Résilience

La résilience désigne, en psychologie, la capacité d’un sujet à se développer à nouveau après avoir traversé un traumatisme. Le terme vient à l’origine de la physique des matériaux, où il qualifiait la capacité d’un métal à reprendre sa forme après un choc. C’est le neuropsychiatre Boris Cyrulnik qui a introduit ce concept dans le champ de la psychologie en français à partir des années 1990, notamment dans son ouvrage Un merveilleux malheur publié en 1999. Cette transposition métaphorique a connu un succès considérable, parfois au prix de simplifications que Cyrulnik lui-même a régulièrement déplorées.

La résilience n’est pas un retour à l’état antérieur au traumatisme, comme le suggère parfois l’usage commun du mot. C’est une transformation où l’événement traumatique trouve une place vivable dans le psychisme du sujet, sans l’envahir ni le détruire. La personne résiliente n’a pas oublié ni surmonté son traumatisme : elle a réussi à intégrer cette expérience dans une trame de vie qui lui permet de continuer à exister, à aimer, à créer. C’est un processus actif et long, qui demande des conditions précises pour advenir.

Cyrulnik et ses successeurs ont identifié plusieurs facteurs qui favorisent la résilience. La présence, à un moment crucial, d’un tuteur de résilience, c’est-à-dire d’une personne (ami, enseignant, thérapeute, conjoint) qui croit en la personne traumatisée et lui offre un soutien fiable. La capacité de mettre en récit l’expérience, qu’elle soit verbale ou créative (écriture, art, témoignage), qui permet d’élaborer ce qui était resté brut. L’engagement dans une action qui dépasse le seul rétablissement personnel : aider d’autres victimes, contribuer à une cause, transmettre une expérience.

Pour les personnes sorties d’une relation perverse narcissique, la notion de résilience est précieuse à condition de ne pas être pressée. Elle décrit un horizon possible, pas un programme à exécuter rapidement. La reconstruction prend des années, traverse des phases d’avancée et de régression, et n’est jamais linéaire. La résilience véritable se reconnaît à ceci : le souvenir reste là, mais il ne dicte plus la vie présente.

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