Que Dire aux Enfants du PN ? 3 Règles d’Or pour leur Parler

Reconnaitre un Pervers Narcissique

Que Dire aux Enfants que l’on a eus avec un PN ? 3 Règles d’Or

Le couple dysfonctionnel formé par un manipulateur sentimental et un dépendant affectif met en place une dynamique solide qui peut tenir durant de nombreuses années, voire des décennies. Ainsi, ces unions donnent souvent naissance à une progéniture qui renforce davantage le lien d’emprise. Mais un jour, arrive le moment de rendre des comptes à ces petits êtres innocents qui subissent probablement déjà la toxicité de la relation amoureuse entre leurs parents et la malveillance du prédateur sentimental. Que dire aux enfants du PN ? Sont-ils capables de tout entendre ? Comment s’adresser aux plus jeunes pour parler de problèmes d’adultes complexes que l’on a du mal à appréhender soi-même ? Voici quelques éléments de réponse.

1.   Ne rien cacher de la vérité

“Les enfants sont de véritables éponges !” Vous avez certainement déjà entendu cette expression admise par tous. Effectivement, nos chérubins appréhendent le monde d’abord en observant leurs parents, qui sont leurs références absolues pour la construction de leur personnalité durant les premières années de vie. Ainsi, très attentif aux moindres faits et gestes de ses figures parentales, le bébé, puis le tout-petit et enfin l’enfant perçoit nombre d’informations transmises par le langage verbal et non verbal de l’adulte-référent. Si quelque chose affecte la mère, elle aura beau le taire et tenter de ne rien laisser paraître, il y a de fortes chances que son fils ou sa fille soit alerté par un changement de comportement, aussi infime soit-il. Si l’on reste sur un non-dit, l’enfant pourra se mettre à fantasmer un scénario parfois pire que la réalité, ce qui génèrera de l’angoisse. Cet état de stress pourra d’ailleurs se manifester sous des formes bien difficiles à corréler plus tard telles que des troubles du sommeil, une certaine irritabilité ou un besoin accru d’attention, par exemple.

C’est un fait : une vérité cachée se sent, même (voire surtout !) par un enfant. Alors plutôt que de laisser libre-cours à l’imagination des jeunes qui, de plus, ont tendance à se sentir coupables de tout ce qui leur semble anormal, il faut impérativement leur parler. Mais pas n’importe comment ! Nous y reviendrons, mais sachez que vous devez absolument communiquer sans détour avec vos petits pour deux raisons :

  • La relation de confiance entre un parent et son enfant est sacrée. Dire la vérité à sa progéniture, c’est préserver ce lien sécurisant indispensable pour un développement sain de l’être humain.
  • La parole de la figure parentale principale prime sur toutes les autres. Tout ce que vous dites à votre enfant a valeur de véracité, même si vos dires sont erronés et contredits par un opposant plus légitime sur le sujet. Autant ne pas créer de déception ultérieure en étant pris en flagrant-délit de mensonge !

Ces deux points sont importants, car le parent PN risque fort de vouloir inculquer des idées destructrices dans la tête de son enfant afin d’instaurer l’aliénation parentale et pouvoir mieux vous malmener. N’oublions pas que la psychopathologie de ce genre d’individu le mène à voir les autres, même la chair de sa chair, comme des objets à manipuler, des instruments à utiliser à l’envi. Le meilleur moyen de préserver votre progéniture de ce risque de corruption mentale, c’est de vous montrer irréprochable dans votre communication. Mais il faut savoir faire preuve de bon sens sur la manière de dialoguer avec des petits.

2.   Ne pas trop en dire aux enfants du PN pour les préserver

Là où le bât blesse lorsque l’on partage ses enfants avec un pervers narcissique, c’est qu’il vaut mieux garder à l’esprit qu’ils ont besoin, dans l’idéal, de deux modèles parentaux admirables pour leur bon développement. En effet, en schématisant, le petit être en devenir considère qu’il est la moitié de la mère et la moitié du père. Si ce dernier est PN et présenté comme un monstre détestable, cela peut créer chez le mineur une sorte de rejet de lui-même, une dissonance cognitive qui nuira à son épanouissement.

C’est là que dire la vérité sur le machiavélisme du parent toxique devient complexe. Il faut à la fois expliquer à l’enfant que les agissements de l’adulte PN sont condamnables, afin qu’il ne les assimile pas en tant que normalité à reproduire plus tard, et à la fois cultiver l’image valorisante du papa et de la maman formidables et aimants. Par conséquent, s’il ne faut rien cacher à l’enfant, il faut choisir minutieusement les informations réellement utiles et écarter les détails sordides ou potentiellement traumatisants. Bien entendu, le tout doit être parfaitement cohérent ! Si vous n’y voyez pas clair tout de suite, c’est normal, d’autant plus que les enjeux sont de taille. C’est pourquoi nous vous conseillons de bien préparer votre discours et évidemment, nous ne saurions insister trop sur l’utilité de consulter un psy en ligne ou en présentiel à cette fin.

Notre recommandation pour avoir un propos intelligible, à la fois vrai et non dilué par des informations superflues, c’est de séparer les actions du caractère. Il est parfaitement compréhensible pour un enfant d’entendre que son père a très mal agi en criant sur maman et que c’est interdit de traiter quelqu’un comme ça. Par contre, il ne faut pas lui dire que son père est un bourreau sans âme dont la volonté est de détruire leur mère. Condamner la conduite, oui ; juger la personne, non. De même, vous devez accorder vos paroles avec vos actes : si le comportement du conjoint est inacceptable, alors il faut avoir le courage de partir. Pensez à ce que votre attitude dit de vous aux yeux de vos petits. En défendant vos intérêts, vous leur apprendrez ainsi à protéger les leurs. C’est une leçon qui n’a pas de prix pour leur vie future. N’oubliez pas que les enfants reproduisent inconsciemment les schémas inculqués par les parents, même après leur majorité. Vous avez le pouvoir de juguler un problème qui pourrait affecter votre descendance sur plusieurs générations. Pensez-y pour garder le cap et sortir définitivement de l’emprise !

3.   Adapter le discours à l’âge et au contexte

Pour dire la vérité aux enfants d’un PN sans leur ajouter d’angoisse ou de traumatisme outre mesure, il faut adapter son vocabulaire à leur âge et à la situation particulière du foyer. C’est la partie la plus difficile à appliquer et chaque situation étant unique, il nous sera impossible de vous fournir une formule toute faite. Plus les enfants sont jeunes, plus il peut paraître compliqué de poser des mots adéquats sur un problème. A contrario, plus ils sont grands et proches de l’adolescence ou de la majorité, et plus on a tendance à trop en dire, au risque de les impliquer dans un conflit qui les dépasse. Encore une fois, si votre cas est trop anxiogène pour vos enfants et que vous ne vous sentez pas en mesure d’exorciser le mal qui peut les atteindre, faites-vous aider par des thérapeutes professionnels. Une ou deux consultations avec un psychologue pourraient suffire à entamer sereinement cette démarche de libération de la parole en famille. En attendant, voici quelques principes de base à appliquer pour faciliter le dialogue avec vos enfants :

Suivez votre intuition

Il faut croire à ce que l’on appelle “le 6e sens maternel”. Vous connaissez vos enfants mieux que personne, alors ayez confiance en votre capacité à leur donner ce qu’il y a de meilleur pour eux. Accordez beaucoup d’attention à leurs réactions quand vous leur parlez, vous saurez décrypter leurs angoisses.

Choisissez le moment et l’endroit pour discuter

Entamez le dialogue avec eux dans un espace serein et lors d’un temps calme, propice à l’échange et sans rien précipite. N’insistez pas si vous les sentez fuyants, mais rappelez-leur que vous êtes là pour les écouter si besoin.

Échangez dans les deux sens

Laissez-leur le champ libre pour s’exprimer et poser leurs questions. Si vous ne savez pas quoi répondre, dites-le-leur honnêtement, en leur indiquant que vous allez réfléchir et revenir vers eux plus tard. Montrez-vous concernée par leurs interrogations et ne laissez aucun sujet en suspens.

Déculpabilisez-les

Même s’ils ne vous le disent pas, verbalisez le fait qu’ils ne sont responsables de rien. Veillez à leur apporter la sérénité.

Rappelez-leur combien ils sont aimés

Profitez de ces instants à cœur ouvert pour rappeler à vos enfants à quel point vous les aimez et combien ils peuvent avoir confiance en vous. Il faut qu’ils se sentent en sécurité, même si les temps sont durs et que vous vivez dans le tumulte de la relation de soumission avec leur parent prédateur émotionnel.

Que dire aux enfants du PN ? La vérité, tout simplement, à condition de la présenter correctement. Employez un vocabulaire adapté à l’âge de vos enfants en tentant de montrer votre foi en un avenir meilleur. La bienveillance qui accompagne vos mots doit être sincère et elle sera parfaitement bien reçue, même si ce sont encore des nourrissons. Pensez avant tout à leur bonheur et à tout ce qu’ils pourraient retirer de cet épisode de votre vie. C’est l’occasion pour eux d’apprendre que certains adultes font des choses inacceptables, mais que vous serez toujours là pour eux, avec l’amour inconditionnel qu’ils méritent de votre part. Grâce à votre exemple, ils seront mieux armés pour la vie et immunisés contre l’influence sordide de leur parent pervers narcissique.

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