Le plan de départ désigne l’ensemble des démarches préparatoires permettant de quitter une relation avec un pervers narcissique dans les meilleures conditions matérielles, juridiques et sécuritaires. C’est un document personnel, à garder confidentiel, qui s’élabore idéalement sur plusieurs semaines ou plusieurs mois, en parallèle de la vie ordinaire et sans que l’agresseur n’en ait connaissance. Sa préparation rigoureuse augmente considérablement les chances de sortir durablement et réduit les risques pendant la phase critique de la séparation.
Un plan de départ comporte plusieurs volets. Le volet documentaire d’abord : rassembler en lieu sûr (chez un proche, dans un coffre numérique chiffré, en cloud privé) les pièces administratives essentielles (papiers d’identité, livret de famille, actes de naissance des enfants, contrats de travail, relevés bancaires, factures), idéalement en photocopie ou en scan pour ne pas alerter par leur absence. Le volet financier ensuite : ouvrir un compte bancaire personnel, sécuriser une réserve d’argent, identifier ses ressources propres, comprendre la situation patrimoniale du couple, vérifier les éventuels emprunts et garanties.
Le volet juridique consiste à prendre rendez-vous avec un avocat spécialisé en violences conjugales avant le départ, afin de connaître précisément ses droits, les démarches à entreprendre (dépôt de plainte, ordonnance de protection, divorce), et la stratégie procédurale optimale. Beaucoup d’avocats offrent une première consultation gratuite ou à tarif réduit dans ce cadre. Les associations type Solidarité Femmes, FNSF, France Victimes orientent vers des professionnels formés.
Le volet logistique enfin : identifier un lieu d’hébergement (proche, parent, ami, hébergement d’urgence si nécessaire, dont le 3919 communique les coordonnées), préparer un sac avec quelques affaires essentielles que l’on peut emporter rapidement, prévoir un moyen de transport. Pour les femmes avec enfants, prévoir aussi les affaires scolaires, les médicaments éventuels, les jouets de transition. Si des animaux sont dans le foyer, anticiper leur prise en charge également.
Le départ lui-même doit être préparé dans son timing. Les phases de lune de miel sont à éviter parce qu’elles affaiblissent la détermination. Une phase de tension ou un événement qui justifie un départ apparemment ordinaire (visite à un parent malade par exemple) peut servir de couverture. Une fois parti, le no contact strict est immédiat, et l’orientation vers les soutiens professionnels et associatifs prévus en amont prend le relais.