Comment aider les enfants ?

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Le syndrome d’aliénation parental ou SAP, désigne la manipulation psychologique exercée par un parent pathologique sur son enfant, dans un contexte de couple ou de séparation. Le but d’une aliénation parentale est de rayer purement et simplement le parent visé de la vie de son enfant. Les enfants issus d’une union avec un pervers narcissique sont bien sûr, les premiers concernés par ce type de situation. Elle se manifeste au sein de la famille comme une véritable OPA sur la pensée de l’enfant, pour le transformer en allié dans la guerre que le pervers narcissique livre à l’autre. En cas de séparation, s’il n’a pu obtenir la garde principale ou alternée des enfants, cela fait office pour lui de vengeance réparatrice. Un SAP génère toujours une énorme souffrance pour l’enfant victime et le parent rejeté. Voyons comment y réagir.

Les manifestations d’un syndrome d’aliénation parental

 

Le syndrome d’aliénation parental se met souvent en place de façon progressive, orchestré comme un « grignotage » rampant du libre arbitre de l’enfant. Parfois, dans le cas des adolescents, il peut éclater subitement, avec une violence proprement sidérante.
Le syndrome d’aliénation parental est répandu chez les adolescents entre 12 et 15 ans, l’âge de tous les dangers. Les expertises psychiatriques démontrent qu’à ces âges, les adolescents suggestionnés par un parent pathologique, épousent au mot près le discours du manipulateur ou de la manipulatrice, pour justifier son rejet du parent opposé. Ils vont le dénigrer avec virulence et refusent, notamment en cas de garde alternée, de se rendre désormais chez lui. Ces faits graves s’accompagnent souvent d’allégations mensongères relatives à de la maltraitance ou à des attouchements sexuels : accusations que l’enfant pose en toute inconscience. Car le parent manipulateur lui ayant totalement phagocyté le psychisme, se pose psychologiquement vis-à-vis de lui, en véritable maître à penser.

Chez les sujets plus jeunes, le syndrome d’aliénation parentale existe aussi, mais reste moins fréquent. On peut penser que la violence qu’un partenaire pervers ne peut plus faire subir à l’autre est déléguée à l’enfant. Car l’enfant manipulé n’est pas que retors vis-à-vis de l’autre parent, mais peut le frapper, le mordre et le bourrer de coups (traitement qu’il peut réserver aussi aux grands-parents et à l’entourage présent). Ces enfants plus jeunes ont subi des mécanismes de projection pervers qui les mènent à s’identifier totalement au parent manipulateur, qui se positionne, là encore, comme souffrant. Les enfants sont donc en révolte contre le parent sain, car ils se sentent investis de la mission de le défendre contre l’autre parent, pourtant aimant. De fait, ils savent que le parent sain ne peut se défendre, son amour étant inconditionnel, contrairement à celui du parent manipulateur. Ces enfants sont donc en grande souffrance, profondément clivés et divisés, en proie à une tension interne des plus préjudiciables pour leur développement futur.

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La difficulté d’en sortir aujourd’hui

La gravité des faits pousse de plus en plus de parents victimes rejetés à porter à l’attention des juges et des affaires familiales la détresse de leurs enfants. Il est aussi question pour eux de faire reconnaître l’atteinte à l’exercice de leur autorité parentale, qui s’exerce au travers de cette manipulation de l’enfant.
Malheureusement, le concept de syndrome d’aliénation parental, victime de son propre succès, fait aujourd’hui polémique. La justice l’a décrédibilisé en raison du son utilisation abusive. De fait, il a été remarqué qu’il occasionnait de trop nombreuses accusations infondées vis-à-vis des mères, car massivement utilisé par les hommes.
Il convient donc d’être particulièrement prudent aujourd’hui lorsque l’on parle de syndrome d’aliénation parental lors de toute procédure. Il convient également de savoir étayer son dossier par des preuves, en s’appuyant sur des faits tangibles et une défense avertie (voir à ce sujet notre article de blog : gagner en justice contre le pervers narcissique).

Par ailleurs,  le syndrome d’aliénation parental se manifeste dans les familles majoritairement monoparentales, puisqu’il s’agit de parents séparés. La fusion avec l’enfant est dans ce cas renforcée, mais dangereuse pour le parent quand l’enfant est porteur de la haine d’un parent manipulateur en face. Même avec les meilleures intentions du monde, ce parent victime ne pourra seul juguler sa peur de l’emprise perverse et rester le plus neutre possible vis-à-vis de l’enfant.
De plus, ces parents isolés, le plus souvent des mères, subissent des situations économiques difficiles et restent la cible de certains acteurs sociaux (école, enquêteur social voir parfois forces de l’ordre ou services de justice). Il est de fait plus facile pour ceux-ci de rejeter la faute de la détresse de l’enfant sur le parent qui s’en occupe le plus souvent, que de reconnaître la responsabilité de celui qui s’en exonère.
Il est donc urgent de comprendre pour les parents isolés subissant la détresse d’un enfant, qu’ils ne doivent jamais affronter ce problème seuls, mais savoir s’entourer.
La famille et les amis jouent un rôle fondamental, car ils constituent non seulement un facteur rassurant pour l’enfant, mais ils infirment aussi les fausses allégations du parent pathologique, qui consacrent son parent sain comme monstrueux et indigne d’être aimé. Ils aident ainsi ce parent à garder son intégrité et le confortent dans son rôle éducatif et sa légitimité de parent. Il s’agit d’une protection déterminante pour ne pas se retrouver anéanti par la violence soudaine et inexpliquée de l’enfant, qui « tombe » sous les coups du conditionnement et de la manipulation du parent malsain.

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Aider son enfant

Pour garder la tête froide face à un manipulateur usant d’un enfant comme d’une arme émotionnelle, les parents sains ont aussi besoin d’un bon soutien psychologique. Il est important pour cela qu’ils aient affaire à un thérapeute sans jugement aucun, dont le regard ne se fera pas l’écho de celui de la société. L’aide et le soutien psychologiques sont aussi déterminants pour arriver à prendre de la distance par rapport aux évènements et à se recentrer dans son rôle de parent. Elle aide ainsi à mûrir dans ce rôle et à trouver les ressources en soi pour ne pas capituler.

Il faut garder espoir notamment avec les enfants les plus jeunes, lorsqu’ils sont victimes d’un syndrome d’aliénation parental. On sait qu’ils peuvent être calmés par un amour solide et inconditionnel, les mères étant, pour des raisons culturelles, certainement les plus douées dans cet exercice. Traditionnellement, depuis des siècles, ce sont les femmes en effet, à qui l’on a dévolu le soin des plus petits et qui ont développé avec eux l’art de la tendresse. Ce savoir-faire ne leur est pour autant aujourd’hui plus exclusivement réservé et peut être expérimenté avec autant de succès par les pères.
Les thérapeutes spécialistes de cette question conseillent, pour calmer l’enfant en crise lors d’une manifestation d’un syndrome d’aliénation parental, de le laisser exprimer dans un premier temps ses profondes angoisses, qui vont prendre la forme de colères, violences et rébellions… Puis, ensuite, de savoir l’apaiser en le serrant doucement et profondément dans les bras. Ces gestes effectués avec calme et force ont un pouvoir instinctif puissant. Ils redonnent à l’enfant la sensation d’être aimé quoi qu’il advienne, et restaurent une relation sécurisante à l’adulte : ce que le parent pathologique tente précisément d’endommager.

Difficulté d’être mère face à un pervers narcissique

La peur du syndrome d’aliénation parental ne doit pas, pour autant, contraindre les parents en union avec un partenaire inadapté ou pervers manipulateur à rester en couple. Ils doivent être conscients, pour cela, que les traitements qu’ils endurent influent dramatiquement aussi sur leurs enfants.
Si un être manipulateur ne refuse pas d’être parent, c’est qu’il conçoit sa progéniture comme un faire-valoir sur le plan social, qui sert généralement ses ambitions. Publiquement, il exhibe une petite famille modèle pour ne révéler son visage de despote que dans l’intimité. La vie familiale articulée autour du narcissisme étouffant d’un tel personnage se caractérise par la jalousie de tout ce qui échappe à son emprise, comme précisément l’amour d’une mère pour ses enfants. Il tentera donc de l’éteindre par tous les moyens en harcelant cette dernière. Clarissa Pinkola Estès, psychanalyste américaine spécialiste des situations post-traumatiques chez les femmes, parle à ce propos de l’archétype de la « mère effondrée ». Cette situation correspond à celle de la mère clivée émotionnellement, partagée entre l’amour de son enfant et sa propre préservation, face aux menaces que son contexte social ou familial fait peser sur elle. Or, c’est bien là précisément la situation qui attend toute mère victime de la manipulation mentale exercée par un père souffrant d’un narcissisme pathologique.

Pascal Couderc, psychologue clinicien, soutient confidentiellement les victimes, parents et enfants, en cas d’aliénation parentale, via des consultations sur Skype ou à son cabinet de Paris/ Montpellier.

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