HAINE DU PN : Celle que l’On Reçoit, Celle que l’On Ressent

On dit du pervers narcissique qu’il est incapable de ressentir quoi que ce soit. Pourtant, la colère fait partie des sentiments fondamentaux chez l’être humain décrits par Paul Ekman, psychologue américain. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le manipulateur émotionnel en a à revendre ! Toute victime qui a subi ses accès de rage, allant parfois jusqu’à la violence physique vous confirmera qu’elle est trop frénétique pour être feinte. Conséquence ? La haine appelle la haine et vous voilà contaminée à votre tour par cette émotion agressive et destructrice, autant pour celui qui la ressent que pour celui qui la reçoit. Dans ce focus sur la haine du PN, apprenez à comprendre ce sentiment négatif et découvrez comment vous en débarrasser.  

Qu’est-ce que la haine ?

La haine est un sentiment très fort qui s’exprime en général de façon tonitruante. C’est une sorte de perte de contrôle de la logique contre l’emportement émotionnel. Cette aversion puissante est une réponse à un déclencheur. Il serait impensable de voir naître en soi la détestation sans l’existence d’un catalyseur. Comme le disait le philosophe Spinoza au XVIIe siècle : “La haine est la tristesse, accompagnée de l’idée d’une cause extérieure.”

Le dictionnaire du Larousse donne 2 définitions à la haine :

  • “Sentiment qui porte une personne à souhaiter ou à faire du mal à une autre, ou à se réjouir de tout ce qui lui arrive de fâcheux”.
  • “Aversion profonde, répulsion éprouvée par quelqu’un à l’égard de quelque chose”.

Ainsi, ces descriptions laissent sous-entendre qu’une forte antipathie envers un individu, un objet, un événement ou une idée mène à l’action. Elle dicte un comportement qui pousse à se positionner de façon antagoniste au stimulus qui l’a provoquée, voire à vouloir le combattre farouchement.

Honoré de Balzac a écrit en 1831 dans La Peau de chagrin : “La haine est un tonique, elle fait vivre, elle inspire la vengeance”. Elle s’inscrit donc dans le champ des passions selon la vision romantique. Ceci explique la croyance bien connue qui veut que l’amour et la haine soient à peine dissociables.

Alors si l’on répète que les pervers narcissiques n’ont jamais aimé leurs proies, comment expliquer qu’ils soient capables de tant de fureur envers elles ?

Pourquoi le PN est-il haineux ?

Dans le cas de la haine du PN, le déclencheur de son explosion de colère, c’est votre rébellion. Lorsque vous résistez à sa dictature, vous vous positionnez en tant qu’individu doué de conscience et de personnalité. Or, lui vous perçoit comme un objet sur lequel il a tous les droits. En bousculant sa vision des choses, vous le mettez face à une réalité insoutenable pour lui, qui le renvoie à sa propre vacuité. Pour éviter l’effondrement, il n’a d’autre choix que de “tuer le messager” plutôt que d’affronter le message. En d’autres termes, il préfère libérer sa colère contre vous pour faire taire vos revendications plutôt que de voir son apparente omnipotence remise en cause.

Au fond, n’oubliez pas que ce que déteste le PN, c’est lui-même. Il dirige vers une cible extérieure ce qu’il exècre chez lui. Pour reprendre le concept freudien classique, il est dans la projection. Sa faille narcissique héritée de la petite enfance ne lui a pas permis de s’épanouir dans la bienveillance et l’amour de soi et des autres. Comme un gamin en proie à la frustration, incapable de rationaliser et de se contrôler, il laisse jaillir sa fureur. Alphonse Daudet avait ô combien raison lorsqu’il déclarait en 1869 : “La haine, c’est la colère des faibles !” (Lettres de mon moulin). Oui, le prédateur sentimental est faible, car la moindre menace envers le château de cartes qui constitue son existence fait prendre vie à son pire cauchemar : la révélation du profil dysfonctionnel qu’il est vraiment, et sans espoir de changement ni de guérison.

Comment mettre la haine du PN hors d’état de nuire ?

Nourrir le ressentiment dans une relation entre deux individus, c’est condamner les deux parties à une guerre sans fin et sans merci. Vous n’avez aucun pouvoir sur la décision de votre opposant, mais vous êtes par contre responsable de votre choix de participer à l’affrontement ou de vous en retirer. Croyez-en notre longue expérience de psys spécialistes de la perversion narcissique : la seule chose à faire, c’est de juguler le mal à la racine en évitant de l’alimenter. Voici comment procéder.

La fureur ne vous concerne pas

Comme nous l’avons vu précédemment, un PN en pleine crise de hargne contre vous aura beau vous insulter, vous menacer, vous rabaisser, voire vous frapper, cela ne remet en aucun cas en cause votre intégrité. Vous n’êtes pas détestable, bien au contraire ! Il vous envie, est fasciné par votre lueur de vie, celle qu’il n’aura jamais. Dans ses assauts, il ne s’agit pas de vous, mais bien de lui et de sa pathologie incurable. Malgré la terreur que ces explosions de furie peuvent vous inspirer, rappelez-vous qu’il ne parle que de lui lorsqu’il vous accuse de toutes sortes d’horreur. Imaginez-vous porter une armure qu’aucune attaque ne peut transpercer et accrochez-vous au souvenir de la personne joyeuse, généreuse et pleine de vie que vous étiez avant de rencontrer ce manipulateur sadique. Ne répondez à la haine que par l’indifférence et surtout, évitez à tout prix de vous justifier sur les points dont il vous accable. Fuyez ce personnage toxique au plus vite en suivant ces étapes, sans demander votre reste.

La rage ne vous sert à rien

En réalisant enfin que vous avez été trahie, manipulée, abusée psychologiquement, vous éprouvez certainement une colère incommensurable. Rassurez-vous, c’est très fréquent et parfaitement compréhensible. Pour autant, même s’il est sain de laisser l’émotion vous traverser sans chercher à l’enfouir ou à la renier, il ne vous servirait à rien de vous y accrocher.

Le désir de vengeance est courant dans ces cas-là, mais là encore, faites-nous confiance : cela ne sert en rien votre reconstruction. Le PN ne comprendra jamais la gravité de ce qu’il vous a fait subir et vous n’obtiendrez jamais réparation. Si vous cherchez à vous opposer à lui ou à vous venger de ses bassesses une fois la rupture effective, c’est comme si vous prolongiez de vous-même le jeu pervers, selon ses modalités à lui. En quelque sorte, cela lui confère encore du pouvoir sur votre vie. La provocation invite à la surenchère. Aussi difficile cela pourra vous paraître au début, résistez à l’envie de vous battre contre lui. Vous protéger de ses assauts en vous entourant de personnes compétentes et bienveillantes telles que psy, juriste, assistante sociale, avocat, famille et amis, ça oui, mais mener vous-même des actions à son encontre, ça non !

Concentrez-vous sur votre nouvelle vie qui ne demande qu’à vous apporter l’épanouissement que vous méritez après tant de temps d’emprise. C’est tout ce qui importe.

La haine du PN est un poison qui le ronge et ne demande qu’à vous contaminer. Face à ce déferlement de violence, vous n’avez d’autre choix que de faire le dos rond en attendant que ça passe, et à vous extirper de la situation dès que vous en aurez l’occasion. Fatalement, une fois sortie des griffes du prédateur sentimental, vous aurez à votre tour envie de le pourchasser et de l’anéantir. Mais qu’est-ce que cela apporterait à votre nouvelle vie, faite de liberté et d’amour ? Débarrassez-vous au plus vite de cette aigreur qui ne vous appartient pas et laissez-la à son propriétaire. L’accompagnement thérapeutique pourra faciliter cette démarche si cela vous semble compliqué à gérer. Pensez-y !

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