Flashbacks et souvenirs intrusifs

Les flashbacks sont l’un des symptômes cardinaux du stress post-traumatique. Contrairement au souvenir ordinaire, qui est raconté depuis le présent, le flashback est revécu : le sujet est projeté dans la scène passée avec une immédiateté qui brouille la frontière entre le passé et le présent. L’émotion (peur, honte, impuissance) est ressentie avec la même intensité qu’au moment des faits.

Chez les victimes de pervers narcissique, les flashbacks peuvent être déclenchés par des stimuli apparemment anodins : un ton de voix, une intonation, une phrase entendue dans la rue, une odeur de parfum, un silence particulier. Le cerveau traumatisé a enregistré ces éléments sensoriels comme des signaux de danger, et leur réapparition déclenche automatiquement la réponse de stress.

Les flashbacks ne sont pas toujours visuels. Ils peuvent se manifester sous forme de sensations corporelles (nœud à l’estomac, oppression thoracique, tremblements), d’émotions surgissant sans raison apparente, ou de pensées intrusives répétitives (« je suis nulle », « c’est ma faute »). Ces formes « invisibles » de flashback sont parfois plus déroutantes que les reviviscences visuelles, parce que la victime ne comprend pas ce qui lui arrive.

Le traitement des flashbacks passe par des approches spécifiques du trauma, dont l’EMDR, qui permet de retraiter les souvenirs traumatiques pour qu’ils puissent être intégrés comme des événements passés, et non plus revécus comme des menaces présentes. Avec le temps et l’accompagnement adapté, les flashbacks s’espacent, perdent de leur intensité, et finissent par prendre leur place dans l’histoire de la personne sans la submerger.

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