Langage Corporel du PN : décoder les gestes qui le trahissent

Le langage corporel du PN peut être peaufiné et maîtrisé à l’extrême, il ne parviendra jamais à masquer les intentions malsaines à la perfection. La communication non verbale traduit le fond de nos pensées avant même qu’elles émergent dans notre conscience. De fait, certaines de ses manifestations sont tout simplement impossibles à mettre en scène. Pour apprendre à décoder les signes physiques qui trahissent les véritables desseins d’un prédateur sentimental, attachons-nous aujourd’hui à l’étude de sa gestuelle et de ses mimiques. Vous verrez que de focaliser votre attention sur son corps et sa façon de se tenir ou de se mouvoir, plutôt que sur le contenu des paroles fallacieuses déversées, pourrait bien vous sauver d’une mise sous emprise émotionnelle.

Le langage du corps d’un manipulateur

Ce qui se lit à travers l’étude du langage corporel du PN peut permettre de cerner certains aspects de sa personnalité. Son attitude, sa manière de se tenir, de bouger donnent de précieux renseignements sur sa façon de considérer sa propre personne et autrui, mais aussi sur la véracité de ses propos.

La posture du PN : un exemple de communication non verbale même en position statique

Dès les premiers instants, la communication non verbale du PN diffuse une idée de contrôle. Sa posture est droite, active, mais dans une immobilité censée exprimer un faux calme intérieur. Pourtant, que le personnage soit homme ou femme toxique, il est tout en tension. D’ailleurs, il est fréquent, mais pas obligatoire, que sa silhouette soit plutôt longiligne, d’apparence assez sèche, comme si les efforts permanents pour afficher une vitrine impeccable, insondable, brûlaient toutes les calories et empêchaient donc la prise de poids.

De toute cette rigidité peuvent s’échapper involontairement quelques tics peu perceptibles trahissant les contractions musculaires, ou plutôt le besoin de se relâcher furtivement. Il peut s’agir de tremblements de mains ou de pieds, de gestes machinaux et répétitifs, d’une façon de mâcher un stylo ou un chewing-gum, de siroter nerveusement sa boisson, d’enchaîner les cigarettes, etc.

Même si la personne narcissique affiche une certaine nonchalance, elle est incapable d’être dans le laisser-aller. C’est pourquoi il émane une impression de fausseté dans son apparente détente, pouvant alerter un observateur attentif.

La position : la façon d’occuper l’espace d’un manipulateur

Suivant que son intention soit de dominer ou de séduire, le pervers narcissique n’aura pas la même façon de se positionner dans l’espace commun. S’il n’a que du dédain pour son interlocuteur, il pourra par exemple lui tourner partiellement ou totalement le dos et ce, même s’il a une conversation avec lui. Il n’hésitera pas non plus à déplacer les objets liés à cette personne (comme la chaise qu’elle occupait ou le manteau qu’elle a déposé), afin de limiter ses droits sur le territoire.

S’il se méfie, il se tiendra à distance, mais dans une attitude supérieure. D’ailleurs, il est intéressant de noter que cet éloignement physique pourra tout à fait se faire sur un plan vertical. Ainsi, le manipulateur à l’ego démesuré n’hésitera pas à se surélever sur une marche ou un muret. Ce piédestal, il ne le quittera pas facilement, forçant autrui à aller vers lui. Ainsi, ce sera par exemple à l’autre de se lever pour le saluer.

S’il est dans un rapport d’imposition de sa domination, il se placera dans un endroit central et s’étendra au maximum, repoussant tout ce qui se tient devant lui et gêne l’expansion de son narcissisme. Au cours d’un dîner, il aura par exemple une place de choix à table et aura tout le loisir de déployer ses bras, ses jambes et ses effets personnels, obligeant implicitement les autres à s’entasser entre eux.

Enfin, dans un rapport de séduction, voire d’intimidation, il pourra par contre se tenir droit devant son interlocuteur, ne lui laissant aucune possibilité de fixer son attention ailleurs que sur lui, dans une sorte d’envahissement de sa sphère intime.

La gestuelle : ce que disent les mouvements d’une personnalité toxique

Les gestes du PN sont avares et calculés. S’il prend quelqu’un dans ses bras pour imiter l’empathie qui lui fait tant défaut, il ne tiendra pas plus de quelques secondes. Il en résultera toujours une impression de malaise, de manque de spontanéité et d’authenticité. Comme il n’est pas dans le don de soi et la générosité, il lui sera difficile de déployer ses bras et de laisser sa poitrine bien dégagée et accueillante. Son étreinte est crispée, peu réconfortante et encore moins confortable.

Par contre, la petitesse de ses mouvements dans l’intimité contraste terriblement avec l’exagération gestuelle dont il peut faire preuve lorsqu’il s’agit d’en mettre plein la vue à son public. S’il veut convaincre (et a fortiori, s’il ment), il multipliera les grands mouvements de bras. D’ailleurs, plus ceux-ci seront figuratifs, plus ils auront tendance à dénoter une structuration intellectuelle du discours et donc, potentiellement un mensonge. En effet, illustrer un objet avec un geste dénote un besoin de représenter un concept. Quelqu’un qui relate une expérience vécue sera beaucoup moins dans la description objective et beaucoup plus dans la verbalisation du registre émotionnel.

À l’inverse, si le manipulateur est dans une attitude défensive, soupçonneuse ou de rejet, ses membres supérieures formeront une barrière (bras croisés ou bien tendus avec la main ouverte pour bloquer les intrusions dans son espace).

De même, sa poignée de main en dira long sur son appréciation de l’autre. Soit elle sera molle et dédaigneuse, traduisant son mépris, soit elle sera ferme et longue, limite écrasante et gênante. Le MPN pourra même l’utiliser pour tirer son interlocuteur à lui, tel un prédateur qui amène à sa bouche la proie qu’il vient d’attraper. Quel qu’il soit, ce serrage de main sera vécu comme déstabilisant.

Enfin, ses jambes fonctionneront selon les mêmes règles. Les grands pas rapides qui obligent à accélérer pour suivre le manipulateur auront pour fonction d’imposer un rythme. Les petits pas lents pourront être de l’ordre de l’agressivité passive pour signifier la désapprobation. Les jambes étendues et gênant le passage relèveront du marquage de territoire et celles recroquevillées tiendront les autres à l’écart.

La voix et les mimiques du PN : le langage non verbal au niveau de la tête

Tout comme son corps, le visage du MPN est contracté, fermé. C’est en l’analysant soigneusement que vous trouverez le plus de réponses. Voici les éléments sur lesquels porter votre attention, afin de décrypter le langage non verbal des mimiques et des intonations.

La position de la tête

La façon de positionner sa tête donne de multiples renseignements. Un menton relevé et toisant exprime une sorte de mépris de l’autre. Par contre, dès lors que celui-ci se baisse pour sourire, il exprime une satisfaction de soi-même, comme si le PN souriait à son propre ego.

Les manipulateurs sentimentaux ont aussi tendance à présenter plutôt le côté droit de leur visage, le côté gauche étant davantage assigné au registre de la connexion émotionnelle et de l’empathie, ce dont le pervers machiavélique est bien incapable. Présenter préférentiellement le profil droit indique une activation de l’hémisphère gauche du cerveau, celui dédié à la logique et au raisonnement, c’est-à-dire au calcul, à l’analyse et à la stratégie.

De plus, à l’instar d’un prédateur les yeux rivés sur une proie potentielle, la tête se détourne peu de l’objet de sa convoitise. Si elle le fait, c’est pour feindre une attitude détachée. Le mouvement sera alors très bref et peu marqué de clignement des yeux, ce qui indiquerait un réel intérêt pour l’interlocuteur.

Le haut du visage

Le plus grand indicateur de la sincérité d’une personne, ce sont ses yeux, “le miroir de l’âme” comme le disait Cicéron. Il y a un détail qui ne peut être feint : la dilatation des pupilles. Lorsque l’on n’est pas plongé dans la pénombre, observer l’expansion du cercle noir au centre de notre iris sans variation de la luminosité ambiante est synonyme de plaisir. Quelqu’un qui éprouve une sensation agréable à votre contact aura les pupilles plus grandes. Si cette personne affiche une dilatation de ce type à un moment surprenant, il se peut que vous veniez de donner une information particulièrement jubilatoire à un manipulateur sentimental. Prudence donc si cet écarquillement semble intervenir sans raison.

Dans tous les cas, ne prenez pas des yeux plissés et un regard scrutateur pour une marque de considération. Vous êtes peut-être en train de faire l’objet d’une analyse précise par quelqu’un qui essaie de percer à jour vos failles narcissiques dans un but manipulatoire.

Le bas du visage

Si vous voulez vous aussi lire dans les pensées de la personne qui se tient en face, vérifiez que ses yeux et sa bouche sont en concordance. Par exemple, un sourire qui ne s’affiche que sur les lèvres, alors que le regard, lui, ne rit pas, est un faux sourire. Si les dents n’apparaissent pas, au mieux c’est de la timidité ou de la politesse, au pire, c’est une moue forcée, c’est-à-dire à fonction sociale, pour afficher un masque.

A contrario, certains rictus sont malaisants et ont une allure narquoise. Avez-vous l’impression qu’il se passe des choses peu avouables dans la tête de celui qui vous sourit ?  C’est certainement que votre intuition est la bonne. Le langage non verbal est tellement subtil et instinctif que votre inconscient a sûrement détecté des signaux d’alarme avant même que votre conscience le sache.

Enfin, une mâchoire serrée, dont les muscles sont saillants indique une grande tension interne. Si le sujet crispé ne se trouve pas dans une situation de stress, il se peut que certains enjeux vous échappent. La question est de savoir pourquoi il ne vous dit pas tout.

La voix et les intonations

La vie émotionnelle est très présente dans les intonations de voix de n’importe quel humain normalement constitué. On peut déceler que quelqu’un va bien ou mal au téléphone, sans autre indication que sa prosodie. Ainsi, les émotions du PN étant très pauvres, sa voix n’offrira pas toutes les modulations possibles grâce à l’influence des affects. Il pourra en jouer selon 2 modes : soit en la portant loin et fort pour imposer sa domination, soit en la rendant peu perceptible pour demander à son interlocuteur de redoubler d’effort d’attention. Si certains émois transparaissent dans la voix du pervers narcissique tels que la colère, l’agacement ou même la joie, ces manifestations seront toujours teintées d’étrangeté et d’inadéquation. En réalité, ces prédateurs sentimentaux ne vivent les émotions que de façon égocentrée. Si vous avez l’impression que quelqu’un prétend partager votre excitation, mais que cela sonne faux ou peu en rapport avec ce qui vous touche directement, on vous joue probablement la comédie.

Le langage corporel du PN ne saurait tromper un regard averti. En effet, la communication non verbale donne des indications sur la personnalité et l’état d’esprit d’une personne bien avant qu’elle prenne la parole. Ayez confiance en votre capacité naturelle à détecter les dissonances entre l’impression que votre interlocuteur vous donne et les mots et attitudes qu’il présente. L’erreur serait de tenter de justifier ces incohérences entre les actes et les paroles à la place de celui qui les provoque. Si vous avez un doute sur la sincérité de quelqu’un, vous pouvez avoir recours à notre test gratuit en ligne pour savoir si c’est un profil manipulateur sentimental

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