’air concernés par votre bien-être. Ne dit-on pas que c’est dans l’adversité que les visages masqués se révèlent ? Vous savez maintenant à qui vous avez affaire.

Un pervers narcissique manipule tout le monde, y compris son entourage

Puisque tout individu est instrumentalisé (c’est ce que l’on appelle la réification en psychanalyse), autant dire que le PN est incapable de ressentir l’empathie nécessaire pour se lier émotionnellement à autrui. Par conséquent, tous ceux qui gravitent autour du personnage qu’il donne à voir sont victimes, eux aussi, de manipulation. Le prédateur sentimental, dans son mal-être profond et incurable, ne se sent relativement apaisé que lorsqu’il contrôle la situation.

En marionnettiste hors pair, il jubile de faire danser tous les participants à son petit théâtre selon son bon vouloir. Il ne se contente pas de manipuler uniquement sa proie principale. Il construit à son insu tout un système très élaboré autour d’elle, de sorte que les connaissances deviennent des complices du bourreau. Ils se retrouvent ainsi à acquiescer lorsque des remarques désobligeantes vous sont adressées. Ils rient de bon cœur si le PN vous humilie subtilement sous couvert d’humour. Ils trouvent, eux aussi, que vous vous laissez aller, alors que vous dépérissez sous l’effet incessant de l’abus émotionnel dont ils n’ont aucune conscience.

Le côté magnétique du narcissique manipulateur, servi par une intelligence redoutable et des qualités séductrices bien rodées, le rend très populaire. Il a déployé des trésors de stratégie pour se faire accepter et apprécier… et ça a marché. De plus, il est facile de maintenir cette image publique dans les interactions sociales brèves comme une soirée, un repas ou même un week-end entre amis. C’est entre 4 murs qu’il révèle sa pathologie mentale, mais ça, seule sa victime principale le sait. Les copains continuent de croire que cette personnalité brillante et charismatique est fort sympathique. À l’inverse, sa captive, comme éteinte, semble bien plus ennuyeuse.

Votre histoire d’aliénation mentale n’a pas convaincu vos amis

Lorsque vous vous mettez à raconter votre calvaire, vous croisez des regards incrédules. Personne n’aurait soupçonné tant de violence. Reconnaissez que, même pour vous, il est extrêmement difficile de comprendre comment vous avez pu supporter tout ça. Tout ceci sans compter le fait que vous avez participé activement (et depuis le début) à couvrir la toxicité de votre relation en feignant que tout allait bien et en portant toutes les responsabilités sur vos épaules.

 

Sans vous flageller, sachez que votre changement soudain de discours déroute et il était évident que vous alliez buter contre une phase de déni de la part de vos fréquentations. Ils pensaient connaître l’essentiel de vous et subitement, vous leur présentez une autre réalité à l’encontre de leurs croyances et à laquelle ils n’étaient pas préparés. Vous vous frottez donc à deux difficultés majeures :

  1. Vos interlocuteurs sont mal à l’aise avec l’idée d’admettre leur ignorance de la situation.
  2. Le PN a servi à vos amis une version de l’histoire bien plus plausible, puisqu’en adéquation avec leur ressenti.

Comme dans une affaire judiciaire sans témoins ni preuves, c’est votre parole contre la sienne. Le problème, c’est qu’il manie le phrasé avec brio et qu’il a certainement préparé le terrain bien en amont pour vous dénigrer auprès des autres, sans que vous l’ayez détecté à temps. Quant à vous, votre esprit est encore confus par tout le décervelage qui vous a été asséné et vous manquez de recul pour verbaliser clairement votre histoire. N’hésitez pas à inviter les gens en demande d’information à consulter notre site pour qu’ils appréhendent mieux votre combat. Mais ceux qui se rangent du côté du beau-parleur malhonnête cèdent à la facilité et tombent sous le coup de la manipulation. Sans avoir à trancher sur leur sincérité ou pas, il faut prendre en compte qu’ils ne vous seront d’aucun secours. C’est même pire : ils pourraient se retourner contre vous.

Que faire quand les amis du PN se retournent contre vous ?

Vos amis ne vous croient pas et préfèrent la version bien plus digeste du PN ? Tant pis pour eux ! C’est le moment de couper les ponts et de pratiquer le no contact avec eux également. N’entrez pas en conflit avec ces personnes, mais ne cherchez plus à les convaincre de votre honnêteté. De même, ne leur laissez plus accès aux détails de votre vie : bloquez-les sur les réseaux sociaux et évitez de raconter vos projets si vous les croisez par hasard. Ils ont fait leur choix et vous ont abandonnée à un moment crucial. Oubliez-les. Enfin… ça, c’est dans le meilleur des cas.

 

Malheureusement, les anciens “amis” sont nombreux à vouloir faire du zèle, persuadés que c’est vous la méchante de l’histoire. L’engagement qu’ils prennent en faveur du PN (qui se présente désormais comme une victime malmenée par vous) ne s’arrête pas toujours à simplement vous ignorer. Certains n’hésiteront pas à jouer les espions et à rapporter les moindres de vos faits et gestes à votre ex. D’autres, plus virulents, pourront se rendre complices des actions de votre bourreau à votre encontre. Cela peut même aller de l’intimidation à l’établissement de faux témoignages contre vous à présenter au tribunal, par exemple. Sans tomber dans la paranoïa, il serait imprudent de négliger le pouvoir de nuisance de ces gens-là. C’est pourquoi il faut les éradiquer de votre vie sans demi-mesure.

 

Les vrais amis sont là pour vous, quoi qu’il se passe dans votre vie. C’est une vérité maintes fois expérimentée par tout être humain. Ceux qui vous tournent le dos, les amis qui prennent parti pour le PN perdent de fait leur place dans votre vie. Cela peut être douloureux et ajouter des difficultés au travail de deuil, mais c’est un mal pour un bien. Ne conservez auprès de vous que les personnes de confiance qui ont prouvé leur loyauté et leurs bonnes intentions. Ne gaspillez plus d’énergie à tenter de convaincre le plus grand nombre de la véracité de votre récit. Ceux qui sont avec vous le sont déjà et ceux qui sont partis restent sous influence et potentiellement nuisibles. Vous, vous êtes libre. Employez vos ressources disponibles à construire une vie plus heureuse où les relations saines occupent toute leur place, de sorte qu’il n’en reste plus pour ce qui ne mérite pas votre attention.