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Une relation affective entretenue avec un partenaire pervers narcissique est toujours une relation amoureuse toxique. Le mal-être ressenti par les victimes s’installe de façon diffuse. Toutes ne réalisent pas rapidement qu’une véritable violence psychologique est en train de s’exercer sur elles. Certains sentiments ou certaines situations sont pourtant, à cet égard, révélateurs. Repérez lesquels et ce qu’ils trahissent.

 

La culpabilité : indice majeur d’une relation amoureuse toxique

La culpabilité est le grand dénominateur commun de toute relation amoureuse toxique. Ce sentiment trouble et rampant surgit à la faveur d’un déséquilibre, avec une impression d’excès, de « jamais assez » ressenti par les victimes. Elles ne sont jamais assez parfaites, jamais assez ceci ou jamais assez cela aux yeux de leur partenaire. Les manipulateurs ont, du fait de leur ego énorme, des besoins aussi énormes, devant lesquels leurs victimes acceptent de s’effacer. Et elles en viennent à culpabiliser naturellement, tout en amenuisant leurs propres besoins à elles. La culpabilité s’installe alors comme un sentiment tenace qui déstabilise entièrement leur personnalité. Il est le grand ordonnateur de l’emprise psychologique, mais aussi le grand désorganisateur d’ensemble de leur vie personnelle.

Normal ou pathologique ?

Une personne qui se sent coupable a du mal à s’autoriser ses propres désirs et sentira son élan de vie coupé dans tout ce qui faisait ses joies auparavant : ses amis, ses passions, ses petits plaisirs… La culpabilité peut même pousser au dégoût de soi ceux et celles en proie à une identification à leur partenaire, qui intériorisent, à la façon des enfants violentés par l’adulte, la culpabilité que ne ressent pas leur agresseur.

La culpabilité ne fait jamais partie d’une relation saine, mais est l’indice au contraire d’une relation abusive où l’un se joue de la faiblesse de l’autre. Le problème vient de ce que les victimes se croient en faute, alors que leur bourreau joue avec leur manque d’amour d’elles-mêmes. Pour douloureuse qu’elle soit, la culpabilité invite en réalité les victimes à se reconsidérer et à s’estimer à leur juste valeur. Comment ? En stoppant cette hémorragie interne qui les fait souffrir « par amour ». Elles doivent savoir que se sentir coupable est l’indice d’un attachement à une relation amoureuse toxique, car ce sentiment n’existe pas au  sein d’une relation de couple harmonieuse et épanouissante.

culpabilisation

L’anxiété

L’anxiété est un trait de caractère qui redouble lorsque l’on est aux prises d’une relation amoureuse toxique. La personne sujette redoute sans cesse les fluctuations d’humeur de son partenaire et développe des réactions de défense dans un état de qui vive permanent. Elle peut se mettre ainsi à tout redouter autour d’elle et à ruminer des idées négatives. Une plus grande irritabilité et une moindre adaptation aux changements apparaissent aussi. Des troubles du sommeil peuvent surgir, préparant le terrain à des troubles plus graves : dépression, envie suicidaires… D’une manière générale, la vie d’une victime change, elle sacrifie beaucoup à son partenaire et le champ de ses opportunités va se restreindre peu à peu.

Les pervers narcissiques stressent leurs victimes en permanence par une multitude de petits traumatismes invisibles et répétés. Le mal-être n’a donc rien du hasard avec ce type de partenaire malsain, car il fait en sorte que l’environnement de sa victime devienne instable, ses repères flous et son avenir incertain. Et il sait très bien pour cela repérer chez elle les événements sources de traumas, qui font monter en elle le stress et l’anxiété.

La confusion et l’apathie

La victime prise au piège d’une relation amoureuse toxique perd peu à peu son énergie et demeure sans réaction vis-à-vis de multiples situations de l’existence. Son intelligence et sa capacité de réfléchir sont noyées dans toutes sortes d’affects : honte, peur, colère, humiliation… Son mental est tout simplement court-circuité, même si par ailleurs, elle continue de se battre avec des questions qui n’ont pas de réponse. Un manipulateur pervers est expert, en effet, à piéger le mental de ses victimes par des affirmations contradictoires, des mensonges permanents et des propos flous.

Quand une emprise perverse est déjà bien installée, les victimes se sentent de plus en plus impuissantes face à un partenaire qui les harcèle jusqu’aux limites de la folie. Il est pourtant anormal d’avoir le sentiment de subir au sein d’une relation. Si vos ruminations vous paralysent, c’est que vous vivez bien une relation amoureuse toxique, en voie de  vous empoisonner l’existence. Il vous faut dans ce cas rechercher des explications à l’extérieur du couple, auprès d’amis, de proches ou d’un thérapeute qualifié. Vous comprendrez alors qu’il vous faut fuir cette relation destructrice qui peut vous mener tout droit en enfer.

 

La solitude et la peur

Un manipulateur narcissique en amour amène sa proie à perdre toute estime d’elle-même. Il souhaite lui retirer les belles qualités qu’il admire chez elle, de façon à redorer son propre blason pour remplir sa jauge narcissique. Il cherche aussi à l’isoler, de manière à l’avoir tout à lui. Dès lors, il est normal de se sentir seul au sein de ce type de relation, d’avoir l’impression de faire fuir les autres, alors qu’en réalité, ils fuient le pervers… Peu à peu le vide crée le sentiment de n’être ni aimé, ni « aimable » par personne, alors qu’en réalité, c’est la personnalité toxique du partenaire qui est responsable du manque. Face à la situation, la peur est toujours ressentie par les victimes, non seulement parce qu’elles redoutent les réactions de leur partenaire tyran, mais aussi parce que l’humain a besoin des autres pour survivre : cela fait partie de ses instincts primaires.

Peur, humiliation, anxiété, solitude… Tous les sentiments éprouvés lorsque l’on persiste dans une relation avec un partenaire amoureux manipulateur mènent à un sentiment de dépossession. Il n’est jamais normal de sentir que notre vie nous échappe, et encore moins si cela se produit « par amour » pour l’autre. Toute relation qui met à mal la personnalité et l’intégrité psychique d’une personne est suspecte et confond souvent l’amour passionnel avec la dépendance affective et la manipulation.

Pascal Couderc est psychanalyste, spécialiste de la dépendance affective et des relations d’emprise. Il aide ceux et celles qui le désirent à mettre fin à la relation qui les lie à un partenaire inapproprié, via la thérapie sur Skype ou en cabinet.

Lire aussi : la culpabilisation du pervers narcissique et le verrouillage psychologique.

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