Emprise familiale

L’emprise familiale se distingue de l’emprise exercée dans le couple par sa dimension systémique. Ce n’est pas un seul individu qui manipule : c’est un ensemble de règles implicites, de rôles assignés et de loyautés imposées qui maintiennent chaque membre à sa place. Le pervers narcissique qui dirige la famille (père, mère, parfois un frère ou une sœur aîné) orchestre le système, mais celui-ci fonctionne ensuite de manière autonome, porté par les enablers, les flying monkeys et les règles intériorisées.

Les règles d’une famille dysfonctionnelle sous emprise narcissique sont typiquement : ne pas parler du problème (loi du silence), ne pas ressentir (les émotions sont dangereuses), ne pas faire confiance (l’extérieur est menaçant). Ces règles, rarement formulées explicitement, sont transmises par le comportement, le regard, la sanction. L’enfant qui les transgresse est puni, marginalisé, désigné comme bouc émissaire.

Rompre l’emprise familiale est souvent plus difficile que rompre l’emprise conjugale, parce que le lien familial est perçu comme sacré et indéfectible. « On ne quitte pas sa famille. » « Le sang est plus fort que tout. » Ces croyances, renforcées par la pression sociale, constituent un détournement des valeurs qui maintient la victime dans un système qui la détruit.

Le travail thérapeutique sur l’emprise familiale implique souvent un deuil particulièrement douloureux : celui de la famille idéale que l’on n’a jamais eue. Il peut aussi impliquer une mise à distance physique et émotionnelle (une forme de no contact ou de grey rock appliquée au système familial) qui est souvent mal comprise par l’entourage.

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