Assertivité

L’assertivité est l’une des premières compétences que l’emprise narcissique détruit. Sous le régime du pervers narcissique, exprimer un désaccord est puni, formuler un besoin est disqualifié, poser une limite est interprété comme une agression. La victime apprend progressivement à se taire, à acquiescer, à anticiper les attentes de l’autre au lieu d’exprimer les siennes.

Après la sortie de la relation, la restauration de l’assertivité est un enjeu central de la reconstruction. Il ne s’agit pas de devenir « dur » ou « agressif », mais de retrouver la capacité à occuper sa place dans une relation sans se soumettre ni dominer.

L’assertivité se construit par la pratique, souvent progressive. Exprimer une préférence (« Je préfère ce restaurant »). Formuler un refus (« Non, ce week-end ne me convient pas »). Poser une limite (« Je ne suis pas d’accord avec ce que tu viens de dire »). Chacun de ces actes, apparemment simples, peut susciter une angoisse considérable chez une personne qui a appris, par des années de conditionnement, que s’affirmer mène à la punition.

Le travail thérapeutique sur l’assertivité passe par la distinction entre quatre positions relationnelles : la soumission (renoncer à ses besoins), l’agressivité (imposer ses besoins au détriment de l’autre), la manipulation (obtenir par des voies indirectes), et l’assertivité (exprimer clairement ses besoins en respectant ceux de l’autre). La plupart des victimes d’emprise oscillent entre les trois premières positions et n’ont jamais expérimenté la quatrième dans un contexte sûr.

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