Les procédures de séparation et de divorce se multiplient dans les tribunaux judiciaires. Dès que des enfants sont issus de l’union à défaire, les juges aux affaires familiales placent leur bien-être en priorité. Dans cette optique, le recours à la tentative de conciliation avec des médiateurs est devenu très courant, voire parfois obligatoire selon les cas et les villes. Si la démarche se veut noble, cherchant un apaisement des ex-conjoints et l’instauration d’une communication constructive, elle est parfaitement inefficace dès qu’un manipulateur machiavélique fait partie de l’équation. Pire : elle est dangereuse pour la victime et les enfants. La médiation familiale avec un PN devrait être à proscrire, mais malheureusement, le profil sadique et les violences psychologiques étant difficiles à prouver, il faut bien passer par cette épreuve pénible. Comment gérer la situation ? Comment se protéger de ses pièges ? Soyez attentive à nos conseils.

Pourquoi la médiation familiale est-elle quasiment incontournable ?

La médiation familiale avec un PN est un désastre et nous verrons pourquoi plus loin, mais il faut reconnaître que le dispositif présente plusieurs avantages pour les personnes relativement saines d’esprit.

À quoi sert la conciliation ?

Si l’on s’en réfère à sa définition selon le service public, il s’agit d’un espace d’écoute et d’échange dont l’objectif est de parvenir à un consentement mutuel des parties opposées dans les conflits familiaux. La présence des conciliateurs (souvent des professionnels qualifiés en psychologie et en droit issus d’associations indépendantes) permet de replacer les solutions constructives au centre des discussions. Ils s’emploient à contenir les emportements dus aux affects et à la rancœur qui viennent généralement polluer les négociations pour se concentrer sur les intérêts de chacun. De plus, lorsqu’un accord amiable est conclu, le travail du JAF (Juge aux Affaires Familiales) s’en trouve facilité, puisqu’il n’a plus qu’à l’homologuer. L’affaire est donc traitée plus rapidement avec un sentiment de satisfaction bien meilleur pour les adversaires, qu’il s’agisse de parents, de grands-parents ou de jeunes adultes en rupture de liens familiaux.

La MF est-elle obligatoire ?

En théorie, la rencontre avec des médiateurs est proposée par le juge, sans obligation. En pratique, celui qui la refuse envoie un signal fort de mauvaise volonté qui pourrait être très mal perçu par les magistrats. Traduction : si vous êtes invité en séance de médiation, il faut vous y rendre. Vous n’avez guère le choix. Le seul cas où la conciliation n’a pas lieu d’être, c’est lorsqu’il y a eu violence avérée sur l’un des conjoints ou enfants. Mais si la loi française reconnaît la violence psychologique au même titre que la violence physique, encore faut-il être capable d’en amener la preuve. Étant donné l’ingéniosité malicieuse du pervers  narcissique à couvrir ses méfaits, il est pratiquement impossible de se voir octroyer cette dispense.

Comment se passe la rencontre avec les médiateurs familiaux et le PN ?

La première chose à savoir, c’est que le rendez-vous de conciliation se fait en présence des deux parties. Il n’est d’ailleurs pas autorisé de voir vos conseillers en l’absence de votre opposant. Eh oui, vous qui savez combien le no contact est salutaire dans la séparation avec un manipulateur pervers, vous allez devoir lui faire face avec des inconnus pour témoins (souvent 2 médiateurs) qu’il tentera immanquablement de retourner contre vous, comme il l’a fait avec votre entourage.

La première rencontre est une réunion d’information et elle est gratuite. Elle est l’occasion d’exposer le litige et vise à déterminer les objectifs. Ensuite, il y aura autant de rendez-vous que nécessaire (en général entre 6 et 10) : soit jusqu’à un accord, soit jusqu’à l’abandon de la conciliation en cas d’échec. Ces séances sont payantes, bien que la somme soit modeste. Chaque partie verse séparément le tarif fixé en fonction de ses revenus. 

Ce qu’il faut impérativement retenir, c’est que la médiation familiale reste un espace parfaitement confidentiel. Tout ce qui s’y passe ne sortira pas des murs de la salle de réunion. Aucun écrit ne doit y être produit et aucun rapport ne sera transmis à quiconque, pas même au juge des affaires familiales. En cas d’échec des négociations, il sera simplement notifié que celles-ci n’ont pas abouti, sans expliquer pourquoi et sans blâmer qui que ce soit. Ces informations sont très importantes à garder en tête, car elles peuvent jouer en votre faveur comme elles peuvent vous desservir.

Comment se protéger du PN en médiation familiale ?

Puisque la réunion de médiation est censée être un endroit neutre et sans mesure concrète, en quoi est-elle dangereuse pour la victime de manipulateur sentimental ?

Méfiez-vous de la corde sensible

Vous savez désormais que quitter votre PN a libéré une déferlante de tourments d’une rare intensité. Vous êtes probablement à bout de nerfs et de forces, dans l’angoisse d’une décision du juge concernant votre progéniture qui va peut-être changer votre destin pour les 20 ans à venir. Les enjeux sont immenses, le stress est à son comble et l’épuisement a atteint un niveau inédit. Autant dire que vous n’êtes pas dans les meilleures conditions pour prendre des dispositions de façon logique et raisonnable.

Comment le PN se comporte-t-il en séance de médiation ?

Évidemment, le PN sait très bien que votre état n’est pas au beau fixe puisqu’il en est l’orfèvre ! Il va s’asseoir aux premières loges de la médiation en bon metteur en scène prêt, à se délecter du chef-d’œuvre de sa vie : le spectacle de votre déchéance. Il va donc jouer le tout pour le tout. La réunion d’information est en général l’occasion pour lui de séduire les médiateurs. Il va sortir le grand jeu des larmes, du conjoint bafoué, du papa éploré par le déchirement d’être privé de ses enfants, la prunelle de ses yeux. Il vous fera passer pour une sorcière cruelle et hystérique, cause de tous ses malheurs et de celui des petits du couple. En réalité, il testera surtout sa stratégie en avant-première avant d’aller au tribunal. Car oui, c’est inéluctable : vous finirez devant le JAF. Enfin… ça c’est finalement la meilleure des solutions. La pire, ce serait que vous cédiez aux négociations à l’étape de la médiation.

Quelle conduite tenir en présence des médiateurs ?

Ne nous leurrons pas, le manipulateur émotionnel va continuer à vous embrouiller l’esprit. S’il réussit à se mettre les conciliateurs dans la poche, vous subirez une pression très forte. Dans ces cas-là, souvenez-vous qu’il ne faut rien signer en médiation, c’est contraire à l’éthique. Ne prenez aucune décision, aucun engagement dans le feu de l’action. Mieux : trouvez un avocat en parallèle (sans le mentionner à cette étape, si possible). Référez-vous-en à son avis de juriste payé à défendre vos seuls intérêts. La médiation familiale avec un PN n’est qu’une mascarade, une perte de temps pour vous et une opportunité pour lui. Vivez-la vous aussi comme un spectacle. Asseyez-vous, écoutez silencieusement, mais attentivement. Au moins, cela vous renseignera sur les arguments qui seront utilisés contre vous au tribunal et vous aidera à vous préparer à les contrer. Lorsque vous serez invitée à parler, formulez vos requêtes fermement et sans vous perdre dans les détails et justifications. Écrivez-les au préalable pour bien les ancrer et vous y tenir à chaque fois que le débat déviera. Ne donnez pas trop d’informations vous concernant. Évitez de prendre la parole au maximum, même pour vous défendre. Si l’on vous demande de faire des concessions, ne donnez aucune autre réponse que celle-ci : “je dois y réfléchir”. Ne cédez pas le moindre centimètre de terrain puisqu’on le répète : aucun accord en votre faveur ne peut sortir de cette démarche. De plus, il est impossible de revenir en arrière lorsqu’un usage a été mis en place. C’est aussi pourquoi il ne faut jamais accepter la garde alternée, même temporairement. Non seulement elle dispense souvent le père de pension alimentaire, mais elle vous condamne à rester dans un périmètre proche de lui. Sans compter qu’elle lui laisse une belle marge de manœuvre pour manipuler les enfants et instaurer l’aliénation parentale.

Attention aux manigances cachées

Puisque le PN utilise la médiation familiale comme une énième tentative d’enfumage, vous n’êtes pas à l’abri qu’il ne s’agisse ici pour lui que de gagner du temps. En effet, les séances étant espacées sur plusieurs semaines, il y a fort à parier que votre bourreau s’affaire en simultané à engager d’autres procédures à votre encontre ou à chercher un avocat parmi les plus féroces. Sachez que l’attente d’un jugement constitue un flou juridique durant lequel pratiquement tous les coups sont permis, surtout en matière d’autorité parentale. Il n’est pas rare de voir un parent déménager en emmenant son enfant à l’autre bout du pays, l’inscrire à l’école et par conséquent, mettre en place de fait une garde exclusive qu’il sera quasiment impossible de contester. Vous n’avez donc absolument aucun intérêt à prolonger les délais d’instruction de votre dossier. Notre conseil est de notifier les médiateurs de votre abandon du processus au bout d’une ou deux séances maximum. Vous aurez ainsi prouvé votre bonne volonté auprès du JAF et vous vous débarrasserez d’une démarche totalement inadaptée à votre situation et potentiellement dangereuse pour vous et vos enfants.

Il aurait été invraisemblable de penser qu’un manipulateur narcissique, lui qui se croit au-dessus des lois, se plie au jeu de la conciliation sans que cela lui soit utile. Ainsi, la médiation familiale avec un PN a beaucoup plus de chances de vous faire perdre des droits plutôt que de servir vos intérêts et ceux de vos enfants. Si nous vous recommandons de vous y rendre malgré tout pour ne pas vous attirer les foudres du juge aux affaires familiales, extirpez-vous au plus tôt de cette procédure que le vampire émotionnel transformera en piège. Et armez-vous d’un bon avocat ! La vigilance doit être votre mot d’ordre, car si la guerre se jouera au tribunal judiciaire, cette bataille ne doit pas contribuer à vous affaiblir.