Les relations toxiques sont pour beaucoup un immense traumatisme à traverser. Un traumatisme psychique, émotionnel mais aussi physique, dont les conséquences sur la vie quotidienne sont immenses. Après la manipulation, la violence et l’emprise, les victimes de pervers narcissique sont épuisées. Voyons alors ce qu’est un traumatisme, et comment s’en sortir.

Le traumatisme, qu’est ce que c’est ?

Définition du traumatisme

L’esprit humain est extrêmement complexe. Il est à la fois solide et robuste, mais est paradoxalement tout aussi fragile.

Un traumatisme psychique est le résultat d’un événement éprouvant, choquant, fracassant. Il rentre dans l’esprit d’un individu sans crier gare. Il s’impose et bouleverse l’équilibre mental dans un fracas terrifiant, figeant l’esprit dans une peur animée.

En réalité, un traumatisme survient suite à une charge émotionnelle extrêmement forte, et dont l’ampleur dépasse les ressources et la capacité d’un individu à gérer cette même charge.

Ce traumatisme surgit en d’autres termes, dans l’esprit d’un individu comme la foudre sur le toit d’une maison. L’esprit est figé, dans un trop plein d’informations qu’il ne peut gérer.

“Le trauma fracasse, c’est sa définition.” – Boris Cyrulnik

Il n’existe par ailleurs pas de définition prévisible concernant ces traumatismes. Ils surviennent parfois lors d’un accident, d’un attentat ou de la guerre, de violences sexuelles, de catastrophes naturelles ou encore de harcèlement, de menaces ou de relations toxiques, comme nous le verrons ci-dessous.

Sont en cause parfois, l’aspect soudain du traumatisme, parfois encore c’est l’exposition ou encore la répétition à long terme qui en est à l’origine.

Nous ne sommes pas égaux face au traumatisme. Notre sensibilité aux événements potentiellement traumatisants varie en fonction de l’âge, de la personnalité, de l’implication émotionnelle, du contexte ou tout simplement de la période.

Conséquences d’un traumatisme

Les conséquences d’un traumatisme psychique, ou psychotraumatisme, sont nombreuses.

Sur l’esprit tout d’abord, qui est sidéré. Il est comme figé, incapable d’un quelconque mouvement – face à un événement innomable se rapprochant de l’effroi.

Il est ensuite parfois, chez certaines personnes et en fonction du traumatisme et du contexte, dans un état de dissociation. On dit que l’esprit dissocie, afin de se protéger face à ce traumatisme. “Je ne suis plus mois même” par exemple.

L’esprit et le fonctionnement cognitifs sont également altérés, en conséquence de ce séisme brutal et fracassant, qu’est le traumatisme.

On peut constater par exemple des troubles de l’humeur, des troubles de la mémoire, des troubles anxieux ou encore le fait de se sentir désorienté et hors du temps.

Le traumatisme des relations toxiques

Les relations toxiques avec un pervers narcissique constituent en soi, un véritable traumatisme. Bien que l’expérience de tous face au traumatisme soit unique et individuelle, les répercussions et les conséquences sont nombreuses chez les victimes de ces manipulateurs pathologiques.

Lors d’une relation avec un pervers narcissique, la victime est assaillie de tous les côtés. Assaillie sans repos, par une violence psychique et psychologique terrifiante. Les mensonges, les critiques, les reproches, la haine, la culpabilité, le doute et parfois même, les agressions physiques.

Le pervers narcissique dépasse toutes les limites. Par l’emprise, le pervers narcissique parvient à rentrer dans l’esprit de sa victime dans l’impunité la plus totale, avec perte et fracas. Il n’a aucune morale, aucune empathie et encore moins de limite : le pervers narcissique est un individu pathologique.

On peut alors parler d’une réelle effraction psychique, marquant la victime au fer rouge d’une importante charge émotionnelle. Le doute et la confusion s’installent, renforcés par la manipulation continue et perverse du manipulateur narcissique.

La victime est en hypervigilance, à l’affût du moindre signe d’agressivité ou de violence. Le pervers narcissique mobilise peu à peu toute l’énergie de la victime dans une seule direction : lui-même.

Nous l’avons précisé plus haut, un traumatisme est la résultante d’un événement ponctuel ou d’une suite d’événements dont la durée, l’exposition, l’impact ou encore la répétition forment le traumatisme et son écho dans l’esprit de la victime.

Aussi, l’omniprésence psychique que le pervers narcissique parvient à créer puis instaurer chez sa victime est effrayante. Même loin du pervers narcissique, ou alors que les ponts ont été coupés, la victime fait face à un immense souvenir, omniprésent et aliénant.

Le pervers narcissique agit sournoisement et la victime n’est pas préparée. Elle est prise au dépourvu, sous le choc d’une telle violence, d’une telle froideur et d’une telle indifférence. Sous les coups bas quotidiens, les injonctions masquées et les sous-entendus détournés, la victime est alors vidée de son énergie.

Comment guérir d’un traumatisme ?

Quels défis ?

Nous le disions plus haut, l’esprit humain est complexe.

L’esprit ne peut oublier ou modifier ce qu’il a vu ou entendu. Les événements, vécus avec beaucoup d’intensité marquentl’ensemble du corps et de l’esprit de la personne qui a su y faire face. Son équilibre tout entier s’est retrouvé bouleversé et figé, face à ce choc d’envergure.

La toxicité s’est accumulée et ancrée chez la victime du pervers narcissique. La haine, les critiques, la colère et même la rage se sont mélangées et condensées dans une bulle qui entrave l’équilibre psychique, totalement éparpillé.

En appuyant sur les failles de sa victime, puis en les écartelant, le pervers narcissique a créé chez elle une foule de sentiments négatifs et de blessures émotionnelles. De la honte, de la culpabilité, du flou ou encore du doute. La victime est alors livrée à elle-même. Elle est vulnérable, face au plus perfectionniste des manipulateurs toxiques, sans foi ni loi, sans limite ni morale.

Se débarrasser de cette toxicité est alors un processus. Un processus de reconstruction certain, dont la prise en charge adéquate est essentielle.

Quelle prise en charge ?

Comme bien souvent, la prise en charge d’un traumatisme psychologique repose principalement sur une prise en charge adaptée. Auprès d’un psychologue, thérapeute ou psychiatre expert dans les relations toxiques et les traumatismes.

En fonction du traumatisme et de son intensité, de la personne et de sa temporalité, le thérapeute peut adapter les différentes méthodes de prise en charge.

Car si les traumatismes ont de nombreuses conséquences sur l’esprit et les émotions, comme le manque de confiance, les flashbacks ou l’hypervigilance, le corps non plus n’est pas épargné (troubles du sommeil, troubles de l’alimentation, troubles nerveux ou même tachycardie).

La thérapie par la parole est essentielle. Elle permet dans un premier temps de mettre en mot, de verbaliser les événements vécus, auprès d’un professionnel qualifié et expert en relations toxiques.

Il s’agit par la parole, de rendre compte, d’identifier ses émotions, d’apprendre à les stabiliser puis à les d’accepter. De dépasser les souvenirs traumatisants. Mais aussi, et par la suite, de s’en libérer afin de pouvoir se reconstruire et retrouver une sécurité intérieure nécessaire et urgente. Le deuil est libérateur.

Mais elle permet également de reprendre contact avec la réalité, et de réinstaurer un lien de sécurité. Une relation de confiance permettant de dépasser le traumatisme, et de réapprendre les bonnes limites d’une relation à autrui. La manière de se reconstruire, et de se protéger.

Parallèlement et en complément, de nombreuses thérapies permettent de venir accompagner la reconstruction après le traumatisme créé par une relation toxique et d’emprise à un pervers narcissique. La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) ou même l’hypnose peuvent par exemple être envisagées avec le thérapeute.

“Le traumatisme c’est comme une blessure, une blessure à l’âme. Il faut du temps pour consolider la cicatrice.” – Tobie Nathan.

Comme pour tout événement traumatisant, le temps est un allié de taille. Il est important de s’accorder un droit, le droit fondamental de faire face à sa propre temporalité. Si  thérapie le permet, elle est un détour vital et fondamental dans la reconstruction et la libération de l’emprise.