LE NARCISSISME À LA LUMIÈRE DE LA PSYCHANALYSE

1. Introduction:

Le narcissisme est un terme qui s’est ancré dans le lexique populaire, souvent évoqué dans les discussions quotidiennes pour décrire un comportement égocentrique ou une admiration excessive de soi. Cependant, au-delà de cette utilisation courante, le narcissisme possède des racines profondes et complexes, à la fois dans la mythologie et dans la psychanalyse.

  • Brève présentation du concept de narcissisme :
    Étymologiquement, le terme “narcissisme” trouve son origine dans le mythe grec de Narcisse, un jeune homme d’une beauté incomparable qui, fasciné par son propre reflet dans l’eau, tombe éperdument amoureux de lui- même, incapable de se détacher de cette image envoûtante. Cette parabole antique illustre la captivation, voire l’obsession, que l’on peut avoir pour soi-même, à tel point qu’elle en devient autodestructrice. Dans le champ de la psychanalyse, le narcissisme transcende cette simple histoire pour devenir un concept clé, décrivant non seulement l’amour ou l’admiration de soi, mais aussi un ensemble complexe de comportements, d’attitudes et même de pathologies.
  • La pertinence de son étude en psychanalyse :
    Le narcissisme n’est pas seulement l’étude de l’amour-propre ou de l’égocentrisme. Il plonge profondément dans les abîmes de l’âme humaine, explorant les mécanismes de défense que nous mettons en place, nos désirs les plus enfouis, ainsi que les processus de formation et de consolidation de notre identité. La psychanalyse s’intéresse à ce concept, non pas pour le juger, mais pour le comprendre, le décortiquer, et offrir des éclairages sur les comportements humains qu’il influence. L’étude du narcissisme en psychanalyse dévoile une richesse de perspectives, permettant de discerner les nuances subtiles entre une estime de soi saine, nécessaire à notre bien-être psychologique, et un narcissisme pathologique,

2. Histoire et évolution du concept :

Tout grand concept en psychanalyse, surtout celui qui pénètre autant les discussions culturelles et scientifiques, une histoire riche, façonnée par la mythologie, la culture et la recherche académique. Le narcissisme ne fait pas exception à cette règle.

  • Les origines : Narcisse et le mythe grec:
    Avant d’être un terme psychanalytique, le narcissisme a commencé comme une histoire d’avertissement dans la Grèce antique. Le mythe de Narcisse raconte l’histoire d’un jeune homme renommé pour sa beauté inégalée. Cependant, malgré les nombreuses avancées des nymphes et des femmes, Narcisse ne pouvait trouver d’attrait en aucun autre que lui-même. Un jour, lorsqu’il se penche sur un étang limpide, il aperçoit son reflet et tombe éperdument amoureux, à tel point qu’il reste figé à cet endroit, incapable de détacher son regard de son image, finissant par se transformer en fleur qui porte maintenant son nom. Ce mythe antique met en évidence les dangers de l’amour excessif de soi et sert de métaphore à l’idée de se perdre dans sa propre réflexion,
  • L’émergence du terme en psychologie et en psychanalyse:
    Bien que l’histoire de Narcisse soit ancienne, le concept du narcissisme en tant que phénomène psychologique est relativement récent. À la charnière du 19ème et du 20ème siècle, le monde de la psychologie était en pleine effervescence. De nombreuses idées et théories émergentes, cherchant à décoder les mystères de l’esprit humain. C’est dans ce contexte que le narcissisme est introduit comme une caractéristique ou un comportement individuel, avec des chercheurs comme Havelock Ellis utilisant le terme pour décrire une forme d’auto-érotisme. Cependant, c’est Sigmund Freud, le père de la psychanalyse, qui a véritablement étoffé et complexifié le concept, le transformant de simple auto-admiration en une composante centrale du fonctionnement psychique, influençant la façon dont nous interagissons avec nous-mêmes et avec les autres.

3. Les Fondements Freudiens

Le narcissisme, en tant que concept psychanalytique, a véritablement pris son envol grâce aux travaux pionniers de Sigmund Freud. En explorant les profondeurs du psychisme, Freud a articulé certaines des idées les plus influentes sur le narcissisme, des idées qui continuent à influencer la psychanalyse et la psychologie aujourd’hui.

  • La distinction entre narcissisme primaire et secondaire :
    Freud a posé une distinction fondamentale dans la manière dont nous comprenons le narcissisme. Le narcissisme primaire fait référence à la phase initiale du développement de l’enfant où il n’y a pas de distinction claire entre le soi et le monde extérieur. C’est une phase d’auto-absorption totale, où l’enfant ne reconnaît pas les besoins ou les désirs des autres. À ce stade, il considère que tous les soins et l’attention qu’il reçoit sont simplement dus. Cependant, à mesure que l’enfant grandit, il commence à réaliser qu’il doit établir des relations pour satisfaire ses besoins. Cela conduit au narcissisme secondaire, où l’amour de soi est équilibré par le désir d’être aimé et reconnu par les autres.
  • L’introduction de l’idéal du moi et du moi idéal :
    Ces deux concepts sont au cœur de la compréhension freudienne du narcissisme. Le moi idéal symbolise la quête ultime de la perfection, reflétant la toute-puissance que Freud attribuait à « sa majesté le bébé ». Nous aspirons tous, à un moment donné, à être vus ou à nous voir comme des figures héroïques, dotées des qualités que nous croyons profondément posséder. Le moi idéal offre cette perspective, encourageant l’individu à s’aligner sur une image positive de lui-même, qu’elle provienne de la reconnaissance d’autrui, ou qu’il ait dû la forger lui-même en l’absence de telle validation (le pervers narcissique valorise ce Moi Idéal à la place de l’Idéal du Moi) . Dans cette dynamique, l’adage “deviens ce que tu es” prend tout son sens : aspire à être la version de toi-même que tu aurais été si les influences extérieures n’avaient pas établi des barrières ou imposé des limites à ton développement personnel. Le narcissisme secondaire se construit en grande partie grâce à la reconnaissance de l’autre (où « reconnaître » signifie « renaître avec »). Suite à cette reconnaissance, l’individu tente d’ajuster son comportement selon la perception que cet autre a de lui. C’est à ce moment que le symbolique émerge. L’individu est alors capable de s’aligner sur les aspirations parentales ou altruistes, qui, dans l’idéal, lui sont bénéfiques. Cela correspond à l’idéal du moi. C’est ce que l’on aspire à devenir pour satisfaire l’autre, pour se montrer digne de lui et, en fin de compte, pour être compris par lui.

Les contributions de Freud au concept de narcissisme ont jeté les bases de nombreux débats, discussions et recherches ultérieures. Elles continuent de façonner notre compréhension du soi et de la manière dont nous interagissons avec le monde qui nous entoure.

4. Les Perspectives Post-Freudiennes

Après Freud, plusieurs autres penseurs ont pris la relève, affinant et élargissant le concept de narcissisme à travers diverses lentilles théoriques. Ces penseurs post-freudiens ont offert des perspectives précieuses, enracinées dans leurs propres observations cliniques et théoriques.

  • Mélanie Klein et les positions schizo-paranoïde et dépressive:
    Mélanie Klein est particulièrement connue pour ses contributions à la psychologie du développement précoce et à la psychanalyse des enfants. Elle a introduit deux positions fondamentales dans la psyché de l’enfant : la position schizo-paranoïde et la position dépressive.La position schizo-paranoïde (qui survient dans les premiers mois de la vie) est caractérisée par une tendance à diviser les objets (ou les figures parentales) en bons et mauvais, en partie à cause de l’incapacité de l’enfant à intégrer les deux aspects. Cette division est une défense contre l’anxiété et s’accompagne souvent de sentiments paranoïaques.La position dépressive (qui se manifeste vers la fin de la première année de vie) survient lorsque l’enfant prend conscience de sa propre agressivité envers l’objet aimé (souvent la mère) et éprouve des sentiments de culpabilité. C’est à ce moment que l’enfant commence à percevoir les objets (ou les figures parentales) de manière plus intégrée, reconnaissant à la fois leurs aspects bons et mauvais.
  • Jacques Lacan et la structuration du « Je » à travers le stade du miroir :
    Comme mentionné précédemment, Lacan a développé l’idée du stade du miroir, où un enfant reconnaît son image reflétée comme étant lui-même, une étape fondamentale dans la formation de l’identité. Cependant, cette reconnaissance n’est pas sans ambivalence. Pour Lacan, cette image est à la fois une identification (je me vois donc je suis) et une aliénation (car cette image reflétée n’est pas vraiment “moi”). Cette tension entre identification et aliénation structure le « Je », ou l’identité de l’individu, et est fondamentale pour comprendre le narcissisme et la quête constante de reconnaissance.
  • Otto Kernberg et le narcissisme pathologique:
    Otto Kernberg, avec son travail sur les troubles de la personnalité, a particulièrement contribué à notre compréhension du narcissisme pathologique. Il a identifié certaines caractéristiques centrales du trouble de la personnalité narcissique, telles que la grandiosité, le manque d’empathie, l’envie, et l’exploitation des autres. Selon Kernberg, ces traits résultent d’un développement arrêté et d’une faible estime de soi qui est compensée par un soi grandiose. Kernberg a également souligné l’importance des défenses narcissiques, telles que la dénégation, la projection et la scission, comme moyens pour les individus narcissiques de protéger leur soi fragile.

Chacune de ces perspectives post-freudiennes a approfondi notre compréhension du narcissisme, le reflète dans le contexte du développement, de la structuration de l’identité et de la psychopathologie. Elles ont toutes enrichi le champ de la psychanalyse, offrant des outils précieux pour comprendre et traiter les manifestations du narcissisme.

5. Narcissisme Sain contre Narcissisme Pathologique

Le narcissisme, comme la plupart des traits de personnalité, peut se manifester sur un spectre. À un bout du spectre, on trouve le narcissisme sain qui reflète une estime de soi équilibrée ; à l’autre extrémité, il y a le narcissisme pathologique qui peut perturber profondément la vie d’une personne et de ceux qui l’entourent.

  • Comment distinguer entre une saine estime de soi et un narcissisme destructeur ?
    La différence entre le narcissisme sain et pathologique peut être subtile, mais elle est fondamentale. Le narcissisme sain est en réalité bénéfique. Il reflète une personne ayant une estime de soi solide, capable d’accepter les critiques sans se sentir menacée, et qui valorise également l’estime de soi des autres. C’est une personne qui a confiance en elle, mais qui reste aussi consciente de ses propres limites.À l’inverse, le narcissisme destructeur ou pathologique est imprégné d’une grandiosité sans fondement, d’une quête constante d’admiration et d’une faible capacité à tolérer toute critique ou sentiment d’infériorité. Ces individus sont souvent fragiles à l’intérieur, même s’ils peuvent afficher une grande confiance à l’extérieur. Leur estime de soi est en réalité précaire, dépendant fortement de la validation externe.
  • Les critères d’un trouble de la personnalité narcissique :
    Même si ce n’est pas notre approche à nous psychanalystes, notons que selon le DSM-5, le manuel diagnostique utilisé par les professionnels de la santé mentale, le trouble de la personnalité narcissique (TPN) est caractérisé par une série de critères. Voici quelques-uns de ces critères pour mieux saisir la nature de ce problème :

 

  1. Un sens grandiose de sa propre importance : La personne exagère ses réalisations et ses talents, s’attendant à être reconnue comme supérieure sans avoir accompli quelque chose qui le justifie.
  2. Préoccupé par des fantasmes de succès illimité, de pouvoir, de brillance, de beauté, ou d’amour idéal : Ils se perdent souvent dans des visions grandioses d’eux-mêmes.
  3. Croyance d’être “spécial” et unique , et que seule une élite ou des institutions de haut niveau peuvent le comprendre.
  4. Besoin excessif d’admiration : Ils recherchent constamment des compliments et sont hypersensibles aux opinions des autres.
  5. Sentiment d’avoir des droits : Ils s’attendent à un traitement spécial et à une conformité automatique à ses attentes.
  6. Exploitation interpersonnelle : Ils n’hésitent pas à profiter des autres pour atteindre leurs propres objectifs.
  7. Manque d’empathie : Difficulté à reconnaître et à répondre aux besoins et aux sentiments des autres.
  8. Envie des autres ou croit que les autres l’envient.
  9. Attitudes et comportements arrogants et hautains .

Il est important de noter que, pour qu’un diagnostic de TPN soit posé, l’individu doit répondre à cinq (ou plus) de ces critères et présenter un schéma persistant qui interfère avec divers domaines de sa vie.

6. Le Rôle du Narcissisme dans les Relations Interpersonnelles

Le narcissisme, bien qu’il puisse s’exprimer différemment selon l’individu, à des implications notables dans la façon dont une personne interagit avec les autres. La nature même de la pensée narcissique – une focalisation excessive sur soi-même et une priorité donnée à ses propres besoins et désirs – peut entraîner une série de comportements qui perturbent les relations interpersonnelles.

  • Les défis et les dynamiques relationnelles des individus narcissiques :
    Les individus aux traits narcissiques marqués tendent à adopter une série de comportements qui peuvent être déroutants ou même nuisibles pour leurs proches. Ces comportements peuvent inclure une tendance à dominer les conversations, une réticence à écouter les autres, une hypersensibilité à la critique et une tendance à critiquer ou dénigrer les autres pour se valoriser.
    De plus, en raison de leur soif d’admiration et de validation, ils peuvent souvent se montrer charmants et engageants au début d’une relation. Cependant, à mesure que le temps passe, la dynamique peut changer, surtout s’ils ressentent que l’autre personne ne leur offre pas le niveau d’admiration qu’ils attendent.
  • La manipulation :
    L’un des aspects les plus préoccupants des relations avec une personne narcissiquement perturbée est la manipulation. Cette manipulation peut prendre de nombreuses formes, y compris le « gazlighting » (où la personne tente de faire douter de l’autre de sa propre perception ou de sa mémoire), les ultimatums, les menaces et les jeux de pouvoir subtils. Le mais est souvent de maintenir le contrôle sur l’autre personne ou de s’assurer que l’individu narcissique reste au centre de l’attention.
  • Le manque d’empathie :
    L’empathie est la capacité de comprendre et de partager les sentiments d’une autre personne. Malheureusement, une caractéristique commune des personnes présentant un degré élevé de narcissisme est un manque marqué d’empathie. Ils ont du mal à voir les choses du point de vue de l’autre et peuvent minimiser ou ignorer complètement les sentiments et les besoins de l’autre personne.
  • La quête constante de validation :
    Au cœur de nombreux comportements narcissiques se trouve une quête insatiable de validation. Les personnes narcissiques recherchent souvent des compliments, de la reconnaissance et de l’admiration de la part des autres. Cette validation externe est vitale pour elles, car elle étaye leur estime de soi souvent fragile. Lorsqu’elles ne la reçoivent pas, elles peuvent se montrer blessées, en colère ou même agressives.

Dans l’ensemble, les relations avec des individus présentant un fort narcissisme peuvent être un terrain miné de défis. Toutefois, avec la compréhension et, dans certains cas, l’aide professionnelle, il est possible de naviguer dans ces relations d’une manière saine et constructive.

7. Approches Thérapeutiques du Narcissisme

Le narcissisme, lorsqu’il est pathologique, peut constituer une entrave majeure à la qualité de vie d’un individu et à ses relations interpersonnelles. Si traiter un trouble de la personnalité narcissique est un défi, il n’est pas insurmontable. Les psychothérapeutes, s’appuyant sur des techniques éprouvées, peuvent aider les individus narcissiques à reconnaître et à gérer leurs comportements.

  • Les défis de la psychothérapie avec des individus narcissiques :
    Les personnes atteintes de narcissisme pathologique peuvent présenter des défis particuliers en thérapie. L’un des principaux obstacles est leur tendance à ne pas reconnaître qu’ils ont un problème. Beaucoup chercheront un traitement uniquement sous la pression de leurs proches ou après une crise personnelle. Une fois en thérapie, leur sensibilité à la critique, leur besoin d’admiration et leur manque d’empathie peuvent rendre la relation thérapeutique tendue. Il n’est pas rare que ces individus rompent la thérapie prématurément ou qu’ils tentent de manipuler le thérapeute.
  • Les techniques psychanalytiques adaptées à la prise en charge du narcissisme :
    La psychanalyse, avec ses origines dans l’œuvre de Freud, offre un ensemble d’outils et de techniques spécifiques pour traiter le narcissisme.
    • L’exploration des transferts et contre-transferts : Le thérapeute explore la relation qui se développe entre lui et le patient, en prêtant attention aux réactions émotionnelles (transferts) du patient envers lui. De même, le thérapeute sera vigilant quant à ses propres réactions (contre-transferts) envers le patient, car celles-ci peuvent offrir des indices précieux sur la dynamique interne du patient.
    • La compréhension des mécanismes de défense : Les personnes narcissiques utilisent souvent des mécanismes de défense comme le déni, la projection et la rationalisation pour protéger leur ego fragile. Le thérapeute travaillera à aider le patient à reconnaître et à comprendre ces mécanismes.
    • L’exploration de l’histoire de vie : La thérapie psychanalytique s’intéresse aux expériences d’enfance du patient pour comprendre comment s’est développé le narcissisme. Cela peut inclure des questions sur les relations avec les parents, les traumatismes précoces et les expériences de rejet ou d’humiliation.
    • La reconstruction du moi : L’objectif ultime de la thérapie est de renforcer un moi solide et cohérent qui n’est pas excessivement centré sur soi. Cela implique d’aider le patient à développer une meilleure estime de soi, une capacité d’empathie accumulée et une perspective plus réaliste sur lui-même et sur les autres.

En somme, alors que le narcissisme pathologique est sans aucun doute un défi en thérapie, avec une approche adaptée et patiente, il est possible d’atteindre des changements significatifs et durables.

8. Réflexions contemporaines

Le narcissisme, loin d’être un concept figé dans le temps, est en constante évolution, influence et façonné par les changements sociaux et culturels. À l’ère contemporaine, les technologies avancées, en particulier les médias sociaux, ont jeté une lumière nouvelle sur la compréhension du narcissisme, l’alimentant tout en le mettant au défi.

  • L’influence des médias sociaux et de la culture moderne sur le narcissisme :
    Il est indéniable que les médias sociaux ont profondément modifié la manière dont les individus se perçoivent et interagissent avec le monde. Ces plateformes offrent des espaces où l’identité peut être soigneusement construite, polie et présentée à un grand public. Les “likes”, les commentaires et les partages deviennent une validation instantanée, renforçant la quête d’admiration.Cependant, la culture moderne ne se limite pas aux médias sociaux. La célébration constante des célébrités, la valorisation de l’apparence physique au détriment d’autres qualités, et une économie axée sur le branding personnel contribuent à une culture où le « moi » est souvent placé au centre de tout.
  • Comment la société contemporaine nourrit-elle ou combat-elle le narcissisme ? :
    D’un côté, notre société moderne peut nourrir le narcissisme en mettant l’accent sur l’individualisme et la réussite personnelle. Les médias sociaux, en particulier, peuvent encourager une obsession de l’image de soi, où la valeur d’un individu est mesurée en fonction de la quantité d’attention et de validation qu’il reçoit.Cependant, il serait erroné de voir la société contemporaine uniquement comme un incubateur de narcissisme. Il y a une prise de conscience croissante des dangers de la survalorisation de soi. De nombreuses initiatives, en ligne et hors ligne, encouragent l’empathie, la pleine conscience et l’authenticité. Les éducateurs, les parents et les professionnels de la santé mentale sont de plus en plus conscients des dangers du narcissisme pathologique et recherchent activement des moyens de le prévenir et de le traiter.Par ailleurs, les discussions sur la santé mentale, autrefois taboues, sont devenues courantes, ouvrant la voie à une meilleure compréhension et à une déstigmatisation des troubles de la personnalité et d’autres conditions.

En somme, si la société moderne offre de nouveaux terrains propices au développement du narcissisme, elle offre également de nouveaux outils et perspectives pour le comprendre, le mettre en question et, espérer-le, le modérer.

9. Conclusion

Au fil de notre exploration du narcissisme, nous avons voyagé à travers le temps, de la mythologie ancienne à la psychanalyse freudienne, en passant par les médias sociaux contemporains. C’est une preuve de l’omniprésence et de la pertinence du concept à travers les époques et les cultures.

Synthèse des points abordés :
Nous avons débuté par une immersion dans le mythe de Narcisse, qui sert de fondement éternel à notre compréhension du narcissisme. Freud, avec sa distinction entre narcissisme primaire et secondaire, ainsi que ses idées sur l’idéal du moi et le moi idéal, a jeté les bases de la compréhension psychanalytique du sujet. Les perspectives post-freudiennes, notamment celles de Klein, Lacan et Kernberg, ont enrichi et diversifié la compréhension de ce phénomène complexe. Par la suite, nous avons exploré la différence entre le narcissisme sain et pathologique, en mettant en lumière les critères distinctifs d’un trouble de la personnalité narcissique. Les défis posés par le narcissisme dans les relations interpersonnelles et les approches thérapeutiques adaptées ont également été abordés. Enfin,

L’importance de comprendre et d’adresser le narcissisme dans une perspective psychanalytique :
Le narcissisme n’est pas simplement un trait de caractère ou un défaut passager. C’est une composante complexe de la psyché humaine, profondément ancrée dans nos désirs inconscients, nos mécanismes de défense et notre construction identitaire. Aborder le narcissisme à travers le prisme de la psychanalyse nous permet d’aller au-delà des symptômes manifestés pour sonder les profondeurs de l’esprit humain.

Comprendre le narcissisme, c’est comprendre une partie essentielle de la condition humaine. Et alors que le monde continue d’évoluer, avec de nouvelles technologies et défis culturels, la nécessité de s’engager dans une réflexion profonde et nuancée sur le narcissisme ne fait que croître. En fin de compte, c’est en comprenant ces facettes profondes de nous-mêmes que nous pouvons espérer bâtir des relations plus saines, des communautés plus empathiques et un monde plus équilibré.

  1. Pour aller plus loin

Le narcissisme, malgré sa longue histoire d’étude, reste un champ dynamique avec de nouvelles perspectives et recherches émergentes. Pour ceux qui sont fascinés par ce concept et souhaitent approfondir leurs connaissances, il y a une abondance de ressources disponibles.

 

Ressources supplémentaires pour ceux qui souhaitent explorer davantage le sujet :

  1. Livres :
    • “Le Narcissisme” d’Alexander Lowen, qui explore les aspects cliniques et thérapeutiques du narcissisme.
    • “La tyrannie du plaisir” de Pascal Bruckner, une réflexion sur le narcissisme dans la société contemporaine.
    • “Soi-même comme un autre” de Paul Ricoeur, qui explore la question de l’identité à travers le prisme du moi et du soi.
  2. Publications académiques :
  • Revue Française de Psychanalyse : Cette revue est une excellente source de recherches et de discussions sur la psychanalyse en général, et vous pouvez y trouver des articles dédiés au narcissisme et aux troubles de la personnalité narcissique.
  1. Conférences  :
    • Des organisations telles que l’Association psychanalytique internationale (API) et l’Association française de psychanalyse (AFP) organisent régulièrement des conférences sur des sujets pertinents.
  2. Groupes de discussion et forums :
    • Pour ceux qui cherchent à interagir avec d’autres passionnés, des forums et groupes de discussion spécialisés peuvent offrir un espace pour partager des idées, des questions et des découvertes.

Si après avoir exploré ces ressources, vous avez encore des questions, des préoccupations ou simplement le désir de discuter de ce sujet fascinant, n’hésitez pas à me contacter. Je  suis toujours ouvert à l’échange d’idées, à offrir des consultations et à aider ceux qui cherchent à naviguer dans les complexités du narcissisme. Mon expérience en tant que psychanalyste me permet d’offrir une perspective unique et éclairée sur le sujet. Vous pouvez me joindre via mon formulaire de contact sur le blog ou directement par email ([email protected]) . Ensemble, nous pouvons approfondir votre compréhension et éventuellement vous guider vers une introspection plus profonde.

Pascal Couderc

 

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