La victime

« Profil de la femme susceptible d’incarner la victime »

L’intitulé amène d’emblée à se poser la question : victime de qui ? De l’Autre ou d’elle-même ? De l’Autre, sans aucun doute, mais certaines caractéristiques sont nécessaires pour devenir victime – certains vont jusqu’à dire complice – d’un pervers narcissique.

Dans la relation mère-nourrisson, n’existe que l’intensité du plein où rien ne manque. Si la mère est défaillante, tout manque: c’est le vide. Dans cette relation précoce, il n’y a pas de limite entre la mère et l’enfant, qui considère le corps de sa mère comme le prolongement du sien (c’est aussi vrai pour la mère, qui vit la relation dans la fusion). Cela veut dire que si la mère n’est pas « présente », c’est, pour l’enfant, une partie de lui-même qui vient à manquer, c’est une amputation d’une partie de lui. Donc, une mère absente, dépressive (c’est une forme d’absence) ou trop occupée « ailleurs », qui abandonne son enfant pour faire autre chose de « plus important » risque de provoquer cet « arrachement » que les psychanalystes anglo-saxons ont élaboré, et en retour, un « agrippement ». Plus la séparation est menaçante, plus l’agrippement est intense ; et plus il est intense, plus le manque est intolérable. Cette attente permanente, cette souffrance vont créer un modèle relationnel affectif. Chez les adultes que ces enfants deviennent, nous retrouvons une fragilité des limites, voire une absence de limite entre soi et l’Autre dans les relations affectives. À la moindre distance posée par l’Autre, ce vécu d’abandon est ressenti, cet arrachement et surtout, cette souffrance. Ainsi, la dépendance sera au cœur de la relation : il vaudra mieux la souffrance que rien du tout !

On peut, en ce sens, affirmer que le pervers narcissique et sa partenaire ont en commun une altération narcissique, qu’il existe un parallèle entre les deux.»

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