Hoovering

Le hoovering, dont le nom anglais évoque l’aspiration mécanique d’un aspirateur Hoover, désigne le moment où un pervers narcissique cherche à réintégrer dans sa zone d’influence une personne qui s’en était éloignée. Cela peut se produire quelques semaines, quelques mois ou plusieurs années après une rupture apparente. Le hoovering n’est jamais un acte d’amour ou de réparation : c’est une opération de récupération.

Les formes du hoovering sont variées et calibrées au profil de la victime. Cela peut être un message anodin (« je pensais à toi », « comment vas-tu », « j’ai vu un film qui m’a fait penser à nous »), une demande de service apparemment innocente, l’annonce d’une mauvaise nouvelle (un proche malade, une perte) qui réactive l’empathie de la victime, ou parfois une déclaration de transformation supposée (« j’ai compris », « j’ai fait une thérapie », « je ne suis plus le même »). Toutes ces formes ont en commun de tester la disponibilité affective de la personne ciblée.

Le mécanisme psychique en jeu chez la victime est précis. Au moment du hoovering, elle a généralement traversé les premières semaines difficiles de la séparation, son système nerveux commence à se réguler, sa pensée propre revient. Le message du pervers narcissique vient alors percuter une mémoire affective encore fraîche, et active de nouveau les circuits neurobiologiques d’attachement qui s’étaient apaisés. La tentation de répondre, ne serait-ce que pour clore proprement, peut sembler raisonnable. Elle est en réalité le piège même.

La règle thérapeutique est sans nuance : ne jamais répondre à un hoovering. Aucun échange, aucune justification, aucune politesse. Le silence radical est la seule réponse qui interrompt définitivement la dynamique. Chaque réponse, même apparemment fermée, donne au pervers narcissique l’information qu’il cherchait : que la porte n’est pas complètement fermée. Le no contact, repris ou tenu, est la seule protection efficace.

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