Le terme flying monkey est emprunté au film Le Magicien d’Oz (1939), où la Méchante Sorcière de l’Ouest envoie ses singes ailés exécuter ses ordres à sa place. Dans le contexte de la perversion narcissique, il désigne les personnes que le manipulateur mobilise comme intermédiaires, relais ou exécutants de sa stratégie d’emprise.
Le phénomène recouvre en partie ce que le glossaire décrit sous le terme de tiers instrumentalisés, mais le terme flying monkey insiste sur la dimension active du recrutement. Le pervers narcissique ne se contente pas d’utiliser les gens qui se trouvent là : il les choisit, les informe sélectivement, leur communique sa version des faits (via la diffamation organisée), et les oriente vers des actions spécifiques.
Les flying monkeys peuvent être des membres de la famille, des amis communs, des collègues, parfois même les enfants du couple. Certains agissent en toute bonne foi, convaincus par la version du manipulateur qu’ils « aident » la victime ou rétablissent la justice. D’autres sont eux-mêmes sous l’emprise du pervers narcissique et reproduisent ses schémas par loyauté. D’autres encore sont des enablers conscients, qui tirent un bénéfice secondaire de la situation.
Pour la victime, la découverte que des proches servent de relais au manipulateur est une épreuve supplémentaire. Elle amplifie l’isolement, puisqu’il devient difficile de savoir à qui faire confiance. C’est pourquoi le travail de tri relationnel, c’est-à-dire l’identification de ceux qui sont fiables et de ceux qui sont instrumentalisés, fait partie intégrante de la stratégie de sortie.