Reconstruction identitaire

La reconstruction identitaire est l’aboutissement du travail post-emprise. Elle englobe et dépasse la renarcissisation, la résilience et la psychoéducation. Il s’agit, au sens le plus fondamental du terme, de réapprendre qui l’on est.

Après des mois ou des années passées à se conformer aux attentes d’un pervers narcissique, la victime a perdu le contact avec ce qui constitue son identité propre. Le psychologue Shalom Schwartz a identifié 19 types de valeurs humaines, répartis en quatre grands groupes : l’ouverture au changement, le dépassement de soi, la conservation, et l’affirmation de soi. Explorer ces valeurs, identifier celles qui vous animent réellement (et non celles que le manipulateur vous avait assignées), est un exercice fondateur de la reconstruction.

La reconstruction passe aussi par des actes concrets. Reprendre une activité abandonnée. Renouer avec des personnes dont le manipulateur vous avait éloigné. S’autoriser des choix sans demander l’aval de personne. Porter cette tenue qu’il critiquait. Voir cette amie qu’il n’aimait pas. Chaque petit acte d’autonomie est une reprise de possession de soi.

Ce processus n’est pas linéaire. Il comporte des avancées et des retours en arrière, des moments de clarté et des moments de doute. Il ne s’agit pas de retrouver la personne que l’on était avant la relation, car cette personne portait déjà les failles qui l’ont rendue vulnérable. Il s’agit de devenir quelqu’un de nouveau : plus lucide, plus solide, plus capable de choisir ses relations en connaissance de cause.

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