Le stress post-traumatique complexe, abrégé SSPT-C ou CPTSD en anglais, est un trouble psychiatrique reconnu officiellement par l’Organisation mondiale de la santé dans la onzième édition de la Classification internationale des maladies (CIM-11), publiée en 2018. Il se distingue du stress post-traumatique classique par la nature des événements traumatiques en cause : non pas un événement unique et circonscrit (accident, agression isolée, catastrophe), mais une exposition prolongée et répétée à des situations de stress traumatique dont la sortie était difficile ou impossible.
L’emprise sous un pervers narcissique remplit exactement ces conditions. La personne se trouve, pendant des mois ou des années, exposée à des violences psychologiques qui s’enchaînent sans répit, dans un contexte où sortir représente un coût massif (matériel, familial, social, identitaire). Cette exposition produit, au-delà des symptômes classiques du SSPT (reviviscences, évitement, hyperéveil), des perturbations spécifiques que la judiciairement de psychiatrie a regroupées sous trois axes additionnels.
Le premier axe concerne la régulation émotionnelle : difficulté à apaiser les émotions intenses, accès de colère, états d’anesthésie affective qui alternent avec des phases d’effondrement. Le second axe touche au concept de soi : sentiment chronique de honte, culpabilité diffuse, conviction d’être abîmé en profondeur, perte du sentiment d’identité propre. Le troisième axe concerne les relations interpersonnelles : difficulté persistante à faire confiance, oscillation entre attachements intenses et retraits brutaux, isolement social.
Comprendre ce diagnostic a un effet thérapeutique en soi. Beaucoup de victimes ont consulté des médecins ou des psychologues qui ne reconnaissaient pas leur tableau dans le SSPT classique, et qui les ont parfois orientées vers des diagnostics moins adaptés (dépression, trouble de la personnalité borderline). Le SSPT-C nomme précisément ce qui leur arrive et oriente vers des approches thérapeutiques spécifiques : EMDR, thérapie des schémas, intégration neuroémotionnelle. La reconstruction est possible, à condition d’un cadre adapté et d’un temps long.