Somatisation

Le corps parle quand la parole est empêchée. Dans une relation avec un pervers narcissique, où les émotions sont niées, la colère interdite, la tristesse disqualifiée, le psychisme trouve dans le corps un canal d’expression alternatif. C’est le phénomène de la somatisation.

Les manifestations corporelles de l’emprise sont multiples et documentées en clinique : troubles du sommeil (insomnie, cauchemars récurrents), troubles digestifs (syndrome de l’intestin irritable, nausées chroniques), douleurs musculaires et articulaires sans cause organique, manifestations cutanées (eczéma, psoriasis, urticaire), céphalées de tension, fatigue chronique invalidante, affaiblissement du système immunitaire (infections à répétition).

Ces symptômes ne sont pas « dans la tête » de la victime. Ils reflètent un état de stress chronique qui a des effets physiologiques mesurables : élévation du cortisol, perturbation du système nerveux autonome, inflammation chronique de bas grade. Le corps enregistre ce que le psychisme ne peut pas élaborer et le traduit dans son propre langage.

En pratique clinique, la somatisation est souvent l’un des premiers motifs de consultation médicale de la victime, bien avant qu’elle n’identifie la dimension psychologique de sa situation. Elle consulte pour son eczéma, son insomnie, ses douleurs, et le lien avec la relation toxique n’apparaît que progressivement. C’est pourquoi les médecins généralistes et les somaticiens jouent un rôle important dans le repérage des situations d’emprise.

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