La dépendance affective est un poids. Un poids dans l’existence, un poids dans le quotidien, un poids dans les relations. Les personnes qui en souffrent sont victimes de ce trouble du lien affectif, et sont à la merci du pervers narcissique qui ne se garde pas d’en jouer. Qu’est-ce que la dépendance affective et quelle est son origine ? Comment en sortir ?

La dépendance affective, c’est quoi ?

Origine de la dépendance affective

L’enfance est une période de construction très large. L’enfant y développe le langage, la communication, apprend les rudiments de la vie. Mais il y développe également des bases fondamentales à son bon développement. La sécurité, la confiance en soi, l’appartenance ou même la notion d’amour.

La période de l’enfance n’est pas linéaire. Son processus est même semé d’embûches. Il n’est pas rare de manquer dans l’enfance, de certains points d’appuis nécessaires à une construction équilibrée. Par un manque matériel ou un manque de réponse de son entourage, d’amour ou de stabilité par exemple.

“La perfection n’existe pas. Ce que l’on nomme « perfection » n’est que l’imperfection la moins notoire.” – Delphine Lamotte

En réalité, l’enfance est le terreau de notre construction. Un terreau dans lequel il paraît impensable de réunir toutes les pièces du puzzle. Nous portons donc, à l’âge adulte, la continuité de ces manquements.

Gardez à l’esprit, et à cet égard, que les failles que nous portons ne sont pas péjoratives. Elles ne sont pas non plus négatives. Elles font partie intégrante de nous, au même titre que nos forces.

(voir notre article complet à ce sujet : La dépendance affective, un aimant à pervers narcissique)

Définition de la dépendance affective

La dépendance affective est un trouble du lien affectif. Elle est une addiction à l’autre et à son regard, une addiction à l’amour. C’est en d’autres termes, l’impossibilité de s’imaginer sans l’amour et l’attention de l’autre, en parallèle d’une peur terrifiante d’être abandonné.

En réalité, le mécanisme de la dépendance affective est le suivant. Un individu est dépendant affectif, lorsqu’il n’est pas en capacité de s’apporter l’amour nécessaire à un temps donné de son existence.

Cette incapacité est le résultat direct d’une faille qui n’a pas été comblée : l’amour, la confiance en soi, ou même le manque de sécurité.

En ce sens, le dépendant affectif repose donc tout son amour et l’estime qu’il se porte sur des facteurs extérieurs.

L’amour ou encore l’estime de soi et un bon narcissisme, sont essentiels à l’équilibre d’un individu. Ils permettent d’apporter l’attention, le soutien et l’amour nécessaire, vitaux pour sa survie et son bon fonctionnement.

La dépendance affective est donc la conséquence directe de ce manque affectif. Un manque, que le sujet qui en souffre profondément, tente de combler par un apport extérieur. Par l’autre, son amour, son regard ou encore son attention.

Elle est parfois une conséquence directe de l’enfance.

Parfois encore, elle est comblée et compensée temporairement, puis ravivée par des événements à l’âge adulte, comme une relation à un pervers narcissique par exemple.

Pervers narcissique et dépendance affective

Le pervers narcissique est un individu pathologique et malade. Son mode de fonctionnement est unique et dangereux.

En effet, le pervers narcissique est un individu intérieurement vide. Vide de personnalité, d’intériorité, de sens, de morale ou encore d’empathie. Il est plus ou moins conscient de ce vide, qu’il ne matérialise cependant pas de la sorte. En réalité, il lui est même structurellement impossible d’y avoir accès.

Mais ce vide est béant, et il cherche donc quotidiennement à le combler.

Sa structure psychique, c’est-à-dire ce qui constitue le fonctionnement de son esprit, est extrêmement spécifique. En réalité, le pervers narcissique est manipulateur et toxique.

En effet, conscient d’un manque profond auquel il n’a pourtant pas accès, le pervers narcissique va tenter de le combler en se nourrissant de ce que les autres ont. Des émotions, de leur personnalité, de leurs qualités. De la joie, de l’énergie, ou encore du bonheur.

Il met alors en place un nombre incalculable de stratégies de manipulation, afin de placer ses victimes sous sa domination et son emprise. Il aura ainsi accès à une nourriture narcissique à profusion, qui viendra illusoirement combler ce manque.

Attention cependant, à ne pas tenter de combler ce manque par vous-même. Le pervers narcissique est pathologique et rien ne pourrait venir le changer ou le soigner. Il est dangereux, et son unique but est de vous nuire et de vous détruire, afin de parvenir à ses fins.

Par ailleurs, il ne perçoit pas l’altérité, et ne possède donc aucune possibilité de tisser un lien quelconque. Il est alors urgent de le fuir.

Le pervers narcissique repère alors les failles de sa victime, manque de confiance ou de sécurité, et s’engouffre à l’intérieur avec perte et fracas. Par une manipulation rodée, il crée ou réveille chez sa victime une énorme carence affective et une insécurité grandissante.

La victime de ce bourreau est alors prise au piège, noyée dans le doute, la honte, l’incompréhension, le flou et l’impuissance. Elle est tiraillée entre l’illusion des premiers jours et la torture psychique quotidienne, à l’origine de cette dépendance affective.

En créant une dépendance chez sa victime, le pervers manipulateur s’assure alors que sa proie ne pourra pas partir, prise au piège dans les filets de l’emprise et de la dépendance affective.

La violence à laquelle la victime est confrontée au quotidien, est inimaginable. Les coups psychiques brutaux et répétés au quotidien, les critiques, le rejet, l’humiliation ou encore le chantage affectif, sont à l’origine de cette carence affective.

Comment se libérer de la dépendance affective ?

Reconnaître sa souffrance

La première étape, afin de se libérer de la dépendance affective, est bien souvent de reconnaître sa souffrance. C’est un acte difficile, mais courageux et nécessaire.

Reconnaître le stress immense, constant et même permanent. Mais aussi mettre le doigt sur cette douleur et cette sensation de vide que rien ne semble combler, malgré les tentatives quotidiennes.

Sur la sensation de rejet constant, pourtant compensée par ce désir immense de “bien faire”, en vain.

Sortir de l’isolement

La dépendance affective fait souffrir au-delà des mots.

Elle fait souffrir la victime du pervers narcissique et la réduit au silence. Par la honte, la culpabilité mais aussi le manque de confiance en soi, qui sont induits progressivement par ce manipulateur pathologique à coup de critiques, de manipulations et de dénigrement.

“Quoi de plus complet que le silence ?” – Honoré de Balzac

Il est donc important de ne pas rester seul. De renouer des liens et demander de l’aide, afin de sortir de l’isolement, de l’emprise et de la dépendance.

L’isolement auquel font face les victimes de pervers narcissique est dangereux, et il est vital d’y mettre un terme, le plus rapidement possible.

La thérapie

Il est souvent difficile de reconnaître que l’on est dépendant affectif, tant les pensées négatives, la culpabilité ou la honte induites par le pervers narcissique sont puissantes.

La victime pense parfois ne pas être digne d’être aimée, sauvée ou même aidée. Et c’est justement en cela que se résume cette carence profonde, symptôme d’un mal-être qu’il est urgent de soigner.

La thérapie, aux côtés d’un psychologue ou psychanalyste expert en perversion narcissique est alors essentielle.

Le travail thérapeutique permet peu à peu de se détacher de l’emprise et d’entamer un processus de reconstruction.

D’apprendre à reconnaître ses forces, ses désirs, ses besoins, sa valeur. Mais aussi de se détacher du regard des autres, d’apprendre à poser des limites saines et d’apprivoiser la solitude.

En réalité, prendre conscience de soi, de ses failles, de ses besoins, c’est se remettre peu à peu au centre de son récit.

Au centre de l’histoire de votre vie, que vous seul êtes en mesure de diriger.

“Ne pas être acteur de sa vie, c’est être figurant dans le film d’autrui.” – Nanan-akassimadou