Objet (psychanalyse)

Le terme « objet » en psychanalyse n’a pas la connotation péjorative du langage courant. Il désigne simplement ce vers quoi la pulsion se dirige, c’est-à-dire, dans le registre relationnel, la personne investie par le désir. Dans une relation saine, l’objet de l’amour est aussi reconnu comme un sujet, c’est-à-dire comme un être autonome, porteur de ses propres désirs, de ses propres besoins, de sa propre histoire.

Ce qui caractérise le fonctionnement du pervers narcissique, c’est l’incapacité à opérer cette reconnaissance. L’autre n’est pas un sujet : il est un objet, au sens le plus radical du terme. Un objet à posséder, à contrôler, à utiliser, et à jeter lorsqu’il ne remplit plus sa fonction. Comme cela a été analysé sur ce site : pour le pervers narcissique, vous êtes un objet, pas un sujet. Un objet qui lui appartient et qu’il refuse de perdre.

Cette réduction au statut d’objet explique plusieurs caractéristiques de l’emprise. Elle explique pourquoi le manipulateur peut passer si brutalement de l’idéalisation au rejet : l’objet idéalisé et l’objet dévalué sont le même objet, utilisé différemment selon les besoins du moment. Elle explique pourquoi votre autonomie le menace : un objet qui se met à penser par lui-même n’est plus un objet, et cela constitue une blessure narcissique intolérable.

Pour la victime, comprendre qu’elle a été réduite au statut d’objet est à la fois douloureux et éclairant. Douloureux, parce que cela signifie que ce qu’elle prenait pour de l’amour n’en était pas. Éclairant, parce que cela explique l’ensemble des comportements du manipulateur sans avoir besoin de les rationaliser un par un.

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